Magog autorise la démolition de la maison Tourigny

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L'architecte Roberpierre Monnier figure parmi les personnes qui ont décrié, hier soir, la décision de la Ville de Magog de permettre la démolition de la maison Tourigny-Laforest.

La Tribune, Jean-François Gagnon

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(SHERBROOKE) Les interventions effectuées par les opposants à la démolition de la maison Tourigny-Laforest n'y ont rien changé : les élus de la ville de Magog ont malgré tout décidé d'aller de l'avant avec le projet du promoteur Gilles Bélanger à l'angle des rues Saint-Patrice et Principale.

En l'absence de la mairesse Vicki May Hamm, le conseil municipal de Magog a adopté une série de résolutions permettant la démolition de la maison Tourigny-Laforest et la construction sur l'îlot Tourigny d'un édifice d'une hauteur de 20 mètres. Le futur immeuble doit accueillir des entreprises du secteur des technologies de l'information et des communications (TIC).

Les 10 conseillers municipaux étaient présents à l'assemblée publique tenue hier à l'hôtel de ville. Seule la conseillère Denise Poulin-Marcotte a voté contre les résolutions qui concernaient le projet de M. Bélanger.

Ancienne employée de la Ville de Magog, l'écrivaine Anne Brigitte Renaud a été la première à s'exprimer lors de la période de questions réservée au public à la fin de l'assemblée d'hier soir. Elle a partagé sa déception avec les élus et les quelque 80 personnes qui se trouvaient dans la salle.

Mme Renaud a rappelé qu'une série de bâtiments, l'ancienne coopérative agricole, la gare ainsi que le vieux bureau de poste, sont disparus du paysage magogois au cours des dernières décennies. « Comment pourra-t-on convaincre des propriétaires de maisons patrimoniales de prendre soin de leur demeure si la Ville ne montre pas l'exemple », a-t-elle demandé.

À contre-courant

Habitant non loin de l'îlot Tourigny, François Théroux a pour sa part soutenu au micro que la décision de la municipalité va « à contre-courant de tout ce qui s'est fait dans le secteur » de l'îlot Tourigny ces 50 ou 60 dernières années. « Vous modifiez le plan d'urbanisme à coups de dérogations. Vous n'êtes pas à l'écoute de la population », a-t-il reproché aux élus municipaux.

Membre du collectif Sauvons l'îlot Tourigny au même titre que Mme Renaud et M. Théroux, l'architecte Roberpierre Monnier a également décrié la décision de la municipalité.

« Dans ce secteur, il existe des points de vue vers le lac et le mont Orford ainsi qu'en direction des immeubles patrimoniaux lorsqu'on se trouve en bordure du Memphrémagog. Mais là tout changera. Un effet domino est à craindre », a expliqué M. Monnier.

Ex-membre du conseil municipal, Serge Gosselin a toutefois indiqué publiquement qu'il appuie la décision du conseil. « J'ai visité la maison Tourigny-Laforest avec deux autres conseillers à une autre époque et j'ai constaté qu'il n'y avait plus rien à faire avec cette résidence. J'ai hâte de la voir par terre », a-t-il déclaré.

La conseillère Diane Pelletier a finalement dévoilé que la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David, a choisi de ne pas accorder un classement patrimonial à la maison Tourigny-Laforest. Québec affirme que cette demeure présente un intérêt à l'échelle locale et non nationale.

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