Des pinceaux pour égayer un tunnel au passé douloureux

Les jeunes Gaëlle Tremblay, Sabrina Demers et Kayla... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Les jeunes Gaëlle Tremblay, Sabrina Demers et Kayla Lessard Nolin ont fait partie de l'équipe de jeunes qui ont peint les murs d'un tunnel piétonnier situé à Magog. L'artiste Nicolas Lareau a supervisé le groupe de talentueux adolescents.

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(Magog) Traînant un lourd passé, un tunnel pour piétons situé dans le quartier des Tisserands à Magog a fait l'objet d'une cure de rajeunissement au cours des derniers mois. L'infrastructure est nettement plus accueillante aujourd'hui et la communauté magogoise se montre prête à tourner la page sur une histoire sordide survenue dans les années 1990.

Le tunnel piétonnier reliant les rues des Tisserands et Saint-Luc a radicalement changé d'apparence grâce à une bande de jeunes qui ont été supportés par l'artiste Nicolas Lareau. La Table socioéconomique jeunesse ainsi que la Ville de Magog ont aussi toutes deux mis la main à la pâte.

Dans le tunnel, de nouveaux appareils d'éclairage ont été installés. Les parois ondulées de l'infrastructure ont pour leur part accueilli une longue fresque aux couleurs joyeuses. De nouveaux aménagements paysagers ont de plus vu le jour aux deux extrémités du tunnel.

Le projet n'a pas été élaboré pour faire oublier le meurtre du jeune Éric Arpin, retrouvé sans vie à l'intérieur de l'infrastructure en 1994. Mais il permet vraisemblablement de réduire la charge émotive associée au lieu.

Rappelons que le Magogois Camille Noël avait été reconnu coupable du meurtre du jeune Arpin. Noël est décédé en prison il y a huit ans. Son frère Serge avait également été arrêté à l'époque, mais sa culpabilité n'a jamais été prouvée.

«Pas invitant»

La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, raconte avoir elle-même habité à proximité du tunnel à l'époque du meurtre commis par Noël. «Dès le départ, ce lieu n'était pas très invitant, a-t-elle confié. Et cette histoire n'a pas arrangé les choses. Disons que l'endroit est vraiment plus attirant aujourd'hui. On est rendu ailleurs à mon avis.»

Résidant dans le secteur, Denis Vachon révèle quant à lui qu'il emprunte régulièrement le tunnel. Il salue le projet réalisé, qui a coûté quelque 40000 $ au total.

«Ce qui a été fait est bien, soutient M. Vachon. Notre quartier a encaissé de grandes pertes au fil des années, vous savez. J'ai l'impression que ce projet peut nous aider à cheminer. En plus, des gens auront moins peur de circuler dans ce tunnel.»

Des jeunes motivés

Âgés de 15 à 17 ans, les jeunes qui ont réalisé la fresque ont aimé l'expérience qu'ils ont vécue. «Je vais me souvenir de ça, a assuré Gaëlle Tremblay. On a eu de beaux moments entre amis.»

«J'ai trouvé cette expérience très enrichissante, a secondé sa collègue Sabrina Demers. Le fait de travailler avec un artiste comme Nicolas Lareau nous a permis d'emmagasiner des connaissances intéressantes.»

Au sujet de ses protégés, M. Lareau n'avait également que des bons mots à dire. «Les jeunes étaient super intéressés et ont été assidus. C'était un défi de peindre sur une tôle ondulée comme on l'a fait», a-t-il souligné, tout en se montrant fier du résultat obtenu.

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