Lac-Mégantic : une mère risque l'extradition

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Emprisonnée la semaine dernière, la mère de trois enfants n'a plus qu'un espoir de voir la Cour d'appel renverser la décision de la Cour suprême.

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<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

Une mère établie à Lac-Mégantic risque l'extradition vers les États-Unis pour faire face à la justice, en Georgie, car elle aurait kidnappé ses trois enfants, en 2009, pour les soustraire à leur père violent.

Elle fait face à une accusation de kidnapping d'enfants, passible de 15 ans de prison. À l'automne 2009, elle avait reçu un appel de ses enfants qui se cachaient dans un hangar désaffecté, pour fuir leur père violent. Ses enfants, en pleurs, lui disaient vouloir vivre avec elle.

La communauté de Lac-Mégantic a, depuis plus de six ans, soutenu cette mère dans sa quête de justice, qui l'a menée à plusieurs procédures judiciaires, en Cour supérieure, en Cour d'appel et, en décembre 2015, en Cour suprême. Son histoire a même donné lieu à une pétition, à une grève de la faim de la femme, il y a quelques années, à la prison Tanguay pour femmes, et même à une demande d'intervention de la ministre actuelle de la Justice du Canada, Jody Wilson-Raybould.

Quatre juges sur sept de la Cour suprême ont décrété que la mère devait être extradée vers les États-Unis. Chose rare, la ministre Wilson-Raybould a accepté de revoir le jugement au cours des derniers jours. Dans un document d'une quinzaine de pages, elle maintient l'extradition de cette famille, car c'est le père qui en avait la garde.

« C'est un dur coup pour nous. Nous nous attendions à un autre dénouement, de la part de la ministre. Nous souhaitions la fin du calvaire de cette mère qui s'est littéralement sacrifiée pour que ses enfants vivent hors de la violence », avoue Sylvie Morin, la directrice de La Bouée régionale de Lac-Mégantic, une maison pour femmes victimes de violence conjugale « Elle a pris le chemin de la prison Leclerc, à Laval, la semaine dernière. Elle était représentée, au début, par Julius Gray, qui a accepté la cause sans être rétribué. Une autre avocate a pris la relève, Me Marie-Hélène Giroux, aux mêmes conditions. »

« Il reste une possibilité de révision par la cour d'appel, ce qui a été demandé lundi. Elle avait 30 jours pour le faire. Les enfants sont bouleversés à la suite de la décision de la ministre. La justice américaine, dans le contexte, reste intraitable. On a même envoyé une vidéo où les enfants parlent des sévices qu'ils ont subis par leur père. Ils maintiennent qu'elle n'aurait pas dû kidnapper ses enfants, mais plutôt avertir les autorités. Nous sommes heureux de les avoir sauvés de la violence pendant six ans », raconte Mme Morin.

« Les femmes dans cette situation ont souvent recours à des échappatoires, une médication, l'alcool ou des substituts comme les drogues, pour arriver à supporter l'insupportable. On va continuer à nous battre avec elle, c'est clair. Elle a demandé une remise en liberté qui devrait être entendue dans les jours qui viennent. »

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