Campus de l'UQTR à Drummondville : «Les sceptiques ont été confondus»

Le recteur par intérim de l'UQTR, André G.... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Le recteur par intérim de l'UQTR, André G. Roy, au centre, a salué la contribution exceptionnelle de la Ville de Drummondville en serrant la main du maire Alexandre Cusson, sous les yeux de l'ancienne mairesse Francine Ruest-Jutras.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(SHERBROOKE) Le ministre responsable du Centre-du-Québec, Laurent Lessard, n'y est pas allé de main morte avec les gens qui ont douté de la réalisation et de la pertinence du campus drummondvillois de l'UQTR, jeudi matin, au moment de l'inaugurer officiellement.

Les sceptiques ont été confondus. Non seulement le campus a été construit à l'intérieur des budgets prévus, mais la clientèle qui le fréquente a progressé », a-t-il lancé sur un ton combatif avant de laisser la parole à d'autres intervenants.

Le député de Lotbinière-Frontenac a fait état du modèle d'affaires « unique à Drummondville » qui a permis la réalisation du projet. Il a pris le temps de saluer les anciens ministres Yves-François Blanchet et Yves Bolduc, ainsi que l'ancienne mairesse Francine Ruest Jutras et l'actuel maire de Drummondville, Alexandre Cusson, pour le travail effectué en amont de la construction.

« Ce serait beaucoup plus difficile de le bâtir aujourd'hui, dans le contexte actuel. On vit un moment important aujourd'hui et il est attribuable au modèle d'affaires unique à Drummondville. Quand ça n'existe pas, à Drummondville on l'invente », a-t-il affirmé, faisant allusion à l'importante campagne de financement privée qui a permis de financer une bonne partie de la construction, ainsi qu'à la créativité des acteurs qui ont abouti d'un projet novateur.

Parmi les généreux donateurs, on retrouve l'entreprise française Soprema, qui y est allée d'un coup de pouce d'un million $. Son vice-président, Richard Voyer, n'était pas peu fier du travail accompli.

« Lorsqu'on a été interpellé dans cette affaire, on a embarqué en se disant que ça n'arriverait pas. Mais, il semble qu'au Québec, lorsqu'on a une bonne idée et qu'on y travaille, on peut y arriver, c'est possible. On vient de changer la vie de jeunes ti-poux drummondvillois et on peut en être fiers », a-t-il dit.

Comme s'il avait voulu symboliser le travail abattu pour en arriver à cette inauguration, c'est avec le bras droit dans une attelle que le maire de Drummondville, Alexandre Cusson, s'est présenté devant la centaine de dignitaires présents pour l'occasion. Il est venu confirmer que, non seulement le budget de 30 millions $ fixé initialement sera respecté, on s'attend à ce que les dépenses de construction soient inférieures à 24 millions $.

Il considère cette réalisation comme un tour de force, d'autant plus qu'on a mis seulement 15 mois à ériger la structure afin d'accueillir les premiers étudiants dans un délai raisonnable.

Pas de « cannibalisme »

Un total de 540 étudiants se sont inscrits à la toute première session de l'histoire du campus drummondvillois. Ils cheminent principalement dans quatre baccalauréats soit : enseignement préscolaire et primaire, soins infirmiers, administration des affaires et comptabilité. On offre également des programmes de deuxième cycle et des certificats. 65 % de ces étudiants proviennent du Centre-du-Québec et 28 % de la Montérégie

Selon le recteur par intérim de l'UQTR, André G. Roy, l'ajout d'un campus à Drummondville n'a pas eu pour effet de « cannibaliser » les inscriptions du campus principal de Trois-Rivières où on aurait enregistré un achalandage à peu près similaire par rapport aux années précédentes.

« Notre mission est de rendre plus accessibles les études universitaires en assurant la proximité des bâtiments universitaires. Plusieurs étudiants ne fréquentent pas les universités parce qu'on n'en retrouve pas dans leur secteur. Ce sont essentiellement de nouvelles inscriptions », prétend-il.

Déjà une deuxième phase ?

Le béton n'est pas tout à fait sec encore que tant les élus drummondvillois que les dirigeants de l'UQTR rêvent à l'ajout d'un deuxième bâtiment sur les terres des pères Montfortains, dans le secteur Saint-Charles.

« On n'inaugure pas le campus universitaire, on inaugure aujourd'hui le premier pavillon du campus, a ricané le maire de Drummondville, Alexandre Cusson. Quand on sait le temps que ça prend pour obtenir les autorisations et construire, on doit déjà se préparer pour le deuxième pavillon ».

Dans les faits, le pavillon de 7844 mètres carrés (84 432 pieds carrés) inauguré jeudi n'est plein qu'au tiers de sa capacité. On a effectivement accueilli 540 étudiants sur une capacité de 1660. Il s'agit toutefois d'une progression de 25 % par rapport à l'an dernier, alors que les cours étaient offerts au Cégep de Drummondville et on envisage une offensive majeure en vue de la session d'automne.

« Ce n'est pas idéal d'ouvrir lors de la session d'hiver. Nous sommes persuadés qu'il y aura beaucoup plus d'inscriptions cet automne. Nous comptons travailler en collaboration avec les collèges du Centre-du-Québec afin d'éviter que les jeunes ne quittent la région. Notre mission est de développer les régions », a rappelé le recteur par intérim de l'UQTR, André G. Roy.

Nouveaux programmes

Le recteur a, par ailleurs, confirmé l'implantation de nouveaux programmes d'études au cours des prochaines années. On prendra d'abord le temps de bien évaluer le tissu social et économique du Centre-du-Québec afin de cibler les domaines qui répondront le mieux aux besoins. Selon les prévisions initiales servies par les porteurs du projet, le nouveau campus pourrait accueillir quelque 3000 étudiants en 2025.

Qui dit nouveau campus, dit nouvelle campagne de financement et déjà, le vice-président de Soprema, Richard Voyer, lève la main bien haute pour contribuer.

« Nos entreprises ont parmi les meilleures conditions en Amérique et en Europe afin de prospérer. Nous faisons de l'argent et nous ne sommes pas gênés d'en faire. C'est ce qui nous donne la possibilité d'investir et de développer nos communautés», a-t-il statué.

Le premier pavillon du campus drummondvillois compte 16 salles de classe, 28 bureaux fermés, dix postes de travail en espace ouvert, huit salles de réunion et une bibliothèque ultramoderne.

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