Hébergement illégal à Magog: la mairesse Hamm mise en demeure

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L'Association des gîtes touristiques de Magog-Orford reproche à la mairesse de Magog, Vicki May Hamm, de rester les bras croisés devant le problème d'hébergement illégal sur son territoire.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Les membres de l'Association des gîtes touristiques de Magog-Orford (AGTMO) ont mis en demeure la mairesse de Magog afin qu'elle intervienne pour contrer l'hébergement illégal sur son territoire.

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Vicki May Hamm

Incapable de rencontrer Vicki May Hamm, l'AGTMO lui donne dix jours « afin d'essayer de trouver des avenues ou des stratégies pour contrer la location illégale de maisons, de chambres, de logements et condominiums, dans notre région touristique », indique-t-on dans la lettre dont La Tribune a obtenu copie.

« À défaut de quoi, soyez avisée que nous n'hésiterons pas à faire valoir nos droits », y ajoute-t-on.

L'AGTMO, qui représente 23 gîtes touristiques répartis à Magog et à Orford, se plaint particulièrement du « désintérêt » de la mairesse envers sa situation. L'Association a effectué plus de 70 plaintes depuis novembre 2015 à propos de locateurs illégaux. Toutes sont demeurées sans réponse. Alors que tous les maires et mairesses de la MRC Memphrémagog avaient tenu une réunion en avril dernier en compagnie du directeur général de la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ), Vicki May Hamm était absente. Rappelons qu'en juillet dernier, lors d'un reportage sur l'hébergement illégal à Magog, Vicki May Hamm n'avait pas répondu à l'appel de La Tribune, indiquant par l'entremise d'une employée qu'il s'agissait d'un dossier dont s'occupait le préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers, un fait que ce dernier avait alors nié.

« Nous vous avons déjà sollicité, et ce, à plusieurs reprises, afin d'avoir votre appui dans ce dossier. Votre attitude afin d'éviter de vous occuper de cette plaie qui s'installe dans notre région nous exaspère. Votre désintérêt pour ce dossier est plus que flagrant, vos promesses de rappels téléphoniques afin de fixer une rencontre avec les membres de l'association sont nombreuses et n'aboutissent pas. Vous ne reflétez qu'apparence et vous démontrez peu d'intérêt pour vos concitoyens et encore moins pour les gens d'affaires de Magog qui désirent faire bouger les choses. »

300 offres à Magog

Questionnée par un représentant de l'AGTMO lors du dernier conseil municipal de Magog le 19 septembre, la mairesse a admis avoir « perdu un peu de temps » dans ce dossier, tout en reconnaissant l'ampleur du problème. Plus de 300 offres d'hébergement illégal peuvent être retrouvées à Magog et ses environs uniquement sur la plateforme AirBnb, estime l'AGTMO, qui aimerait voir Magog imiter Sherbrooke.

«On a répertorié toutes les plaintes reçues. On n'avait pas les effectifs nécessaires pour faire le tour de tous ces usages-là.»


Après avoir embauché des étudiants pour effectuer une vigie cet été, plus de 77 avis de non-conformité, dont une vingtaine à des propriétaires d'immeubles locatifs, ont été envoyés à des contrevenants à Sherbrooke, ce qui a fait passer le nombre d'annonces de 130 au printemps à environ une vingtaine actuellement sur AirBnb. Pour un individu, l'infraction peut aller jusqu'à 2000 $. Pour une personne morale ou une compagnie à numéro, l'amende maximale est de 4000 $.

« On a répertorié toutes les plaintes reçues. On n'avait pas les effectifs nécessaires pour faire le tour de tous ces usages-là. Notre responsable des permis et inspections, M. Thomas va nous présenter un plan d'action incessamment et on va vous rencontrer pour voir comment on va s'attaquer à la problématique, a mentionné Vicki May Hamm lundi dernier. Notre feeling, c'est qu'au-delà de ce que vous nous avez signalé, c'est qu'il y en a beaucoup plus que ça. »

« On a perdu un peu de temps dans ces discussions-là, parce que j'étais sous l'impression qu'on allait traiter le dossier à la MRC étant donné que c'est un problème à la grandeur de la MRC [...], mais finalement je me suis rendu compte que ça va être chaque municipalité qui va être prise pour traiter le problème. Ça explique une partie des délais. L'autre partie, c'est la période des vacances, mais je m'attends à ce qu'on s'assoit ensemble cet automne et qu'on ait un plan d'action », a expliqué Vicki May Hamm aux représentants de l'AGTMO.

Les propriétaires de gîtes satisfaits à Sherbrooke

Les propriétaires de gîtes touristiques de Sherbrooke se disent satisfaits des mesures prises par la municipalité pour lutter contre l'hébergement illégal au début de l'été.

Le propriétaire des Matins d'Antoine, Ronald Gougeon, soutient avoir eu une hausse de 15 % de l'achalandage pour les mois de juillet à septembre.

« Ce n'est pas négligeable. Nous sommes passés de 130 offres d'hébergement illégal à environ 26. C'est majeur et c'est évident que ça a eu une incidence. »

« Je suis très satisfait. La Ville a fait un bon travail. Il y a eu un peu plus d'achalandage, et on voit qu'on a plus d'appels. C'est très positif. »

« Ce serait de mentir de dire que la hausse d'achalandage est seulement liée à ça avec le bel été qu'on a eu, mais c'est certain que ça ne nous a pas nui. Si je regarde la clientèle qui est venue cet été, il y avait beaucoup plus de jeunes de moins de 30 ans par rapport aux autres années », indique Sylvain Beauséjour, gestionnaire de l'Auberge Marquis de Montcalm et porte-parole d'un regroupement comportant actuellement six autres exploitants, soit l'Hôtel Times de Sherbrooke, les gîtes Charmes de Provence, Ile-de-Garde et Au Coeur de l'émeraude, la Villa Marco Polo ainsi que le Motel des Cèdres.

« C'est de l'excellent travail de la municipalité et je pense que ça mérite de continuer vu les résultats notoires », ajoute M. Beauséjour.

En juin dernier, la Ville de Sherbrooke a embauché trois nouveaux inspecteurs pour sa section des permis et de l'inspection, et ce, pour une période d'un an.

Elle s'est également adjoint les services de deux étudiants pour contrer l'hébergement illicite, entre autres l'hébergement de type AirBnB. Au dire des propriétaires de gîtes touristiques, c'est lors de la « saison morte » que les efforts de la Ville seront le plus remarqués.

« Quand on est complet, c'est difficile de voir les impacts des illégaux, mais quand les visiteurs se font rares, à partir de la fin de la Flambée des couleurs jusqu'au mois de mars, c'est à ce moment que ça fait mal. On espère bien que la Ville va perpétuer cette aide-là au cours de l'hiver. »

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