Le feu vert donné trop tôt pour la rétrogradation de Luc Paré

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Luc Paré

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(Magog) Le conseil municipal de Magog n'a jamais accepté officiellement de rétrograder le directeur du service de protection contre les incendies de la Ville de Magog au rang de capitaine aux opérations. Pourtant, le directeur général de la municipalité, Armand Comeau, avait lui-même annoncé la rétrogradation de Luc Paré aux employés de la municipalité en novembre dernier.

Dans un « communiqué interne » dont La Tribune a obtenu copie, Armand Comeau mentionne en effet que le directeur du service de protection incendie quittera bientôt son poste. Le document en question est daté du 25 novembre 2015.

Le communiqué émis par M. Comeau indique aussi que Luc Paré deviendra capitaine aux opérations au sein du service de protection incendie. Il loue sa « loyauté et son dévouement » envers la municipalité.

Le 25 novembre également, le directeur du service incendie confirme pour sa part que la « direction générale a acquiescé à sa demande » de rétrogradation dans une lettre envoyée aux pompiers. Il souligne qu'il demeurera à la tête du service en attendant l'arrivée de son successeur.

L'annonce effectuée à l'interne, l'automne dernier, est d'autant plus surprenante que M. Comeau ne pouvait vraisemblablement pas autoriser seul la rétrogradation proposée. D'après les vérifications effectuées, il aurait plutôt fallu que le conseil municipal adopte une résolution en assemblée publique pour qu'elle se concrétise.

D'ailleurs, les élus de Magog procèdent régulièrement à l'adoption de résolutions pour donner le feu vert à l'embauche d'employés, tel que le prévoit la Loi sur les cités et villes. Le conseil a délégué une partie de son pouvoir d'embauche aux fonctionnaires, mais pas la totalité.

Des sources ont révélé qu'Armand Comeau avait présenté son projet de rétrograder Luc Paré au conseil municipal lors d'une rencontre en privé l'automne dernier. Toutefois, les élus ne lui ont pas donné suite.

Vote de non-confiance

Au cours des derniers jours, La Tribune s'est entretenue avec des membres du conseil. Certains ont affirmé qu'ils savaient qu'un communiqué interne annonçant la rétrogradation de Luc Paré avait été publié malgré l'absence d'une résolution l'autorisant. D'autres ont cependant déclaré qu'ils ignoraient l'existence du communiqué.

Occupant toujours la fonction de directeur du service incendie malgré son intention de quitter ce poste en novembre, M. Paré a fait l'objet d'un « vote de non-confiance » en janvier. La presque totalité des pompiers ayant participé à ce vote ont choisi de manifester leur malaise vis-à-vis leur patron.

Le conseil municipal projette d'embaucher un consultant afin de mieux comprendre ce qui a poussé les pompiers à retirer leur confiance à leur patron, mais ce projet tarde à se matérialiser.

«Cette décision n'aurait pas dû être transmise aux employés sans l'approbation du conseil.»


Cela dit, le président du Syndicat des pompiers et pompières de Magog, Pierre-Luc Courchesne, avait indiqué publiquement, plus tôt cette année, que la nomination de Luc Paré au poste de capitaine aux opérations expliquait en grande partie le résultat obtenu lors du « vote de non-confiance » des pompiers.

Plusieurs élus de Magog irrités

Le communiqué interne émis par Armand Comeau pour annoncer la rétrogradation du directeur du service de protection contre les incendies de la Ville de Magog, Luc Paré, irrite certains membres du conseil municipal.

Sans trop de difficulté, le conseiller municipal Jean-Guy Gingras a reconnu être déçu. « Ce n'est pas correct, a-t-il dit. Cette décision n'aurait pas dû être transmise aux employés sans l'approbation du conseil et l'adoption d'une résolution confirmant que les élus étaient d'accord. »

M. Gingras a affirmé qu'il ignorait que ce communiqué avait été émis par Armand Comeau en novembre dernier. « Disons qu'on apprend des choses par les temps qui courent », a-t-il lancé.

Le conseiller municipal laisse toutefois entendre qu'il n'était pas fermé à l'idée qu'un nouveau poste de capitaine aux opérations soit créé au service de protection incendie, comme le proposait le directeur général. « Mais, à mon avis, il aurait d'abord fallu nommer un successeur à Luc Paré et lui permettre de décider s'il jugeait cela nécessaire. »

Pour sa part, le conseiller municipal Robert Ranger estime que le directeur général de la Ville de Magog a commis un faux-pas. « C'est le genre de geste qui met le conseil dans l'embarras. M. Comeau a sauté des étapes en faisant cette annonce avant l'adoption d'une résolution par le conseil », soutient-il.

Des élus silencieux

La majorité des membres du conseil municipal de Magog contactés par La Tribune ont cependant refusé de faire part de leur opinion publiquement concernant l'émission de ce communiqué par le directeur général de la municipalité.

«La Commission municipale du Québec est chez nous présentement pour tenter de solutionner les problèmes qu'on vit, a déclaré la mairesse de Magog, Vicki May Hamm. Je ne voudrais pas nuire à son travail alors je ne vais pas commenter. Je souhaite qu'elle nous aide à ramener le plaisir et l'harmonie à l'hôtel de ville.»

Présidente de la Commission des ressources humaines de la Ville de Magog, la conseillère Nathalie Pelletier a également choisi de ne pas offrir de commentaires. Quant à Armand Comeau, il n'a pu être joint par téléphone.

 

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