Des citoyens d'Orford ébranlés par l'incendie

Suzanne Rivard et Michel Perreault ont assisté impuissants... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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Suzanne Rivard et Michel Perreault ont assisté impuissants à la destruction de leur maison par les flammes dimanche. Les pertes subies sont évaluées à quelques centaines de milliers de dollars.

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(Orford) L'incendie qui a détruit une maison de la rue du Blizzard dimanche continue de faire jaser à Orford. Plusieurs résidents de la municipalité ont été ébranlés en apprenant que les pompiers ont été forcés d'utiliser des méthodes d'intervention habituellement utilisées en milieu rural alors que la résidence incendiée est branchée au réseau d'aqueduc local.

Les élus municipaux d'Orford risquent de recevoir la visite de citoyens mécontents et inquiets lors de leur prochaine assemblée publique. En effet, des gens ébranlés par l'incendie de dimanche se promettent d'assister à cette rencontre et de poser des questions aux élus.

Dimanche, les pompiers n'ont pas pu se brancher à aucune borne d'incendie. Ils ont donc été obligés de faire appel à des camions-citernes pour s'approvisionner en eau. Un petit étang, situé à proximité de la résidence ravagée par les flammes, a été mis à profit durant l'intervention.

« Je crois qu'il y aurait des améliorations à apporter, lance Serge Mousseau, qui habite en face de la demeure détruite. Je ne savais pas qu'on était dans une telle situation de manque d'eau à Orford. »

Habitant non loin de la rue du Blizzard, Isabelle Desmarais se déclare pour sa part inquiète. « Jamais je n'avais été informée que l'aqueduc de la municipalité n'a pas la capacité suffisante pour répondre à la demande lors d'incendie », révèle-t-elle.

Afin de palier le problème existant, Mme Desmarais propose que les pompiers puisent l'eau dont ils ont besoin directement dans les piscines des citoyens. « Plein de gens ont des piscines ici. Pourquoi ne pas s'en servir quand il y a un feu? » demande-t-elle.

Selon les normes

Bien que des citoyens aient prétendu que les pompiers ont réagi tardivement dimanche, le capitaine aux opérations pour le service d'incendie de la Ville de Magog, Steve Lavoie, assure que les normes en vigueur ont été respectées.

« L'appel a été logé à 19 h 53 et on était sur place à 20 h 5, note M. Lavoie. En plus, 10 pompiers étaient sur place en 15 minutes, ce qui répond aux normes. Et puis on a commencé à arroser à l'arrière de la maison rapidement après notre arrivée. »

Lorsqu'on le questionne en ce qui concerne la disponibilité de l'eau, le capitaine aux opérations est formel : il aurait très difficile de sauver la demeure même si celle-ci avait pris place au coeur d'un quartier résidentiel à Magog. « Ça a été fulgurant. On était encore à quelques kilomètres de la maison et on voyait déjà une colonne de fumée s'élever dans les airs », explique-t-il.

De nature accidentelle, le feu a pris naissance après que le propriétaire, Michel Perreault, eut débranché une bonbonne de propane fixée à un barbecue. Du gaz a soudainement fui et une boule de feu est apparue

M. Perreault s'explique mal ce qui s'est produit. Il croit n'avoir commis aucune imprudence au moment de l'embrasement. Brûlé de façon superficielle, il était de retour chez lui lundi.

« J'adore le secteur où on habite et le canton d'Orford, confie sa conjointe, Suzanne Rivard. Mais j'avoue que cette histoire m'amène à réfléchir. Je ne suis pas certaine d'avoir le goût de demeurer sur la rue du Blizzard. Les pompiers ne sont pas à blâmer. Par contre, les infrastructures locales semblent déficientes. »

Le maire conscient de la situation

Impossible d'accuser le maire d'Orford, Jean-Pierre Adam, de vouloir cacher la vérité à la population en ce qui concerne la lutte aux incendies sur le territoire de sa municipalité.

« Notre réseau d'aqueduc est le résultat d'un maillage et il compte une dizaine de puits au total, affirme M. Adam. Il n'a pas été conçu pour être utilisé lors d'interventions des pompiers. Si on prenait son eau pour lutter contre un feu, on compromettrait l'alimentation des résidences. »

La directrice générale du Canton d'Orford, Danielle Gilbert, précise pour sa part que l'eau du réseau d'aqueduc de la municipalité peut parfois être utilisée lors d'incendies, mais seulement « pour soutenir une action », ceci en raison de la capacité limitée des puits.

Bien que des citoyens se déclarent inquiets ou mécontents, le Canton d'Orford n'a pas l'intention à court terme d'accroitre la capacité de son réseau d'aqueduc pour faciliter les interventions des pompiers au moment des feux. Un tel projet coûterait vraisemblablement des millions de dollars.

Notons que le secteur sud de la municipalité, où se trouve la rue du Blizzard, est desservie par le service incendie de la Ville de Magog. Le Canton d'Orford a néanmoins une caserne de pompiers dans la portion nord de son territoire.

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