Deux plaintes contre le maire de Racine

En plus de la plainte initiée par six... (Archives, La Tribune)

Agrandir

En plus de la plainte initiée par six conseillers municipaux, un groupe de cinq citoyens a aussi porté plainte au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire contre le maire de Racine François Boissonneault.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Pierre McCann
La Tribune

(SHERBROOKE) En plus de la plainte initiée par six conseillers municipaux, La Tribune a appris qu'un groupe de cinq citoyens avaient aussi porté plainte au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT) contre le maire de Racine François Boissonneault pour des propos qu'il aurait tenus lors de la séance du conseil du 7 décembre dernier.

Le MAMOT a confirmé vendredi qu'il avait une plainte en traitement dans le dossier de Racine. Comme ce traitement est confidentiel, la conseillère en communication Audrey Garon a refusé d'élaborer sur le contenu, la date ou l'auteur de ladite plainte.

Mais le pro-maire de Racine, Michel Brien, a précisé que la plainte des conseillers ne sera acheminée au MAMOT que vers le début de la semaine prochaine.

Rappelons qu'outre la motion de blâme, les six conseillers de Racine ont voté lundi soir pour « que la Municipalité dépose auprès des autorités compétentes une plainte contre le maire François Boissonneault pour manquements répétés aux obligations relatives au respect des personnes, prévues à l'article 6 du Code d'éthique et de déontologie des élus municipaux de la municipalité ».

Gaston Michaud, un citoyen impliqué notamment dans le Marché Locavore, fait partie du groupe des cinq plaignants. Selon lui, 22 témoins présents à l'assemblée publique du 7 décembre ont eux aussi signé la requête.

Toujours selon M. Michaud, le maire Boissonneault aurait ce soir-là interpellé et nommé directement les cinq citoyens en question en les traitant de « malhonnêtes », « menteurs », « pas transparents » ou de « pas démocrates ».

« J'ai été attaqué très fortement et les gens sont venus me voir en me disant ''faut porter plainte''. [...] On ne pouvait pas laisser passer ça. Que les citoyens soient attaqués, ce n'est pas si grave, mais c'est qu'il y a énormément de projets qui ont été accomplis par les citoyens de Racine. Tous ces projets tombaient dans l'oubli et même le mépris. On ne pouvait pas tolérer ça », explique M. Michaud, qui a toutefois peu d'attentes sur l'issue de la démarche.

« Tout ce que le MAMOT peut faire, c'est de suspendre le maire pendant trois mois. Un maire est élu par la population et c'est la population qui le démet. Une preuve contre l'éthique ne pourra pas - je pense - relever le maire de ses fonctions. Il faut tout de même essayer de lui enlever le plus de pouvoir possible. »

Et pourquoi avoir porté plainte au MAMOT plutôt qu'aux instances policières? « Nous, on a voulu faire le moins de bruit possible avec ça. On aurait pu facilement porter plainte pour diffamation et on était sûrs de gagner, sauf que le maire aurait été défendu par la municipalité. C'est très malheureux dans un débat comme celui-là qu'on dépense de l'argent pour des choses aussi futiles », fait valoir M. Michaud.

Par ailleurs, la séance extraordinaire convoquée jeudi après-midi pour reprendre le vote sur le dossier du presbytère a eu lieu sans le maire Boissonneault. Deux conseillers manquaient aussi à l'appel.

Joint par La Tribune, un des conseillers a refusé de commenter ouvertement la situation parce qu'il dit craindre pour sa sécurité.

Un autre résident de Racine, qui préfère lui aussi garder l'anonymat, se désole que le conflit se retrouve sur la place publique. Il insiste pour dire que, malgré les absences du maire, la municipalité est fonctionnelle. « Le quorum, nous l'aurons d'ici jusqu'à la fin du règne du maire. Quels que soient les gestes qu'il pose, la municipalité reste fonctionnelle. Les projets sont votés, le budget est voté. Il n'y a plus de crise à Racine, seulement celle d'un individu. »

Sans surprise les quatre conseillers présents jeudi ont voté pour la cession du presbytère à la Société du patrimoine et de la culture de Brompton Gore et Racine. Interrogé sur les raisons de son absence à la séance extraordinaire, le maire Boissonneault a répondu que son vote n'aurait pas pu changer la décision du conseil. « C'est ben simple, c'est la clique. Ils sont quatre qui essaient de contrôler le conseil. Même si j'avais été là, ç'aurait donné quoi? » Avec Jacynthe Nadeau

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer