Des ennuis à ND-de-l'Île-Perrot pour Armand Comeau

En fonction comme directeur général à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot de... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

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En fonction comme directeur général à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot de 2005 jusqu'à sa démission en 2006, Armand Comeau avait plaidé en vain devant la Commission des relations du travail qu'on l'avait forcé à quitter et qu'il s'agissait d'un «congédiement déguisé».

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(MAGOG) La carrière d'Armand Comeau dans le monde municipal avait déjà connu des soubresauts avant la suspension dont il fait l'objet actuellement. Le directeur général de la Ville de Magog a en effet éprouvé des difficultés sérieuses à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot avant de quitter le poste de directeur général de cette autre municipalité en 2006. Il s'est ensuite adressé à la Commission des relations du travail, mais sans succès.

M. Comeau est entré en fonction comme directeur général à Notre-Dame-de-l'Île-Perrot au début de 2005 et il a démissionné de ce poste en octobre 2006. Il a toutefois plaidé devant la Commission des relations du travail qu'on l'avait forcé à quitter et qu'il s'agissait d'un « congédiement déguisé ».

La lecture du jugement initial de la Commission des relations du travail, dont La Tribune a obtenu copie, permet d'apprendre qu'il a aussi été suspendu de son poste de directeur général durant trois jours alors qu'il dirigeait la municipalité de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, en raison d'une absence injustifiée et d'un manque de collaboration.

La commission est claire dans son jugement : la sanction reçue par Armand Comeau était bien fondée. Elle note cependant que la mesure disciplinaire imposée aurait pu être « différente ».

À l'époque, sa relation avec le maire Serge Roy était tendue. Armand Comeau a d'ailleurs porté plainte pour harcèlement psychologique contre le maire deux mois avant son départ. Mais le commissaire chargé du dossier a reproché à l'ex-directeur général de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot de ne pas avoir fait le nécessaire pour que le problème se règle.

Chercher à être congédié

Ayant tenu cinq jours d'audiences pour entendre la cause soumise par M. Comeau à l'automne 2006, la Commission en arrive par ailleurs à la conclusion que l'ancien directeur général de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot a cherché à se faire montrer la porte vers la fin de son mandat.

« Il est devenu de plus en plus clair pour le plaignant que le maire exigeait des comptes sur les activités de la Ville. Il n'a pas voulu s'y conformer et a décidé de négocier, en vain, une indemnité de départ. Voyant que cela ne fonctionnerait pas, il a, par ses agissements, tenté de se faire congédier. Là encore, il a frappé un mur. Il ne lui restait qu'à prétendre à un congédiement déguisé! », lit-on dans le jugement.Il est également question dans le jugement d'une « entente incendie » signée par Notre-Dame-de-l'Île-Perrot. Le commissaire laisse entendre que le contenu de cette entente déplaisait clairement à Armand Comeau et que ce dernier a continué à formuler des critiques concernant ce dossier après la signature.

« La Commission croit que le plaignant a effectivement dit qu'il prouverait que le conseil a eu tort de signer pour dix ans. Le plaignant a droit à son opinion, mais lorsque le conseil a pris une décision, il se doit d'être solidaire. »

Le jugement fait par surcroît état de « plaintes de partenaires municipaux concernant l'attitude du plaignant à leur égard ». Le maire avait d'ailleurs discuté de ces plaintes avec M. Comeau et l'avait enjoint à avoir une attitude constructive ainsi que des échanges cordiaux avec les partenaires.

Insatisfait de la décision rendue par la Commission des relations du travail, Armand Comeau a demandé une révision de celle-ci. Les trois commissaires qui ont analysé le dossier ont reconnu quelques erreurs de faits, mais ont maintenu le jugement.

« La preuve a été entendue pendant cinq journées. La Commission a analysé chacun des éléments principaux de la preuve ainsi que son ensemble pour en arriver à la conclusion que le requérant n'avait pas démontré qu'il avait été victime d'un congédiement déguisé au sens où l'entend la jurisprudence », conclut le trio de commissaires.

Par la suite, Armand Comeau a continué à réclamer une compensation de la part de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, cette fois pour le harcèlement psychologique dont il aurait été victime. Et, le 26 janvier 2010, le conseil municipal a adopté une résolution lui accordant 10 000 $. « Ce dossier devenait interminable, indique la mairesse de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, Danie Deschênes. Ça devenait plus cher de continuer en cour alors on a réglé pour 10 000 $. »

Un rapport qui a fait jaser en 2012

Impliquée dans l'embauche d'Armand Comeau à la Ville de Magog en 2010, la firme Perreault et associés avait recommandé à la municipalité de lui retirer le poste de directeur général en 2011.

Durant les mois qui ont suivi l'embauche de M. Comeau, Perreault et associés a évalué le travail accompli par ce dernier à titre de directeur général de la Ville de Magog. Le rapport produit, au terme de cette évaluation, soulevait une série de problèmes.

Le conseil municipal a toutefois choisi de garder Armand Comeau, rejetant ainsi la recommandation de Perreault et associés, qui était pourtant prête à dénicher un remplaçant au grand patron de la municipalité sans frais additionnel.

Non seulement le conseil est-il passé outre la recommandation de la firme, mais il a par surcroît rapidement octroyé sa permanence à M. Comeau dès que la position de Perreault et associés a été rendue publique au début de l'année 2012.

Durant les mois après l'embauche du directeur général, des informations concernant son travail à la Ville de Farnham sont également arrivées aux oreilles de membres du conseil municipal de Magog. Les confessions obtenues ont fait naître des craintes dans l'esprit de quelques élus magogois.

Pour aller au fond des choses, il a été question d'organiser une rencontre entre des élus de Magog et de Farnham. Mais cette rencontre n'a jamais eu lieu et le maire de Farnham, Josef Hüsler, a plutôt envoyé une lettre à la mairesse Vicki May Hamm pour lui indiquer qu'il avait été satisfait du boulot abattu par Armand Comeau.

Actuellement, M. Comeau est suspendu avec salaire pour des raisons qui n'ont pas encore été expliquées par la Ville de Magog.

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