Ligne Québec-New Hampshire: on réclame des audiences publiques

Le BAPE tenait une séance d'information à Sherbrooke, lundi soir,... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le BAPE tenait une séance d'information à Sherbrooke, lundi soir, sur le projet d'interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec. L'exercice a attiré 48 citoyens dont quelques-uns ont confirmé à La Tribune leur intention de réclamer des audiences publiques. La période d'information et de consultations du projet prend fin le 8 juillet.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Le projet de ligne interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec a franchi une étape de plus lundi soir avec la séance d'information du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), qui a attiré 48 citoyens à Sherbrooke.

Au terme de l'exercice de deux heures, où une douzaine de représentants du promoteur étaient disponibles pour répondre aux questions, déjà quelques citoyens confirmaient à La Tribune leur intention d'écrire au ministre de l'Environnement pour réclamer des audiences publiques.

Ce projet de ligne interconnexion de 125 millions $, rappelons-le, consiste en la construction d'une ligne de 320 kV qui partira du poste des Cantons, à Val-Joli, pour se rendre à la frontière du New Hampshire, 79,2 km plus loin, en traversant les secteurs d'Ascot Corner, Johnville, Saint-Herménégilde et East Hereford.

La plus grande partie de la ligne serait jumelée à la ligne existante de 450 kV et supposerait donc un élargissement de l'emprise actuelle, tandis que les derniers 15,4 km qui mènent à la frontière nécessiteraient le déboisement d'un nouveau corridor.

Parmi les citoyens outrés, il y avait Carl Boivin, qui verra la ligne électrique passer pratiquement dans sa cour à East Hereford, qui en subira les effets négatifs, craint-il, mais qui ne touchera aucune compensation puisqu'il ne fait pas partie des 172 propriétaires touchés par le tracé retenu.

Son voisin Réal Beloin, un producteur forestier, suit de très près le volet américain du projet, baptisé Northern Pass, grâce auquel la précieuse énergie sera transportée jusqu'au poste de Franklin dans le sud du New Hampshire. M. Beloin a voulu savoir pourquoi le promoteur américain Eversource prévoyait enfouir les fils sur une partie de tracé alors qu'au Québec, les pylônes défigureront le paysage de la forêt et du mont Hereford, déplore-t-il.

Une simple question de coût, a expliqué la chef de projet d'Hydro-Québec Linda Veilleux. « L'enfouissement est une solution d'exception retenue dans moins d'un pour cent des tracés, comme partout ailleurs dans le monde, a-t-elle dit, à cause des coûts qui peuvent être jusqu'à quatre fois plus élevés. »L'Ascotois Stéphane Théroux est reparti guère plus avancé de la rencontre de lundi soir. L'homme a bâti sa maison en 2007 pour apprendre l'année suivante que la ligne électrique projetée passerait directement au-dessus de sa propriété. « Je vis dans l'incertitude depuis 2008, déplore-t-il. Je n'ai jamais fini ma maison. Et je ne sais toujours pas ce qui va m'arriver. »

Plusieurs citoyens se sont également inquiétés de l'impact du projet sur les tourbières, les espèces menacées, le niveau de bruit, entre autres, et ont voulu savoir quelles mesures d'atténuation seront mises en place par Hydro-Québec, en comparant avec l'actuelle ligne de 450 kV dont la construction date de 1986. À ces inquiétudes, les experts d'Hydro-Québec ont assuré que trente ans plus tard, les connaissances et les pratiques avaient beaucoup évolué.

Enfin, à l'autre bout du spectre, le maire de Saint-Herménégilde, Gérard Duteau, s'est dit clairement en faveur du projet, même si sa municipalité recevra probablement la plus grande part du tracé avec 16 des 79,2 kilomètres.

« On a eu beaucoup de discussions avec Hydro-Québec, relate M. Duteau. Notamment avec les gens de la forêt d'Hereford qu'on soutient et dont on comprend l'opposition. Mais Hydro-Québec a toujours bien répondu à nos demandes. »

M. Duteau estime maintenant que le Québec a le devoir de créer de la richesse avec la production d'électricité, une ressource sous-exploitée selon lui. À Saint-Herménégilde, confie-t-il aussi, on caresse déjà quelques projets qui pourraient être financés grâce au 1,25 million $ qu'Hydro-Québec versera aux municipalités en guise de redevances.

Les citoyens ou organisations qui souhaitent réclamer des audiences publiques du BAPE ont jusqu'au 8 juillet pour le faire. Sinon le BAPEremettra au ministre dans les dix jours qui suivent un compte rendu de toutes les activités de communications qu'il a tenues dans la période d'information réglementaire de 45 jours.

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