Des infirmières auxiliaires se sentent prises en otages

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Bientôt diplômées dans le cadre du programme de formation Santé, assistance et soins infirmiers, les finissantes Mandy Holden, Sandra Mc Mitchell, Marie-Soleil Landry, Joannie Roy, Sharly Lechasseur et Sabrina Bérard devront patienter jusqu'en juin avant de pouvoir se soumettre à l'examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ).

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(SHERBROOKE) Sabrina Bérard et quelques centaines de collègues d'un peu partout au Québec obtiendront officiellement, le 2 février, le diplôme qui attestera de leur réussite du programme de formation Santé, assistance et soins infirmiers. Si on peut affirmer objectivement qu'elles ont acquis les notions nécessaires pour venir en aide à leurs prochains, elles devront toutefois patienter près d'une demi-année avant de pouvoir exercer leur profession d'infirmière auxiliaire.

C'est que, pour la première fois cette année, les auxiliaires devront se soumettre à l'examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ) et que rien n'a été établi jusqu'à maintenant afin qu'elles puissent travailler avec un titre temporaire de candidat admissible à la profession infirmière auxiliaire (Cépia) comme c'est le cas notamment pour les infirmières.

Les finissantes du 2 février ne seront pas admissibles à cet examen avant le mois de juin. Si on considère que l'Ordre aura besoin d'un délai variant de six à huit semaines pour la correction, c'est dire que certaines ne pourront pratiquer avant le mois d'août.

Le président de l'OIIAQ, Régis Paradis, a annoncé que le Cépia entrera en vigueur à la signature de la prochaine convention collective. Or, les syndicats négocient depuis un bon moment déjà avec le gouvernement et on craint que le dossier traîne en longueur. Mme Bérard estime qu'elle et les autres finissantes sont en quelque sorte prises en otage et victimes des négociations.

« Je pense que l'on sert de moyen de pression dans ces négociations. Si toutes les infirmières auxiliaires du Québec doivent attendre six mois avant de pratiquer, ça finira par créer une pression sur le réseau. Cet été, il y aura des vacances et des retraites qui se prendront, mais personne pour subvenir à la demande », croit la jeune femme.

Si l'intention des syndicats peut être de mettre de la pression sur le réseau, la plupart des CIUSSS sont en bonne posture et ne devraient pas écoper de cette situation temporaire. C'est notamment le cas de la région Mauricie-Centre-du-Québec.

« Nous ne sommes pas en pénurie de main-d'oeuvre d'infirmières auxiliaires. Nous aurons donc suffisamment de main-d'oeuvre pour pallier temporairement la situation », assure la porte-parole Anne-Sophie Brunelle. Cette dernière a toutefois précisé qu'on tentera d'accommoder les finissantes en leur proposant un emploi de préposés aux bénéficiaires en attendant qu'elles obtiennent leur certification afin de devenir infirmières auxiliaires.

Des dettes à rembourser

Là où la situation fait mal, c'est que les étudiants qui terminent leurs études bénéficient d'une période de latence de six mois avant de commencer à payer des intérêts sur leurs dettes d'études. Or, plusieurs infirmières auxiliaires en devenir n'auront pas encore commencé à travailler dans leur domaine avant que les intérêts ne commencent à courir.

« On a toutes des prêts qui seront remboursables avant même que l'on commence à travailler. On devra se trouver des emplois ailleurs, mais qui va vouloir embaucher quelqu'un en sachant qu'il partira dans moins de six mois? », s'interroge Sabrina Bérard.

« Si nous nous sommes inscrites à ce cours, c'est avant tout par passion et par souci d'aider les autres. Tout ce que nous demandons c'est de pouvoir exercer notre profession et vivre nos rêves », déplore-t-elle.

Selon la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, ce n'est pas que la signature de la convention collective qui réglera le sort des infirmières auxiliaires. En effet, il faudra ensuite définir les conditions de travail du nouveau titre d'emploi, ce qui pourra prendre un certain temps.

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