L'augmentation du trafic pétrolier fait grimper l'inquiétude à Lac-Mégantic

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À la suite d'un récent article du Globe and Mail, le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, avoue que la situation se révèle très inquiétante pour les Méganticois, en rapport avec le transport du pétrole appelé à augmenter.

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Ronald Martel
La Tribune

(Lac-Mégantic) À la suite d'un récent article du Globe and Mail, le porte-parole de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire (CCOESF) de Lac-Mégantic, Robert Bellefleur, avoue que la situation se révèle très inquiétante pour les Méganticois, en rapport avec le transport du pétrole appelé à augmenter.

« On trouve que c'est inapproprié, car c'est une forme de chantage! Les différents projets de pipelines proposés n'obtiennent pas l'acceptabilité sociale, donc il faut s'attendre que le transport du pétrole par train va décupler! », a indiqué M. Bellefleur en entrevue.

Il dénonce du même ton les propos de l'économiste en chef de l'Office national de l'Énergie, Shelley Milutinovic, qui s'adressait à un comité du Sénat étudiant le transport du pétrole.

« Elle a indiqué que l'augmentation prévue de 40 pour cent de l'exploitation du pétrole des sables bitumineux, d'ici 2025, va se traduire par 10 fois plus de transport de pétrole par chemin de fer, chiffres à l'appui. Donc, 10 fois plus de transport par train amènera immanquablement d'autres tragédies comme celle de Lac-Mégantic. C'est effrayant! »

Il a aussi évoqué l'acceptation, par le gouvernement fédéral, du projet de gaz liquéfié Pacific NorthWest LNG de Petronas, pour le transport du gaz naturel en Colombie-Britannique, un projet évalué à 36 milliards $. Ce qui semble aller dans le même sens que l'augmentation de l'exploitation du pétrole des sables bitumineux de l'Ouest.

« Tout cela semble contradictoire avec les engagements de faire diminuer la production des gaz à effet de serre et la pollution, pris à la Conférence de Paris en 2015 », fait remarquer M. Bellefleur.

Le gouvernement a sûrement pris en compte la création de 4400 emplois, durant sa construction, et 630 emplois quand l'usine serait en exploitation. Cela malgré les 170 conditions très contraignantes liées au projet, pour limiter les risques pour la faune et combattre la pollution.

Robert Bellefleur a aussi rappelé l'annonce faite, la semaine dernière, par les pays de l'OPEP, d'une entente historique pour faire augmenter et stabiliser les prix, en réduisant leur production. « Cela va donner un élan à la production canadienne de pétrole qui a subi la plus grosse réduction depuis la crise de 2008, mais qui contribuera également à l'augmentation du transport du pétrole par train. C'est aussi très inquiétant pour nous. »

Dans un autre ordre d'idée, M. Bellefleur a participé, samedi, au forum du Regroupement vigilance hydrocarbures, qui se tenait à Drummondville et Victoriaville. Il y a présenté son bilan sur la voie ferrée de Lac-Mégantic, trois ans après la tragédie. Il a repris les facteurs identifiés par le professeur Bruce Campbell, ayant mené à cette catastrophe, soit la déréglementation de la sécurité ferroviaire, l'autorégulation par les entreprises des normes de sécurité, etc. « Rien n'est réglé, à Lac-Mégantic, puisque des trains se trouvent toujours à Nantes et que le ministre canadien des Transports, Marc Garneau, a encore déclaré les rails sécuritaires. Nous poursuivons notre action citoyenne. »

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