Après 5 ans de combat contre la CPTAQ: il se résigne à déplacer sa chapelle

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Félix-de-Kingsey) On ne pourra pas accuser Jean-Guy Bernier de manquer de persévérance. Après cinq ans de combat contre la CPTAQ, des dizaines de milliers de dollars en frais d'avocat et un outrage au Tribunal, l'homme d'affaires drummondvillois s'est résigné à déplacer sa petite chapelle St-Gérard.

Le déménagement sur quelques dizaines de mètres n'aura que peu d'incidence sur le petit bâtiment érigé au début des années 2000 sur le domaine familial du 9e rang de Saint-Félix-de-Kingsey. L'acoustique demeurera unique et les visiteurs continueront de se retrouver sur un site exceptionnel. C'est en ce qui a trait au principe et aux frais de déménagement que le bât blesse. M. Bernier est forcé de déménager son infrastructure d'un endroit vacant à un autre, sans véritable raison.

À la CPTAQ, on ne démord pas. L'endroit où se retrouve la chapelle est situé en zone verte et il n'est pas question d'accorder une dérogation, même s'il n'y a pas eu d'agriculture à cet endroit depuis plus de 50 ans, que le lot est de petite taille et que des arbres empêcheraient de toute façon la culture.

«On me dit que ça créerait un précédent, qu'ils seraient obligés d'accepter d'autres projets du même type ailleurs. Ils ne sont pas payés pour utiliser leur bon sens, ils ne se fient qu'à leur livre», déplore l'ancien propriétaire de Bernier-Crépeau Chrysler.

Jean-Guy Bernier a pourtant obtenu l'appui des élus de Saint-Félix et de ceux de la MRC de Drummond. Bon nombre d'artistes et d'organisme de la région ont prêché en sa faveur et l'ancienne mairesse Francine Ruest Jutras s'est même rendue témoigner pour que la chapelle demeure en place.

«Et dire que, pendant ce temps, la Commission accorde des changements de zonage pour des projets majeurs sur d'immenses terres fertiles d'anciennes fermes dans la vallée du Saint-Laurent. C'est vraiment deux poids, deux mesures», colère-t-il.

Jean Lapointe, Gilles Vigneault, Nathalie Choquette

Depuis sa construction en 2004, la petite chapelle St-Gérard a accueilli une foule de spectacles. Gilles Vigneault, Jean Lapointe et Nathalie Choquette font partie des artistes qui ont eu l'occasion de chanter dans le petit édifice.

«Je ne le faisais pas pour faire de l'argent, en fait j'en perdais. Mon but était d'échanger de bons moments avec des passionnés de musique. Plusieurs organismes ont tenu des activités de financement ici, je leur prêtais gratuitement», explique M. Bernier.

Le problème, c'est que l'homme d'affaires a bel et bien obtenu un permis de la Municipalité afin de construire la chapelle à cet endroit. Ce n'est qu'un peu plus tard, lorsqu'il a voulu s'assurer d'une vocation commerciale pour «faire dans les règles de l'art», que les problèmes ont commencé.

«La Ville n'avait pas le droit de m'attribuer ce permis à l'origine. La deuxième fois, ils ont fait la demande à la CPTAQ et c'est là que le bordel a commencé», raconte-t-il.

Le déménagement de la chapelle est commencé et se poursuivra au cours de prochaines semaines. M. Bernier envisage recommencer à organiser des événements et à prêter le bâtiment par la suite.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer