Fromages européens: l'UPA fait confiance aux producteurs

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Nelson Fecteau
La Tribune

(THETFORD MINES) Se disant conscient que la pression est forte sur les producteurs de lait et les fromagers et qu'il faut exercer une gestion de plus en plus serrée, Marcel Groleau, qui entreprend un troisième mandat à la présidence de l'Union des Producteurs agricoles, nourrit un optimisme prudent devant la situation actuelle découlant de l'entente de principe intervenue dans le cadre de l'Accord économique et commercial global avec l'Union européenne.

M. Groleau estime qu'il n'y a pas lieu de crier à la catastrophe et que les producteurs devraient s'en tirer correctement. « Nous devrions connaître plusieurs années de relative stabilité si le gouvernement du Canada respecte son engagement écrit de verser les compensations adéquates aux producteurs et aux fromagers. Il nous faudra toutefois composer avec les soubresauts de l'économie. »

Outre les compensations financières, Marcel Groleau souhaite que les producteurs profitent d'une période d'implantation la plus longue possible. De plus, d'ici la ratification de l'entente avec l'Union européenne et le Patenariat transpacifique, il pourrait s'écouler entre 18 et 24 mois.

Le président de l'UPA souhaite également que le gouvernement canadien trouve une solution au contournement des mesures de contrôle des importations. « Il faut réagir. L'importation des protéines laitières sans payer les tarifs mine le marché et déséquilibre la demande. » Cette situation serait une conséquence des mauvais classements de l'Agence des services frontaliers du Canada.

INQUIÉTUDES

Lui-même producteur laitier, Marcel Groleau comprend les inquiétudes générées par l'AECG et le PTP. « La fatigue accumulée, le manque de main-d'oeuvre en région, le fait qu'il s'agisse d'un emploi de 7 jours/semaine contribuent à rendre le climat fragile. Lorsque arrivent des nouvelles qui laissent planer l'inquiétude, cela fragilise davantage la confiance », d'expliquer M. Groleau.

De plus, les chiffres découlant de cette entente ont de quoi donner le vertige. Pour les producteurs de lait, selon la Fédération, ce sont 180 millions de litres de lait qui ne seront pas produits dans le cadre de l'Accord avec l'Europe pour des pertes de 150 millions $. Les pays de l'Union européenne bénéficieront d'un accès de 17 700 tonnes de fromage supplémentaires dont 16 000 tonnes de fromages fins. Or, le Québec produit 50 pour cent des fromages au Canada et 60 pour cent des fromages fins. Producteurs et fromagers essuieront des pertes annuelles de 300 millions $.

Des petits et moyens fromagers tels L'Ancêtre subiront une forte compétition.

Pour compenser les pertes générées par l'AECG dans le secteur laitier, il faudra consommer 40 pour cent de plus de fromages fins qu'actuellement. « Choisissez les produits locaux, les produits canadiens et positionnez les produits québécois », lance M. Groleau comme invitation aux consommateurs et aux détaillants.

Et la gestion de l'offre dans tout ça? « Elle continuera de fonctionner. Pour la maintenir, il faut contrôler les importations, conserver les tarifs à l'importation. Ces derniers sont là pour rester », explique M. Groleau.

Le contingent supplémentaire exempt de tarifs au niveau des produits laitiers pour le PTP représente 3,25 pour cent du marché total canadien.

L'Accord générerait entre 10 et 18 milliards $ annuellement de revenus pour le Canada. Il fait toutefois une concession majeure à l'UE dans le fromage.

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