Santé: deux communautés vulnérables

Dr France Desjardins, fondatrice et médecin chef de... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Dr France Desjardins, fondatrice et médecin chef de la clinique des réfugiés de Sherbrooke, Michael Murray, président de la Commission scolaire Eastern Towship, et Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l'Estrie, ont participé jeudi au dévoilement du rapport « Mieux répondre aux besoins des communautés linguistiques et culturelles de l'Estrie ».

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Magog) Rendu public mercredi, le second rapport de la directrice de la santé publique de l'Estrie cible la communauté anglophone ainsi que celle des immigrants vivant dans la région. Le document tend à démontrer que les deux groupes font actuellement face à des défis de taille en matière de santé et de bien-être.

Selon le rapport, qui s'appuie sur de nombreuses données et rencontres, les membres de la communauté anglophone de l'Estrie âgés de 18 à 39 ans ont en moyenne moins d'années de scolarité et présentent des revenus inférieurs, si on les compare aux francophones de la région.

De façon générale, les élèves des écoles secondaires anglophones de la région ont également de moins bonnes habitudes alimentaires que leurs confrères de la même tranche d'âge fréquentant un établissement scolaire francophone.

Le même type de déséquilibre existe entre les deux groupes lorsqu'il est question de gestes violents posés dans le cadre scolaire ou de cyberintimidation. Chez les élèves francophones, 35 pour cent affirment avoir déjà été confrontés à ces choses alors qu'on est presque au double pour la seconde clientèle.

En ce qui concerne l'accès aux médecins de famille, les adultes anglophones ne sont pas désavantagés. Mais ils seraient confrontés à « plusieurs barrières à l'utilisation des services ». Les professionnels de la santé auraient trop souvent des lacunes en anglais et la documentation dans la langue de Shakespeare serait trop peu abondante, en outre.

Par ailleurs, les immigrants arrivés récemment au Canada et habitant l'Estrie se trouvent pour leur part souvent en position désavantageuse au plan économique. Leurs revenus sont plus faibles et ils ont davantage de difficulté à intégrer le marché du travail.

Les immigrants sont aussi moins nombreux à avoir un médecin de famille. Et ils ont globalement moins recours aux services sociaux et aux soins de santé offerts dans la région.

Peu surprise

Directrice de la santé publique en Estrie, Mélissa Généreux affirme « ne pas être complètement surprise » par les résultats obtenus. « On avait des indices de ce qui se passait sur le terrain », dit-elle.

Cela dit, son équipe et elle-même ne s'attendaient pas à ce que les anglophones de la région se trouvent en recul lorsqu'on les compare avec les autres communautés de langue maternelle anglaise du reste du Québec, ce que le rapport démontre de façon claire.

D'après Mme Généreux, les efforts de la Commission scolaire Eastern Townships pour gommer le déséquilibre existant sont louables et plutôt efficaces. Mais elle remarque qu'il n'existe pas d'organisme chapeautant les services de garde ouverts aux enfants de langue maternelle anglaise. « J'ai l'impression qu'une part du problème vient de là », suggère-t-elle.

Président de la Commission scolaire Eastern Townships, Michael Murray salue pour sa part les efforts déployés pour produire ce rapport. « Ça fait des années qu'on connaît ces problématiques. Mais, dans la population en général, les gens ignorent habituellement leur existence », affirme-t-il.

Il est possible de consulter le rapport de la directrice de la santé publique de l'Estrie en se rendant sur le site internet du CIUSSS - CHUS, à l'adresse suivante : www.santeestrie.qc.ca.

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