Une nouvelle épreuve pour Sarah-Eve Fontaine

Sarah-Eve Fontaine... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Sarah-Eve Fontaine

Spectre Média, Julien Chamberland

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Sonia Bolduc
La Tribune

(WINDSOR) Un peu plus de cinq mois que Sarah-Eve Fontaine a reçu ses poumons neufs à l'hôpital Notre-Dame, presque quatre mois que la jeune greffée windsoroise a réintégré la demeure et la vie familiales. Depuis, elle s'emploie à apprivoiser sa nouvelle vie et sa large part de restrictions. Lorsqu'on s'assure que votre système immunitaire se tienne à carreau pour éviter tout rejet, il y a une petite liste de mises en garde qui vient nécessairement avec.

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« Comment tu vas», demande-t-on dans un automatisme social entendu. «Bien, bien merci», répond-elle, en partie aussi par automatisme. Mais on précise que pour l'autre partie, c'est pour éviter tout malaise aux gens qui s'informent que Sarah-Eve se contente du «tout va bien».

En vérité, elle va bien. Pour une fille de 20 ans atteinte de fibrose kystique, fraîchement greffée des poumons et encore plus fraîchement diagnostiquée d'un cancer des ganglions, elle se porte comme un charme.

Elle sourit. «J'aime mieux dire que ça va bien que de dire que j'ai le cancer, ça décourage les gens.»

Deux choses.

La première, c'est que c'est vrai que c'est décourageant. Quand la nouvelle est tombée à la mi-octobre, c'est un vent d'incrédulité et de colère qui est passé chez les Fontaine-Vallières, où on tentait de se réapproprier un brin de vie tranquille. Sa mère Annie, au téléphone, quelques jours après la tombée du diagnostic : je te le dis, mais c'est comme si c'était pas moi qui te parlais. Je suis sonnée comme si on m'avait donné un coup de pelle dans la face. C'est surréaliste.

Une première série de traitements

La deuxième chose, c'est que, dans les circonstances, ça va effectivement assez bien. On a tenté une première série de traitements afin d'éliminer toutes les cellules et éviter la chimio. Ça a donné des résultats encourageants, mais il restait des cellules. Le premier traitement de chimio a eu lieu lundi au CHUS.

«Ça s'est bien passé, mon corps répond jusqu'ici assez bien. On verra quand l'effet de la cortisone va s'estomper», note prudemment Sarah-Eve.

Elle se doute bien que la ronde des maux de coeur, des malaises, de la fatigue et de la perte de cheveux ne va pas l'épargner pendant la série de quatre traitements qui l'attend d'ici la mi-février.

«Quand je vais perdre mes cheveux, ça va paraître que je suis malade.»


Et que ça va s'ajouter au reste. Aux risques d'infection, de complications reliées à la greffe, à la fragilité de son coeur et tutti quanti.

«Quand je vais perdre mes cheveux, ça va paraître que je suis malade. J'aime pas que ça paraisse. J'ai commencé à regarder les options, entre autres des bandeaux vintage avec full style. Là, j'attends. Mais dès que ça tombe en mottes, je rase et je mets des bandeaux.»

Quand la maladie prend constamment la plus large place, qu'elle l'a fait dès l'enfance, qu'elle a peu épargné l'adolescence et qu'elle entre avec vous dans la vie adulte, y a forcément la crainte qu'elle prenne tout l'espace. Que les gens ne voient que ça. Il y avait déjà son corps tout frêle, sa cicatrice aussi grande que salvatrice, il y aura désormais cette nouvelle tête, pour un moment du moins.

«Je me demande souvent quelle part de la maladie influence ce que je suis», confie-t-elle devant un bol de fruits et une chocolatine.

«T'sais, dans la vie, je fonce pas beaucoup, j'suis assez pissou. J'ai peur, je suis craintive. J'ai peur de rêver, de faire des plans, puis d'être déçue parce que je ne pourrais les réaliser. Je prends peu de risques. Mais est-ce que c'est la maladie qui m'amène à être comme ça ou est-ce que c'est en moi peu importe, je ne sais pas.»

Avant de commencer sa chimio, elle s'est quand même commandé un steak plus saignant que recommandé avant d'aller danser avec des amies.

«Je n'avais pas dansé depuis je ne sais pas quand. Je me demandais si j'allais être essoufflée, si j'allais savoir bouger. Finalement, c'était l'fun. L'été prochain, je vais peut-être me faire bronzer un peu, peut-être faire un voyage.»

On appelle ça des petites victoires sur la peur. Celle de la mort, celle de la vie aussi.

«Je sais pas si c'est parce que j'ai passé proche, mais j'ai vraiment peur de la mort. Pas juste de la mienne, de celle des autres aussi, de mes proches. J'ai réalisé que la vie était fragile, mais pas juste la mienne, que c'était fragile même si t'étais pas malade. Tu peux partir comme ça, n'importe quand. Fait que, j'ai peur de la mort. Mais j'ai peur de la vie aussi, de ses possibles déceptions. Mais je veux vaincre ça aussi, la peur.»

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