Le maire de Racine blâmé

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Le citoyen Jean-Claude Thibault est l'un de ceux qui ont donné un appui clair aux décisions du conseil municipal de Racine.

Spectre Média, Frédéric Côté

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(RACINE) Bloquée à deux reprises par le maire en décembre, l'adoption du budget 2016 a finalement eu lieu lundi soir à Racine, devant une salle bondée de 200 citoyens et sous la surveillance de quatre policiers de la Sûreté du Québec.

Les six conseillers municipaux en ont profité pour voter unanimement une motion de blâme à l'encontre du maire François Boissonneault, l'enjoignant à respecter ses collègues et ses citoyens et à faire honneur au code d'éthique des élus.

Les conseillers ont aussi convenu d'acheminer cette plainte contre le maire aux autorités concernées, au nom de la municipalité.

« Par ses courriels et par ses interventions, il insulte les gens et on veut que ça cesse, a expliqué à La Tribune le conseiller Christian Massé. On veut qu'il respecte les gens, on veut qu'il se calme et que les citoyens soient contents de ce qui se passe dans la municipalité. »

« Ceux qui ne sont pas d'accord ont le droit de le dire et d'être respectés, a ajouté son collègue Christian Beaudry. Les doigts d'honneur et se faire traiter de menteurs, nous n'en voulons plus. »

« Le vote de blâme, c'est un signal d'alarme, avait lancé au maire, juste avant le vote, le citoyen Jean-Claude Thibault. On aimerait que vous reveniez à ce que vous étiez lors de votre première année de mandat. Il y a un paquet de monde qui s'implique à Racine et on attend du maire qu'il soit rassembleur pour encourager cette implication. »

Après quelques interventions qui avaient été chahutées plus tôt dans la soirée, le maire Boissonneault a écouté stoïquement cette procédure de vote avant de poursuivre calmement l'assemblée publique.

Il y a quelque temps déjà que le maire Boissonneault, élu en 2013 après une année comme conseiller municipal, se retrouve isolé notamment par le fait que quatre conseillers se servent de leur majorité pour imposer leur vision, juge-t-il.

La goutte qui semble avoir fait déborder le vase est un projet de plateau multisports que le service des loisirs souhaite aménager au coût de 220 000 $, soit 110 000 $ provenant des goussets municipaux et 110 000 $ provenant d'une subvention du gouvernement du Québec.

Le maire estime que la dépense est excessive pour sa population en décroissance de 1150 âmes, d'autant que des installations semblables auraient coûté moitié moins cher à Saint-Claude (90 000 $), Windsor (111 000 $) et Saint-Malo (118 000 $) ces dernières années, selon des chiffres qu'il a obtenus.

Il en a aussi contre le montage financier du projet puisque pour réunir 110 000 $ et toucher une subvention équivalente, le service des loisirs s'accapare notamment 67 500 $ du Programme de la taxe sur l'essence et de la contribution du Québec (TECQ) que le maire aurait plutôt voulu investir dans les infrastructures routières.

Gel de taxes et gel de salaires

Les conseillers ne l'entendent pas de cette façon. Ils estiment que l'argent est judicieusement investi dans ce plateau multifonctionnel et plusieurs citoyens leur ont donné raison lundi soir, par leurs commentaires et leurs applaudissements après l'adoption du budget.

Quant à ce budget de 2,7 millions $, il prévoit un gel de la taxe foncière à 0,46 $ du 100 $ d'évaluation et une légère réduction de la somme des taxes spéciales et du coût des services tarifés.

Les dépenses de loisirs autres que le projet de plateau multisports totalisent 43 269 $, en baisse de 7981 $ par rapport à 2015. Les dépenses pour la voirie sont de 463 287 $, en hausse de 108 690 $ sur l'année précédente, selon la lecture du conseil municipal.

Les employés municipaux verront leur salaire gelé en 2016 et ont entrepris au cours des derniers jours une procédure d'accréditation syndicale.

Le salaire du maire sera haussé de deux pour cent, comme la loi le permet, tandis que les conseillers ont rejeté cette augmentation, par solidarité avec les employés municipaux, précise Christian Massé.

Cinq des six conseillers ont voté en faveur de ce budget.

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