Intimidation: une mère veut retirer sa fille de l'école

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Parce qu'elle est victime d'intimidation, les parents d'Élaina, Marie-France Senneville et Marco Rovert, comptent bien retirer leur fille de l'école qu'elle fréquente.

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Préoccupée par l'état de santé mentale de sa fille Élaina et n'ayant pas confiance au personnel de la Commission scolaire des Chênes (CSDC) pour rétablir la situation, Marie-France Senneville a bien l'intention de retirer son enfant de l'école secondaire Jeanne-Mance et de lui faire son apprentissage à la maison.

« Je ne serais pas étonné de devoir me battre, de recevoir un appel de la DPJ, mais pour la sécurité de ma fille, je fonce, je veux le faire. Je ne dis pas qu'il n'y aura jamais de retour, mais je veux donner le temps à ma fille de gagner en confiance », explique la mère de famille.

Les malheurs de la jeune Élaina ont commencé il y a deux ans, alors qu'elle était en première secondaire à l'école La Poudrière. Elle a renoué avec une amie qui était de retour du Nouveau-Brunswick qui s'est avéré être une mauvaise fréquentation. Soucieuse d'éviter de tomber dans l'enfer de la drogue, elle s'est dissociée de son amie, mais cette décision ne fut pas sans conséquence.

« Son amie et le groupe qui l'accompagnait se sont mis à lui faire un mauvais parti. Ils l'ont prise à la gorge dans le vestiaire, ils l'ont frappée à coups de pieds alors qu'elle était par terre. Ils l'ont intimidé à plusieurs reprises », raconte Mme Senneville.

Mise au fait de cette situation grâce à un message Facebook qui ne lui était pas destiné, Mme Senneville a poussé sa fille à lui raconter ce qui se passait et a contacté la direction de l'école. On a convenu qu'Élaina serait isolée et ferait ses examens de fin d'année scolaire dans le bureau de la directrice.

L'automne suivant, alors qu'on croyait la situation résolue, Élaina a été victime d'un coup monté. Des élèves mal intentionnés ont avisé un surveillant qu'elle était en possession de stupéfiants. Le surveillant lui a fait lever son chandail et le bas de ses pantalons, il lui a notamment tâté la brassière. Il n'a évidemment rien trouvé et les parents n'ont été avisés de rien. Cet événement a convaincu la mère de changer sa fille d'école, requête que la CSDC n'a pas hésité à lui accorder.

La déchéance

Malgré l'absence de ses intimidateurs et tout l'encadrement offert pas l'école Jeanne-Mance, l'état de la jeune Élaina n'a cessé de dépérir. À son état fragilisé se sont ajoutés des démêlés avec un enseignant d'éducation physique qui a ri de son surplus de poids et avec une travailleuse sociale qui l'a menacée.

À un certain moment, l'adolescente a été hospitalisée parce qu'elle menaçait de s'enlever la vie. Le seul fait de savoir qu'elle doit se présenter à l'école est à l'origine d'une importante peur qui a même entraîné des pertes de conscience.

« Elle est sous médication, elle a été hospitalisée. L'école voudrait que je la ramène, mais il n'en est pas question. Je ne l'envoie plus. J'ai envoyé une lettre à l'école et des démarches sont entreprises auprès de la Commission scolaire », statut la mère.

Pas un cas d'espèce

Le directeur des communications de la CSDC, Bernard Gauthier, estime que tous les moyens mis à la disposition de la Commission scolaire ont été pris afin de bien encadrer Élaina et favoriser sa réussite. Il salue d'ailleurs le travail du personnel de l'école Jeanne-Mance qui a pris le dossier au sérieux dès le départ et qui est demeuré en contact constant avec la famille de l'élève.

Malheureusement, il semble que les efforts déployés n'aient pas donné les résultats escomptés et la Commission scolaire n'écarte pas la possibilité d'agréer à la demande des parents.

« Il y a des élèves qui reçoivent l'éducation à la maison sur le territoire de la Commission scolaire des Chênes. Si les motifs sont raisonnables et que les conditions gagnantes sont réunies, je ne vois pas pourquoi on ne le permettrait pas dans ce cas-ci », soutient-il.

Afin de mettre toutes les chances de son côté, Mme Senneville a pris conseil auprès de l'Association québécoise pour l'éducation à domicile et elle s'est procuré les documents pertinents. « Reste à régler des détails en lien avec les exigences du ministère, mais ce sera fait », assure-t-elle.

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