Des niveaux supérieurs de THM dans l'eau de Windsor

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Des travaux de l'ordre de 6 M $ de l'usine de filtration de Windsor permettront d'agrandir et de changer le processus de désinsfection de l'eau potable de la population windsoroise. Les travaux devraient avoir lieu à l'été 2017.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Windsor) À la suite de recommandations de la Direction de la santé publique (DSP) de l'Estrie, la Ville de Windsor a émis un avis à la population windsoroise concernant des niveaux « légèrement au-dessus du niveau recommandé » de trihalométhanes dans l'eau potable.

Une concentration élevée de THM dans l'eau pourrait augmenter légèrement le risque de cancer de la vessie, mais « ce risque est incertain et n'apparaîtrait qu'après une très longue période d'exposition, soit au moins 20 ans », selon un document de la DSP. Les risques pour la santé liés « à cette exposition supplémentaire sont minimes », note la Ville de Windsor.

Le directeur général de la Ville de Windsor, Carlo Fleury, indique que la population a été informée davantage « par mesure préventive » et « par souci de transparence ».

Selon les derniers résultats obtenus, la concentration moyenne de THM dans l'eau du réseau (la moyenne des 12 derniers mois) se situe aux environs de 85 microgrammes par litre, alors que la norme est établie à 80 microgrammes par litre.

Les trihalométanes sont un groupe de « substances chimiques formées lorsque le chlore, utilisé pour la désinfection de l'eau, réagit avec la matière organique d'origine naturelle », explique la DSP, en ajoutant que cette matière provient par exemple de la décomposition des feuilles mortes ou du sol déjà présent dans l'eau provenant de la rivière Watopéka. Le chlore s'avère très efficace pour détruire les bactéries et les virus, note-t-on également.

Windsor s'approvisionne « dans une rivière en eau de surface », soit dans la Watopéka.

Des conseils ont été émis pour les Windsorois qui voudraient limiter l'exposition aux THM. La Ville assure que le problème sera réglé une fois que l'usine de filtration aura été mise aux normes en 2017.

On peut être exposé aux THM en buvant l'eau du robinet, en respirant les vapeurs d'eau et par contact avec la peau.

Carlo Fleury note que la quantité de THM dans l'eau potable a tendance à être plus élevée à la fin de l'été et à l'automne. La population n'est pas exposée à l'année à des valeurs élevées.

Il souligne que les normes entourant les THM ont changé au cours des dernières années et la moyenne a été revue à la baisse. Ces normes sont liées au Règlement sur la qualité de l'eau potable.

La DSP a rencontré des représentants de la Ville au début de l'été. Elle estimait que la population devait être informée, notamment pour les citoyens qui voudraient limiter leurs expositions au THM. « Les risques qui ressortent dans les différentes études s'adressent davantage aux femmes enceintes et aux personnes qui consomment plus de 1,5 litre d'eau par jour », observe M. Fleury.

Des études ont soulevé la possibilité que les THM affectent la grossesse en causant par exemple la naissance de bébés de petits poids.

Selon l'avis envoyé aux Windsorois, la DSP ne juge pas nécessaire d'émettre un avis de non-consommation d'eau puisque « plusieurs solutions faciles peuvent être mises en places ».

Pour les gens qui boivent plus de 1,5 litre d'eau par jour et pour les femmes enceintes, certaines précautions sont recommandées, dont de garder l'eau au réfrigérateur dans un pichet sans couvercle entre 24 et 48 heures et de bien ventiler la salle de bain. L'utilisation d'eau embouteillée est aussi suggérée. Faire bouillir l'eau n'élimine pas et ne diminue pas la quantité de THM.

L'avis émis au début de septembre n'a aucun lien avec l'avis d'ébullition qui a été émis à la mi-août.

Six M$ pour l'usine de filtration

La cure de rajeunissement et l'agrandissement de l'usine de filtration de Windsor devrait être terminée à l'automne 2017. Les travaux de l'ordre de six millions de dollars permettront de régler la problématique des trihalométanes.

« On est en train de travailler sur un important projet de mises aux normes de l'usine. On remplace tout le processus de désinfection, on change la technologie, on n'aura plus besoin de chlore. Ce sera un processus qui fera appel aux UV. Le processus de désinfection a fait l'objet d'une approbation par le ministère des Affaires municipales », indique le directeur général de la Ville de Windsor, Carlo Fleury.

« Avec le projet de mise aux normes, on va régler le problème des THM », assure le directeur général.

La Ville doit prochainement lancer les appels d'offres pour la réalisation des plans et devis. Les travaux devraient avoir lieu à l'été 2017.

Selon M. Fleury, le projet est admissible au Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), un nouveau programme consacré aux infrastructures dans le cadre d'une entente Canada-Québec.

« On peut aller jusqu'à 83 % d'aide financière », se réjouit M. Fleury.

« On souhaite que les travaux soient complètement terminés à la fin de l'automne 2017. On agrandit l'usine, on met en place un nouveau mode de désinfection, on modifie la prise d'eau dans la rivière Watopéka. Ça, c'est une grosse partie des travaux qui devra être faite. Déjà là, en modifiant la source d'approvisionnement, ça va déjà améliorer le processus en soi. Ça demeure dans la Watopéka, mais on va s'approvisionner plus au centre, à une profondeur plus importante. »

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