Chicane pour un orignal abattu à la frontière

Ce qui devait arriver arriva, pas plus tard... (Archives, La Presse)

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Ce qui devait arriver arriva, pas plus tard que la fin de semaine dernière, durant la période de la chasse à l'orignal à l'arbalète. Deux groupes de chasseurs se sont chicané un gros orignal des deux côtés de la frontière.

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) Les orignaux abondent des deux côtés de la frontière canado-américaine, c'est bien connu, dans l'habitat idéal que leur fournissent les territoires de la ZEC Louise-Gosford, à Frontenac et Woburn, au Québec, d'une part, et les grandes forêts de l'État du Maine, d'autre part.

Ce qui devait arriver arriva, pas plus tard que la fin de semaine dernière, durant la période de la chasse à l'orignal à l'arbalète. Deux groupes de chasseurs se sont chicané un gros orignal des deux côtés de la frontière.

« L'orignal est passé à proximité de ma cache, j'ai tiré, et je l'ai manqué. Il a continué son chemin, je l'ai suivi de loin. Un autre groupe de chasseurs l'a aperçu, l'un d'eux a également tiré, le blessant mortellement, mais l'orignal est allé mourir de l'autre côté, pas très loin du côté américain où ces chasseurs l'ont suivi. Ils ont commencé leurs manoeuvres pour le ramener du côté canadien. Quand ils ont vu que je prenais des photos d'eux, ils ont tout arrêté et sont revenus sans l'animal. La chicane a pogné », a raconté Martin Perreault, un des chasseurs impliqués.

Ayant porté plainte à la Gendarmerie royale canadienne (GRC) où il a fait une déposition, M. Perreault n'a pas reçu d'indications sur ce qu'il advenait de l'orignal.

« Il y a peu de personnes qui savent quoi faire dans une situation comme celle-là. Est-ce qu'il faut appeler aux douanes américaines pour obtenir l'autorisation d'éviscérer l'orignal sur place, faut-il le dédouaner pour le ramener au Canada? Au poste d'accueil de la ZEC Louise-Gosford, personne n'était au courant, ni le policier de la GRC, même chose à la Sûreté du Québec, ni même les agents de la faune. Cela ne me surprendrait pas que ce soit deux amendes, car ça doit être deux infractions, d'être allé de l'autre côté, aux États-Unis, et d'avoir voulu revenir au Canada avec le gibier », suppose M. Perreault. « Ce n'était pas mon orignal parce que je l'avais raté, mais quand même... »

Une enquête est en cours à la GRC. Les trois chasseurs qui ont traversé la frontière devraient être rencontrés sous peu.

Le conseiller en communications, région du Québec, Dominique McNeely, de l'ASFC, n'a pu transmettre au journaliste que les deux principes suivants : « Premièrement, toutes les personnes qui veulent entrer au Canada, peu importe le moyen de transport, doivent se présenter à un point d'entrée et doivent déclarer toutes les marchandises qu'ils désirent importer au pays à un agent de l'ASFC... Deuxièmement, l'importation des carcasses de cervidés fait aussi l'objet d'une réglementation provinciale. Il faut consulter le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec à ce sujet ».

Cela signifie tout simplement qu'il est interdit d'importer tous petits fruits, viandes, plantes, terreaux, produits de la ferme, etc. au Canada, selon une loi fédérale. Du côté américain, c'est exactement la même chose. Il est donc interdit de passer la frontière sans se rapporter à un point d'entrée physique, soit le poste américain des douanes.

Grosso modo, les chasseurs doivent faire leur deuil de tout gibier qui lui n'a pas d'obligations lorsqu'il franchit la frontière.

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