Des ambulanciers réclament la fin des horaires de «faction»

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Lac-Mégantic a bénéficié d'ambulanciers paramédicaux sur des horaires à l'heure durant les 16 mois où la municipalité a été coupée en deux, avant l'ouverture du nouveau pont.

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(SHERBROOKE) La région de Lac-Mégantic déplore de ne pas recevoir le même service ambulancier qu'ailleurs au Québec et réclame la fin des horaires de « faction » qui entraînent des délais de réponse considérés trop longs par les ambulanciers paramédicaux.

Depuis la mi-février, les ambulanciers paramédicaux de Lac-Mégantic et leurs confrères de la Beauce réclament par voie de pétition d'abolir les horaires de « faction », afin d'assurer un service uniforme, efficace et rapide en mettant en place des horaires réguliers, soit des horaires à l'heure.

Déjà plus de 2165 personnes ont signé la pétition électronique, sur le site de l'Assemblée nationale du Québec, qui sera déposée par le député libéral de Mégantic Ghislain Bolduc en mai prochain.

« À Lac-Mégantic, les paramédics attendent à la maison les appels. Lorsqu'il y a une urgence, nous allons chercher le véhicule à la caserne avant de nous rendre sur les lieux de l'intervention. Nous perdons de précieuses minutes. À Sherbrooke ou Magog, par exemple, les ambulances sont réparties dans des endroits stratégiques avec du personnel payé à l'heure et prêt à intervenir », explique l'administrateur pour l'Estrie du syndicat des Travailleurs ambulanciers de Beauce inc. (TASBI), Sylvain Côté.

À la suite de la tragédie de juillet 2013, qui a coupé la municipalité en deux, Lac-Mégantic a goûté aux horaires à l'heure étant donné que les délais étaient beaucoup trop longs en raison du détour occasionné par la fermeture du pont Agnès.

« Durant les 16 mois avant l'ouverture du nouveau pont, des quarts de travail à l'heure ont été mis en place. Nous avons alors effectué quatre réanimations. Nous n'avions jamais réalisé ça en 25 ans. Étant donné les délais pour être affectés avec les horaires de faction, nous avons arrivons toujours trop tard dans les cas d'arrêts cardiaques. Avec des horaires à l'heure, les délais sont assez courts pour réussir ce type de manoeuvre pour sauver des vies », soutient M. Côté.

Pour le représentant syndical du TASBI en Estrie, ces quatre seules interventions valent le coût de la mise en place des horaires à l'heure, évalué à environ 500 000 $ à 600 000 $ par année. « Quatre vies valent bien plus que ce montant. Sans compter que le temps d'intervention plus rapide réduit les séquelles, le temps d'hospitalisation et de réhabilitation. Avec des horaires de faction, on parle d'un temps réponse de six à huit minutes, alors qu'il serait deux minutes avec des horaires à l'heure en ville. Lorsqu'il faut se rendre à Woburn ou Val-Racine, ces minutes font aussi une grande différence. Les véhicules pourraient aussi être répartis de façon stratégique », estime Sylvain Côté.

Le syndicat des Travailleurs ambulanciers de Beauce inc. mène ce combat non seulement pour le secteur de Lac-Mégantic, mais aussi pour les territoires de la Beauce, Bellechasse et Etchemins.

« Nous demandons un appui significatif de la population. Nous avons déjà plus de 2000 signatures et nous serions heureux si nous pouvions en amasser 5000. Il faut convaincre le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec Gaétan Barrette de mettre fin aux horaires de faction. Les résultats sont probants à Lac-Mégantic où des vies ont été sauvées. (...)Tous les Québécois ont droit aux mêmes services d'urgence », soutient le président des TASBI, Pascal Jacques.

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Ghislain Bolduc

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Bolduc sensible aux revendications

Le député de Mégantic Ghislain Bolduc est sensible aux revendications des ambulanciers paramédicaux qui réclament des horaires à l'heure.

Le député libéral assure qu'il maintient des contacts réguliers à ce sujet avec son collègue ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette.

« C'est un dossier pour lequel je suis très sensible. Nous attendons des données pertinentes et détaillées avant de pouvoir aller plus loin dans ce dossier. Je veux m'assurer que les données qui seront fournies décrivent bien la situation dans notre région. Nous faisons le maximum à ce sujet. Le ministre a une oreille attentive », assure-t-il. Le député de Mégantic mentionne que les données du Ministère diffèrent de celles du syndicat des ambulanciers paramédicaux.

« C'est certain que le territoire à couvrir est plus grand. Je comprends ce qu'ils disent, mais il faut se baser sur les mêmes données. Il y a aussi toute la question de la parité entre les régions qui doit être analysée », mentionne M. Bolduc.

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