Vaccin contre la mammite : des réactions prudentes

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(Coaticook) L'annonce d'un nouveau vaccin contre la mammite bovine issue de la bactérie de souche staphylocoque doré, développé à l'Université de Sherbrooke en partenariat avec le géant pharmaceutique Bayer, suscite des réactions variées mais surtout prudentes de la part du milieu de la production laitière.

Le président de la Fédération de l'UPA Estrie, François Bourassa, estime que la décision d'y avoir recours ou non reviendra aux producteurs et aux vétérinaires qui les conseillent. «Si le coût du vaccin est abordable et que les résultats sont probants, il y a sûrement une bonne proportion de producteurs qui vont l'utiliser.» Il souligne que lors de l'introduction d'un nouveau médicament sur le marché, l'UPA se contente de transmettre l'information sans prendre position. «Il y a déjà amplement de gens qualifiés sur le terrain pour aider le producteur à prendre sa décision.»

Également producteur laitier, François Bourassa utilise déjà au besoin un vaccin contre la mammite de souche E. coli sur son troupeau. «C'est mon fils qui gère cet aspect. Il va sûrement consulter notre vétérinaire pour évaluer si ça vaut la peine d'aller vers ce nouveau médicament.»

Même son de cloche au MAPAQ (ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec), où l'on attend que le milieu s'approprie le produit. «L'approbation des médicaments relève de Santé Canada. On va surveiller la réaction des associations et des fédérations de producteurs et s'assurer que ça devienne une pratique courante avant de considérer que le médicament est acceptable», explique le relationniste du MAPAQ, Yohann Dallaire-Boily.

Un problème répandu

«On prend toutes les mesures nécessaires pour limiter la propagation et l'impact de cette maladie, mais c'est quelque chose que la plupart des producteurs laitiers doivent gérer un moment donné», explique pour sa part le directeur du CIARC (Centre d'initiatives en agriculture de la région de Coaticook), Félix Turbide. Il est d'avis lui aussi que les producteurs se consulteront avant d'opter pour le vaccin.

«Généralement, un nouveau médicament va être bien accueilli par le milieu, mais on veut s'assurer que ça fonctionne en consultant un voisin ou un collègue qui l'a essayé. On a beau avoir la fiche technique du produit, ça ne garantit pas les résultats en situation réelle.»

Il souligne que l'introduction d'un nouveau traitement se fait souvent graduellement, en commençant avec un groupe témoin, avant de l'administrer à l'ensemble du troupeau. «On connaît l'historique de nos vaches, on va donc être en mesure de sélectionner les meilleurs sujets pour tester le produit et évaluer les variations dans la réaction au traitement.»

Producteur laitier à la Fromagerie La Station de Compton, Vincent Bolduc se dit curieux d'en apprendre davantage sur ce nouveau vaccin, même si la gestion des maladies est envisagée autrement en régie biologique comme c'est le cas sur sa ferme. Par exemple, le recours aux antibiotiques, courant en agriculture traditionnelle pour le traitement des mammites, est évité autant que possible sur les fermes bio. «Quand on utilise un antibiotique, on doit retirer la vache du troupeau et ne pas la traire pendant un mois. Après deux traitements, elle perd son statut bio et ça prend un an sans traitement pour qu'elle le retrouve. On n'a pas beaucoup de marge de manoeuvre pour utiliser ce genre de produit.»

La vaccination, quant à elle, est permise, mais ne correspond pas vraiment à la philosophie des producteurs bio. On gère donc les problèmes de mammite avec des traitements alternatifs, comme des huiles essentielles et de l'homéopathie. «On met surtout l'accent sur la prévention. Mais si malgré tout on n'a pas de bons résultats, on va opter pour les traitements traditionnels, on ne laissera jamais souffrir une vache c'est certain.»

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