Marchés publics: un succès aux racines multiples

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Avec l'apparition des marchés publics de Sawyerville et de l'arrondissement de Saint-Élie en 2016, on retrouve plus d'une vingtaine de marchés publics enregistrés à travers l'Estrie pour mettre en contact les consommateurs avec les producteurs situés à proximité.

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(SHERBROOKE) Même si les légumes font plus souvent les manchettes en raison de leur hausse de prix soudaine, le marché du frais continue de prendre de l'ampleur en Estrie, où les marchés publics prolifèrent.

Avec l'apparition des marchés publics de Sawyerville et de l'arrondissement de Saint-Élie en 2016, ils sont dorénavant plus d'une vingtaine enregistrés à travers la région pour mettre en contact les consommateurs avec les producteurs situés à proximité.

« La popularité s'explique de plusieurs façons, souligne Jacques Blain, propriétaire des Vallons maraîchers, qui tient un kiosque au marché de la Gare ainsi qu'au Marché de soir de Compton. Avec le temps, les gens sont de plus en plus sensibilisés, autant à la question environnementale qu'à l'achat local. Les gens veulent savoir ce qu'ils ont dans leur assiette et savent que les normes, comme avec les pesticides, ne sont pas les mêmes à l'étranger qu'au Canada. »

« C'est un mode de commercialisation qu'on doit promouvoir de plus en plus. Tout le monde y trouve son compte. Ça fait tourner l'économie d'une région. Si on fait plus de ventes, on engage plus de gens, on créé plus d'emplois et l'argent reste ici», soutient quant à lui Stéphan Perreault, qui a constaté une légère hausse de la clientèle au marché de la Gare en 2016.

C'est d'ailleurs la raison qui a motivé une dizaine de producteurs à démarrer un marché public à Sawyerville il y a quelques semaines.

« On veut être le plus local possible, avoir le moins d'empreintes écologiques, mais un marché public ça amène aussi de la vie, un nouveau souffle, affirme Camille Lussier, de la ferme des Hôtes épinettes.

On voulait faire revivre Sawyerville, qui est un peu laissé à l'abandon et avec une population vieillissante. On accueille environ 35 personnes par semaine en ce moment, mais on a déjà plusieurs habitués et éventuellement on espère revitaliser le secteur. »

Au marché Locavore, ce sont plus de 800 personnes qui se rassemblent chaque semaine à Racine pour effectuer leurs emplettes « et on n'a pas encore atteint le plafond », se réjouit la propriétaire de Naturlutte, Johanne Breton.

« Ça fait neuf ans et il y a toujours de plus en plus de gens par rapport aux années précédentes. Je pense que maintenant, dans les marchés publics, il y a vraiment une belle qualité de produits. Les gens recherchent la fraicheur et l'unicité des produits; ceux qu'on ne trouve pas dans les épiceries parce que c'est fait à petite échelle et c'est vraiment délicieux. Les gens qui viennent au marché sont des épicuriens qui veulent profiter des bonnes saveurs. »

« Les produits que j'apporte à Sherbrooke ou Compton sont souvent cueillis le jour même, tandis que mes produits pour le marché du gros peuvent prendre 4 à 7 jours avant de se rendre sur les tablettes, et ils proviennent du Québec, illustre Jacques Blain. Les gens voient bien la différence au goût. »

Depuis l'an un du marché Locavore, Mme Breton dit avoir triplé le chiffre d'affaires qu'elle y produisait initialement. « Ça a littéralement consolidé l'entreprise », mentionne-t-elle. Mais au-delà des produits, un lien tissé très serré s'installe immanquablement entre les producteurs et leurs clients.

« En raison de la grêle d'il y a deux semaines, j'ai plusieurs aliments qui étaient poqués, mais les clients sont tellement solidaires. Ils me disaient que ce n'était pas grave. On est en contact avec l'humain. Il y a des enfants que j'ai vus grandir au marché. Il y a une belle éducation qui se fait. Si tu vas acheter ton légume à l'épicerie, c'est abstrait pour un enfant de concevoir qu'il y a des gens qui travaillent fort pour les produire. C'est super qu'il y ait un engouement des gens pour les marchés et qu'ils embarquent dans ce mouvement-là. Ça a tellement un gros impact sur tout le milieu. »

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