ACM Composites fait faillite: 150 travailleurs licenciés

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ACM Composites a fermé ses portes, mettant à pied un peu plus de 150 travailleurs.

Collaboration spéciale, Éric Beaupré

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Après plusieurs mois à vivre des difficultés financières et à mettre en oeuvre un plan de redressement qui n'a pas obtenu les résultats escomptés ACM Composites a mis la clé dans la porte et s'apprête à déposer les documents officialisant sa faillite.

Les quelque 150 travailleurs de l'entreprise située sur la rue Rocheleau à Drummondville ont été rencontrés, vendredi dernier, afin de leur annoncer la triste nouvelle. ACM Composites avait également des satellites dans le secteur de l'ancienne Saint-Nicéphore, ainsi qu'à Saint-Germain-de-Grantham.

Le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, attribue cette situation à un transfert d'entreprise qui n'a pas bien fonctionné, pour toutes sortes de raisons. Il espère, dans un contexte où plusieurs propriétaires se dirigeront vers la retraite, qu'on accentuera l'aide offerte aux nouveaux investisseurs afin d'assurer une saine transition.

« Un des enjeux qu'on a au Québec en matière de développement, c'est de s'assurer que ces transferts d'entreprise se font bien. J'espère qu'on va continuer de bien outiller nos nouveaux entrepreneurs afin de faciliter les successions, que ce soit dans une même famille ou à des étrangers. Cette mauvaise nouvelle-là, on le savait qu'elle s'en venait depuis quelques temps », dit-il.

La faillite de l'entreprise a été confiée à la branche drummondvilloise du syndic Raymond Chabot. Avant d'officialiser la faillite, les dirigeants d'ACM effectuent une ultime tentative de vendre les actifs de l'entreprise et de permettre sa relance. La Société de développement économique de Drummondville (SDED) est active dans le dossier.

« Ce n'est peut-être pas terminé, il y aura peut-être un acheteur, souhaite le maire Cusson, qui est aussi président de la SDED. Chose certaine, dans le cas contraire, nous serons impliqués dans le reclassement des travailleurs. C'est surtout à eux que l'on pense en ce moment. Il y a notamment une foire de l'emploi qui s'en vient et qui pourrait permettre à plusieurs de se trouver autre chose ».

ACM Composites fabriquait des matériaux diversifiés destinés à un large inventaire de marchés industriels. Elle comptait parmi ses clients Bombardier, Alstrom, GE, Kawasaki et Volvo, pour ne nommer que ceux-là. Celui qui touche cependant le plus l'imaginaire des gens d'ici, c'est CCM-Reebok.

L'entreprise drummondvilloise confectionnait effectivement les bâtons de gardiens de but en base de mousse dont ceux utilisés par une poignée de gardiens de la Ligue nationale de hockey. Carey Price trône au sommet de cette liste.

Plus de bâton pour Carey Price ?

La fermeture d'ACM composites a de quoi causer des maux de tête à CCM-Reebok. L'entreprise perd son principal fournisseur en matière de bâtons de gardiens de but et on ne sait pas, à ce moment-ci, s'il sera possible de subvenir à la demande de gardiens professionnels comme Carey Price, Al Montoya et Roberto Luongo.

« Il n'y a pas beaucoup d'entreprises qui travaillent dans ce domaine-là, il n'y en a pas d'autre au Canada, convient le vice-président en développement de produits chez CCM-Reebok, Jeff Dalzell. Nous sommes actuellement en discussion avec les propriétaires d'ACM composites et la banque (Desjardins) afin de déterminer s'il est possible que la production se poursuive et qu'on obtienne au moins des bâtons pour faire la saison. Nous sommes prêts à nous impliquer financièrement ».

Les gens de CCM-Reebok ont été informés jeudi dernier que la situation financière de son fournisseur drummondvillois battait de l'aile. Le lendemain, les propriétaires les appelaient afin de leur dire qu'ils mettaient la clé dans la porte. M. Dalzell ne cache pas que cette décision impromptue cause de réels problèmes et qu'il sera difficile pour son entreprise de trouver rapidement un autre fournisseur.

« Nous avons d'autres fournisseurs à qui nous pourrions possiblement transformer l'information (dont un situé en Ukraine). Nous avons amorcé les démarches, mais nous manquons de temps, ça ne se fait pas en trois jours. Nous tentons de trouver une solution qui sera favorable à tout le monde », continue-t-il.

L'idée d'acheter les actifs d'ACM a pu passer par la tête de certaines personnes, mais CCM-Reebok a vendu ses usines de fabrication au cours des dernières années afin de se concentrer sur son mandat de commercialisation d'articles de sports et n'a pas l'intention de faire marche arrière.

ACM Composites était responsable de la fabrication des bâtons des gardiens de but des trois ligues de hockey junior canadienne, de la Ligue américaine de hockey, ainsi que de près d'une dizaine de gardiens de la LNH. Outre Price, Montoya et Luongo, on retrouve sur cette liste Ryan Miller des Canucks Vancouver, Jake Allen des Blues de Saint Louis, Corey Crawford des Blackhawks de Chicago et Braden Holtby des Capitals de Washington.

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