Des tunnels pour animaux sous l'autoroute 10?

Mélanie Lelièvre, directrice générale de l'organisme Corridor appalachien,... (Photo fournie, Corridor appalachien)

Agrandir

Mélanie Lelièvre, directrice générale de l'organisme Corridor appalachien, souligne que des orignaux sont régulièrement heurtés sur le tronçon ciblé.

Photo fournie, Corridor appalachien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Magog) Les collisions entre les animaux de grande taille et les automobiles ne sont pas une fatalité. L'organisme Corridor appalachien s'intéresse à la question depuis quelques années déjà et croit qu'il serait possible de solutionner en partie le problème. Tous les acteurs du dossier devront toutefois travailler de manière concertée pour qu'une avancée survienne.

Il y a un mois et demi, l'ancien maire du Canton d'Orford Pierre Bastien et sa conjointe, Lise Gauthier, ont vu la mort de près quand leur automobile a frappé un orignal sur la route 220 à Orford. L'animateur de radio Martin Chaput avait eu moins de chance en 2007 et avait perdu la vie lors d'un accident semblable sur l'autoroute 10, à proximité de la sortie 115.

Les cas de collisions avec la grande faune, qui comprend les chevreuils, les orignaux et les ours notamment, sont nombreux en Estrie. En 2015 seulement, on aurait dénombré près de 150 collisions semblables sur l'autoroute 10, et ce, uniquement sur le tronçon compris entre les sorties 78 et 115.

« Ces 150 cas ne sont que ceux répertoriés. On sait qu'il y en a davantage encore », souligne Mélanie Lelièvre, directrice générale de Corridor appalachien, en ajoutant que des orignaux sont régulièrement heurtés sur le tronçon ciblé.

Mme Lelièvre note également que les collisions auto-orignal ont souvent des conséquences graves pour les personnes impliquées. « De 70 à 75 pour cent des gens meurent ou restent avec des incapacités importantes », affirme-t-elle.

Évidemment, l'autoroute est le pire endroit pour avoir un accident semblable. Les voitures roulent plus rapidement alors la force de l'impact s'en trouve accrue.

Relier les zones forestières

La solution que propose Corridor appalachien : la création de viaducs ou de petits tunnels pour animaux par-dessus ou sous certaines routes. Attendez avant de rire, car ce type d'infrastructure est utilisé dans d'autres pays, dont les États-Unis, la France et la Croatie pour ne nommer que ceux-là.

Afin d'acheminer les bêtes vers les viaducs et les tunnels qui leur sont destinés, il est possible d'installer des clôtures en bordure de route ou d'utiliser des appâts.

Ce type d'infrastructure entraîne normalement une diminution du nombre d'accidents. Mais ce n'est pas le seul avantage. On parle en effet de plus en plus de la libre circulation des animaux dans les zones habitées et cela peut la favoriser, car il devient plus facile pour les bêtes de traverser la route.

« Ça fait trois ans qu'on travaille sur ce dossier. Le ministère des Transports du Québec et celui de la Faune nous ont aidés. On a beaucoup de données et on a identifié trois zones plus critiques entre Magog et Bromont sur la 10. On est prêt à passer à la prochaine étape en validant différentes choses grâce à des caméras qu'on placerait à divers endroits près de l'autoroute. »

Corridor appalachien a acheminé une demande d'aide financière au gouvernement du Québec en lien avec la poursuite de son projet. L'organisme attend actuellement une réponse de la part du gouvernement.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer