La poutine, mets de haute gastronomie

Jérôme Ferrer d'Europea sert des poutines par milliers... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Jérôme Ferrer d'Europea sert des poutines par milliers ce week-end à Drummondville.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Le Festival de la poutine a un invité de marque, cette année, et il n'est pas sur scène. Jérôme Ferrer, chef cuisinier de renommée mondiale et propriétaire du restaurant montréalais Europea, a accepté l'invitation des Trois accords et se retrouve sur le terrain à fraterniser avec les festivaliers, mais surtout à préparer et servir de la poutine.

« Je dois avoir perdu plusieurs livres, lance d'entrée de jeu le sympathique chef, faisant allusion à la demande soutenue pour ses poutines, dont la Royale, conçue expressément pour l'événement drummondvillois. Quand les gars sont venus me voir pour me demander de parrainer le volet culinaire de leur festival, j'ai rapidement accepté. La chimie s'est faite du premier coup. Je salue le courage des Trois accords qui ont mis sur pied un événement gastronomique sans être dans le domaine, je ne pouvais pas dire non. »

Afin de rendre hommage au chiffre 3 des Trois accords, Jérôme Ferrer a développé une poutine à partir de trois sauces : une brune, une autre aux champignons et une sauce hollandaise. Il y a évidemment ajouté les habituels frites et fromage, puis a garni le tout de porc effiloché et d'une tranche de foie gras. Le résultat est surprenant. Il ajoute raffinement au plat traditionnel, sans pour autant le dénaturer. La texture est évidemment plus variée et le goût plus relevé, mais il ne révèle rien de trop inattendu.

Questionné sur la difficulté à faire un maillage entre les plats de haute gastronomie qu'il conçoit habituellement et ce plat traditionnel qui est le quotidien des chaînes de restauration rapide, Jérôme Ferrer sert une réponse étonnante.

« La poutine, c'est de la haute gastronomie, statue-t-il. La gastronomie, c'est une cuisine qui est chargée d'histoire et ces poutines, elles ont de l'histoire. Ces pommes de terre rouges du Québec ont de l'histoire, ce fromage de la Fromagerie champêtre, il a de l'histoire. Il n'y a pas de grande et de petite cuisine, il n'y a que de la bonne et de la mauvaise ».

« La poutine est un plat rassembleur, je n'ai pas de doute qu'elle franchira les frontières du Québec d'ici cinq ans et que les gens des autres pays se l'approprieront et l'adapteront à leur réalité. Comme les premiers immigrants qui sont arrivés ici avec leurs valises pleines d'épices et qui nous ont fait découvrir leurs plats », continue-t-il.

Le chef ajoute que le plus important consiste à se procurer des produits régionaux lors de la préparation de mets. Sa mission est d'abord et avant tout de convaincre le consommateur que les meilleurs aliments sont le fruit des labeurs des producteurs régionaux.

« Je ne suis pas ici pour faire de l'argent sur le dos du Festival. Je suis ici pour le plaisir, mais surtout pour faire la promotion des produits de chez nous par l'entremise d'un projet et d'un met rassembleurs. C'est cette mission-là qui me rend heureux », conclut-il.

Les activités du Festival se dérouleront par ailleurs à guichets fermés ce samedi, tous les billets ayant déjà trouvé preneurs.

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