Weedon : la Résidence St-Janvier ferme ses portes

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Incapable de se conformer aux nouvelles exigences en matière de sécurité et de systèmes de gicleurs, la Résidence St-Janvier de Weedon devra mettre les clés sous la porte à compter de la semaine prochaine.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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Matthew Vachon
La Tribune

(Weedon) La Résidence St-Janvier de Weedon devra mettre les clés sous la porte à compter de la semaine prochaine. De nouvelles normes gouvernementales ont été établies concernant les systèmes de gicleurs à la suite de l'incendie de la résidence du Havre à L'Isle-Verte, qui avait coûté la vie à 32 personnes en janvier 2014. Incapable d'encaisser les coûts pour une telle mise à niveau, la résidence de Weedon doit mettre fin à ses opérations.

Cette situation soulève évidemment la tristesse du côté de la petite municipalité du Haut-Saint-François. De son côté, bien qu'il soit conscient que ce type de résidence doit se conformer aux nouvelles normes, le maire de la municipalité Richard Tanguay juge cette situation déplorable.

« C'est très dommage comme situation. Je trouve très louable que les instances gouvernementales aient augmenté les normes de sécurité pour les personnes âgées. Par contre, le premier critère de difficulté de la résidence, c'est de s'adapter à ces exigences. La plupart du temps, c'est dans de vieux bâtiments, donc ça rend pratiquement impossible l'installation de gicleurs et de systèmes de sécurité. C'est bien de faire ça, mais le gouvernement doit donner un support. Dans les vieux établissements, ça coûte tellement cher qu'il n'y a personne pour financer ça », juge-t-il.

La ruralité laissée de côté ?

Située dans un village où l'argent ne coule pas à flots, la Résidence Saint-Janvier était destinée pour les aînés qui fonctionnaient avec un budget plus restreint. « Dans notre communauté, les gens ne sont pas riches. Aujourd'hui, on perd notre résidence où les personnes à faibles revenus étaient installées. La dame qui s'occupait de cet endroit ne pouvait donc pas charger des prix faramineux à ces locataires. Elle faisait plutôt un service à la communauté en tentant de garder les gens de notre village. Elle réussissait à arriver avant l'implantation de ces nouvelles normes, mais là, il y a désormais un problème. C'est un peu contradictoire tout ça dans nos services puisqu'on veut protéger nos aînés, mais encore faut-il avoir les ressources financières pour le faire », fait valoir M. Tanguay.

Le maire de Weedon trouve que trop souvent, le milieu rural est délaissé au profit du milieu urbain. « Dans les communautés rurales, nous ne sommes pas beaucoup et ce sont des petites résidences. Dans les grands centres, on peut parler de projets avec 40 à 50 unités, mais ici, nous ne sommes pas capables de réaliser ça. Tout est donc tourné vers les grands centres, ce qui amène un nouveau problème. Comment doit-on gérer notre ruralité ? Je crois que le gouvernement a oublié cet aspect », déplore-t-il.

Rappelons que le gouvernement avait donné une période de cinq ans en décembre 2014 aux établissements pour aînés afin de se conformer aux nouvelles exigences en matière de sécurité et de systèmes de gicleurs.

La direction de la Résidence St-Janvier a préféré ne pas commenter le dossier.

Une situation déplorable, juge l'AQDR

L'annonce de la fermeture imminente de l'établissement pour aînés de Weedon n'a pas manqué de susciter les réactions à travers la communauté. Une situation que tous s'entendent pour qualifier de déplorable.

Joint par La Tribune, la coordonnatrice du secteur de l'Estrie de l'Association québécoise de défense des droits de personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Isabelle Guérard, a livré ses premières impressions sur ce dossier. « Tout d'abord, nous trouvons très regrettable que l'établissement soit obligé de fermer. Cependant, ce que l'on désire, au-delà du budget des personnes qui y vivent, c'est que la résidence soit en mesure de répondre aux normes de sécurité. Toutefois, on déplore que le gouvernement ne soit pas en mesure d'accompagner ces petites résidences, particulièrement dans les petites municipalités, afin de rencontrer les exigences des nouvelles normes », déclare Mme Guérard.

Bien qu'impuissant face à cette fermeture, l'AQDR entend tout faire en son pouvoir pour s'assurer que les personnes âgées touchées soient relocalisées convenablement. « Nous allons suivre le dossier de près. Il est important pour nous que le réseau de santé puisse bien accompagner ces personnes touchées dans leur relocalisation et que l'accompagnement soit fait de façon respectueuse tout en répondant à leurs besoins », assure la coordonnatrice de l'AQDR.

Toujours selon celle-ci, l'organisme déclare être conscient que les gens des milieux ruraux veulent rester dans leur petit coin de pays. « On mise sur les plus grands centres, mais les gens désirent rester dans leur région. Ces personnes y ont souvent passé toute leur vie et elles désirent y demeurer. Toutefois, la population est plus petite en région et de ce fait, les milieux ruraux se vident puisqu'ils n'ont pas les résidences pour l'accueillir. C'est ce qui est déplorable », avance Mme Guérard.

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