Des goupilles de canettes à la pelle pour aider le jeune Karl!

Les trois barils et demi de goupilles de... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Les trois barils et demi de goupilles de canettes amassés pour venir en aide à Karl Belleville valent à ses yeux beaucoup plus cher que leur pesant en aluminium.

Spectre Média, Frédéric Côté

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Ève Bonin
La Tribune

(Coaticook) Lorsqu'ils ont appris que leur fils était atteint d'une maladie dégénérative qui lui ferait perdre graduellement l'usage de ses muscles, les parents de Karl Belleville ont tout de suite pris les choses en mains pour assurer l'avenir du jeune homme alors âgé de 16 ans. Déterminés à trouver les moyens de lui offrir un fauteuil roulant lorsque le besoin se ferait sentir, ils ont organisé une collecte de goupilles de canettes qui leur rapporte aujourd'hui bien davantage que leur valeur en aluminium.

« Karl n'a jamais été sportif, ni très actif. À 5 ans, il n'aimait pas courir. Il tombait continuellement. Pour lui, tous les sports étaient difficiles. Il tremblait beaucoup, ne sautait pas, ne faisait presque pas de vélo » explique sa mère Manon Nadeau. Sa vie, était remplie d'épreuves physiques inexpliquées, très difficiles à comprendre pour un jeune de cet âge. »

Le verdict est tombé le 13 mars 2011, alors que Karl est en secondaire 5 : amyotrophie spinale type 3, une maladie dégénérative qui affecte le système neuro-musculaire. « Tous les petits gestes que tu fais au quotidien sont plus compliqués. Monter les marches, te lever de ton lit le matin, écrire... » énumère Karl Belleville.

Six ans après le diagnostic, le jeune homme de 22 ans travaille comme cuisinier au Bistro DT à Rock Forest, où le chef Dominic Tremblay l'a d'abord invité à faire un stage après avoir entendu son histoire. « Il voulait me prendre pour une semaine pour me donner un peu d'espoir mais il ne comptait pas me garder. Ça fait 4 ans que je suis là, je dois être pas pire » dit-il en souriant.

Malgré que son employeur ait adapté son lieu de travail pour lui faciliter les choses, Karl a commencé à consulter un orienteur pour se trouver une nouvelle passion, le métier de cuisiner étant trop exigeant pour envisager pouvoir le pratiquer à long terme. Un deuil qui vient s'ajouter aux douleurs physiques quotidiennes et aux préjugés dont il fait parfois l'objet, puisque sa condition n'est pas apparente à première vue.

Une pensée pour Karl

Toutes ces épreuves sont heureusement atténuées par la générosité de la communauté de Coaticook. La maladie de Karl devant inévitablement l'amener à devoir utiliser un jour un fauteuil roulant, ses proches ont commencé dès 2011 une collecte de goupilles de canettes, dans le but de les revendre pour la valeur du métal. « Ça a commencé petit, avec l'entourage, et ça s'est propagé. Aujourd'hui on arrive de travailler et on en trouve sur le seuil de la porte. Les écoles de Coaticook les ramassent, les loisirs d'été en ont ramassé 17 500 cet été. »

Aujourd'hui, trois barils contenant chacun près de 200 livres de goupilles sont au sous-sol et un quatrième se remplit lentement mais surement. L'histoire de Karl circule et a attiré d'autres gestes de générosité. Comme ce gala de lutte organisé à Coaticook en 2012 et qui avait permis d'amasser 7000 $ pour l'aider à adoucir son quotidien. Comme ce propriétaire de commerce de pièces d'auto de Sherbrooke, qui a rassemblé les confrères de son association pour offrir à Karl le siège auto-souleveur dont il profite au salon du domicile familial.

« C'est une série de gestes généreux, ça a commencé de manière banale et ça a pris des proportions incroyables. C'est surprenant à quel point les gens se mobilisent » souligne Manon Nadeau.

Elle tenait à partager l'histoire de son fils pour éviter que d'autres familles ne se retrouvent devant un diagnostic tardif d'amyotrophie spinale. « Quand on a su que Karl avait la maladie, ça faisait longtemps que sa vie était compliquée. Toute sa jeunesse il a été différent, il a été étiquetté. Si on avait consulté avant, si on avait connu les signes, sa vie aurait été beaucoup plus facile. »

En raison de l'évolution de sa maladie, la RAMQ a fourni cet été un fauteuil roulant manuel à Karl qui l'utilise au besoin. La vente des innombrables goupilles de canettes que les Coaticookois ont amassé pour lui au fil des ans servira à adapter son milieu de vie en fonction de ses besoins. « Oui il y a le programme d'adaptation de domicile, mais il y a beaucoup de restrictions. Ça va lui donner un petit supplément » explique sa mère.

« On sait que ça ne rapporte pas beaucoup à la livre, mais il y a aussi un geste symbolique derrière tout ça. Quand vous enlevez la petite «pinouche» sur la canette, ayez une pensée positive pour Karl » ajoute Manon Nadeau avec émotion. « C'est vraiment difficile à accepter de savoir que ton enfant ne guérira pas, et de le voir perdre ses capacités petit à petit. Ça, ça nous montre qu'il y a plein de monde qui lui envoie de l'énergie, et ça l'aide énormément. »

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