Stoke : une coopérative verra bientôt le jour

Une station-service et un magasin général en formule... (Spectre Média, Frédéric Côté)

Agrandir

Une station-service et un magasin général en formule coopérative ouvriront bientôt leurs portes au coeur du village de Stoke, sur la route 216.

Spectre Média, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(STOKE) Quatre ans après la fermeture de la station-service Olco et de son mini dépanneur, la communauté de Stoke pourra à nouveau faire le plein au village à compter de cet été.

Diane Dandonneau... (Spectre Média, Frédéric Côté) - image 1.0

Agrandir

Diane Dandonneau

Spectre Média, Frédéric Côté

Le projet de coopérative sur lequel planche un petit groupe de citoyens depuis trois ans et demi est à la veille de lever de terre, pour une ouverture souhaitée à temps pour la belle saison.

On y retrouvera une station-service Sonic et un magasin général qui offrira des produits de dépanneur, ainsi qu'une vitrine pour les producteurs agroalimentaires locaux et un coin quincaillerie.

« Ce ne sera pas un dépanneur, ce sera vraiment un magasin général », explique Diane Dandonneau, présidente de la Coop de solidarité des Stokois et des Stokoises. « On va partir comme ça mais le projet a été conçu pour pouvoir ajouter des services, selon ce que les gens vont exprimer comme besoins. »

Pas moins de 400 citoyens ont déjà payé leur part sociale, sur une population de presque 2900 personnes, et le conseil d'administration espère en recruter une centaine d'autres d'ici l'ouverture.

La Coop sera construite sur un terrain de six acres qui a été acquis au coeur du village, à proximité du bureau municipal, du centre communautaire, du parc, de l'école primaire Notre-Dame-des-Champs et du Centre de la petite enfance (CPE) Chez tante Juliette.

Facile d'accès

Au contraire de l'ancien Olco, la nouvelle station-service sera facile d'accès pour les tracteurs, camions et autres machineries de grande taille.

Le volume de circulation sur cette portion de la route 216, entre Sherbrooke et Saint-Camille, a été évalué à 3000 passages par jour.

Certains automobilistes s'arrêtent bien sûr à la station-service ou au dépanneur qui occupent l'entrée sud de Stoke, à cinq kilomètres de là, mais plusieurs filent dans les localités voisines sans s'arrêter.

« C'est une fierté de sortir de ce marasme qui fait qu'il n'y a pas de services au village », fait valoir Mme Dandonneau, qui ne compte pas ses heures pour faire naître ce projet même si elle vit bien plus près de Sherbrooke que du village de

Stoke. « Je suis Stokoise, lancera-t-elle en guise d'explication. Je m'implique beaucoup dans la communauté et je trouve ça important la solidarité et l'entraide. C'est avec un endroit comme ça qu'on va maintenir le dynamisme du village. »

Avec une demi-douzaine d'autres bénévoles, ils ont jeté les bases de la Coop de solidarité des Stokois et des Stokoises. Guidés dans leurs démarches par le Conseil de développement régional du Québec - Région Estrie et par La Coop Fédérée, ils ont mis leurs expertises en commun pour monter et financer le projet de 1,3 million $.

Trois ans et demi plus tard, ils touchent au but. Et rêvent déjà d'expansion et de diversification. Un bureau de poste, une agence de la Société des alcools du Québec, un nettoyeur, un coin fromagerie, un coin de prêt-à-manger, un coin microbrasserie, un marché aux puces le dimanche... les idées ne manquent pas! Et la volonté non plus.

« Moi je vais régulièrement au village pour mes activités de loisirs, raconte Mme Dandonneau. On a fêté notre 150e en 2014 et il y avait des activités tous les mois. On a la plus grosse ligue de soccer senior de la région. Je me dis qu'il faut soutenir cette vitalité au village. C'est toute la communauté qui va y gagner. »

La Coop prévoit créer cinq emplois à son ouverture.

La formule coopérative permettra de verser aux membres des ristournes sur leurs achats.

Janvier Cliche... (Spectre Média, Frédéric Côté) - image 2.0

Agrandir

Janvier Cliche

Spectre Média, Frédéric Côté

Le mouvement coopératif invité à faire davantage

En moyenne depuis 2009, on a assisté à la naissance d'une douzaine de coopératives par année en Estrie, selon les données de la Coopérative de développement régional du Québec - Région Estrie. 2016 ne fera pas exception à la règle puisqu'une dizaine de projets sont en formation ou en démarrage en ce début d'année, analyse le directeur général Janvier Cliche.

Dans les projets les plus avancés, outre le projet de Stoke (voir autre texte), il est question d'une coopérative de solidarité à Lac-Drolet, d'une coopérative pour développer le marché des congrès à Saint-Camille et d'une coopérative d'habitation à Saint-Denis-de-Brompton.

« Le développement coopératif va bien, dit M. Cliche, on en a la preuve avec ces statistiques. Mais ça prend beaucoup d'huile de bras pour durer », met-il en garde.

La Coopérative de développement régional du Québec - Région Estrie est elle-même dans une grande restructuration dictée par les exigences du gouvernement de Philippe Couillard.

Depuis le 1er janvier, la Coopérative de développement régional de l'Estrie a changé de nom pour marquer son passage au sein de la nouvelle CDR du Québec et poursuit une réflexion commune avec 10 autres bureaux régionaux pour arriver à contribuer davantage au développement économique de la province.

Leur budget est resté le même, les emplois ont été préservés, mais les conseils d'administration ont été abolis pour faire place à un c.a. unique avec un représentant par CDR régionale.

En Estrie, les administrateurs ont toutefois manifesté leur intention de créer un comité consultatif au cours de 2016, informe M. Cliche, qui voit d'un oeil positif la restructuration en cours.

« Le conseil d'administration avait lui-même fait le constat que le modèle des CDR tel qu'il était avait ses limites, relate-t-il. Malgré une douzaine de nouvelles coopératives chaque année, on était en déficit sur nos objectifs. L'ensemble des CDR vivotait avec son enveloppe de trois millions $. »

Cette restructuration de la gouvernance des CDR s'accompagne d'une nouvelle cible, soit de faire passer la création d'emplois de 150 à 500 par année d'ici 2020.

Le réseau est à étudier les pistes pour y arriver. On espère déposer une planification stratégique en septembre.

Parmi les stratégies envisagées, le milieu observe de près le projet estrien d'accélérateur de création de coopératives lancé l'automne dernier et dans lequel trois projets cheminent actuellement de façon prometteuse.

« On est dans une année d'ajustements, conclut Janvier Cliche, qui garde la flamme après 12 années dans ce poste. On a encore beaucoup de travail devant nous. Il faut se donner les conditions pour y arriver. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer