Des postes d'infirmières auxiliaires abolis: le syndicat dans tous ses états

Le vice-président de la FSSS Coeur-du-Québec, Claude Audy,... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Le vice-président de la FSSS Coeur-du-Québec, Claude Audy, entouré des infirmiers auxiliaires Chantal Vallée et Serge Lemieux.

La Tribune, Yanick Poisson

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(Victoriaville) Le vice-président de la Fédération de la Santé et des Services sociaux du Coeur-du-Québec, Claude Audy, est dans tous ses états. Il n'est pas en mesure de concevoir que le CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec ait décidé d'abolir les sept postes d'infirmières auxiliaires oeuvrant de soir dans les ressources intermédiaires des Bois-Francs.

« C'est beaucoup plus grave que de ne pas avoir de bain une fois par semaine. C'est de la vie des patients dont il est question », clame-t-il avec ardeur.

Depuis quelques semaines, les patients résidant dans les ressources intermédiaires du Verger, de l'Amitié et du Pavillon Marchand n'auront ainsi plus accès aux services d'une infirmière auxiliaire en soirée, le service sera désormais offert par des préposés aux bénéficiaires.

Cette nouvelle façon de faire, implantée par souci d'économiser 334 000 $ annuellement, comportera sa part de risque selon le représentant syndical. On permettra effectivement aux bénéficiaires d'exercer des actes qui sortent de leur champ de compétence.

« Je suis préposé aux bénéficiaires depuis 30 ans et je n'ai même pas le droit de mettre un grain de zincofax sur un patient. Dans ces ressources intermédiaires, ils vont pouvoir administrer des médicaments, dont de la morphine. Ce n'est pas un petit service comme donner du Tylenol, c'est dangereux », fulmine-t-il.

M. Audy affirme que les préposés ont déjà commis des erreurs dans l'administration de soins aux patients et qu'on peut s'attendre à ce que d'autres surviennent. Il craint de graves conséquences.

Le vice-président craint également qu'on en vienne à supprimer les postes d'infirmières auxiliaires de jour, lesquelles ont un rôle crucial à jouer dans ces ressources qui ont une clientèle parfois aussi lourde quand dans les CHSLD.

« J'ai travaillé en CHSLD et en ressource intermédiaire et ça se ressemble beaucoup. Il y a des ailes du même type que les îlots prothétiques et il y a une clientèle de santé mentale pas évidente à gérer. Dans le fond, on veut créer des CHSLD à moindres coûts », estime Serge Lemieux, qui était infirmier à la ressource du Verger.

Sur le terrain

Chantal Vallée fait partie des infirmières qui ont vu leur poste être aboli. Elle a gardé contact avec certains collègues de travail et affirme qu'ils ne l'ont pas facile depuis qu'on les a privés de la ressource infirmière.

« La majorité des préposés sont inquiets, ils n'étaient pas préparés à ça. S'il y a une chute ou une complication, on se référait à nous. Il va manquer une ressource importante », explique-t-elle.

Dans les faits, les patients qui éprouvent une problématique sont immédiatement envoyés à l'urgence de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska. « Elle est où l'économie si on envoie les patients à l'urgence? Ce n'est pas comme ça qu'on va désengorger le réseau », ajoute M. Audy.

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