La Maison René-Verrier offrira l'aide médicale à mourir

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(DRUMMONDVILLE) À la suite d'un important processus de réflexion, la direction et le conseil d'administration de la Maison René-Verrier ont décidé unanimement d'ajouter l'aide médicale à mourir à la gamme des soins de fin de vie offerts par la maison de soins palliatifs de Drummondville.

Dans un souci de transparence, la Maison a procédé, avant de se positionner officiellement, à une importante consultation auprès de plus de 200 personnes concernées par les services de l'organisme. Des patients et membres de leur famille, le personnel médical et soignant, les bénévoles, des donateurs et des partenaires ainsi que des employés ont été sondés avant de prendre cette décision, qui est, cela dit, sans appel. Les résultats révèlent que plus de 87 % des répondants sont en faveur de l'aide médicale à mourir et ils encouragent à y donner accès à l'intérieur des murs de la Maison.

« C'est une réflexion excessivement délicate qui fait appel aux valeurs fondamentales de tous et chacun, rappelle Elizabeth Verrier, la présidente du conseil d'administration. C'est pourquoi nous tenions à faire ce sondage interne. Nous sommes donc persuadés d'avoir l'appui de la très grande majorité des gens qui oeuvrent à nos côtés ».

Des rencontres et échanges officiels ont également eu lieu entre la maison de soins palliatifs et le nouveau CIUSSS Mauricie-Centre-du-Québec afin de s'assurer que ni la mission, ni les critères d'admission de la Maison René-Verrier ne changent.

Avant d'aller de l'avant, la direction de la Maison avait trois conditions essentielles et elle a obtenu la confirmation écrite des représentants du ministère qu'elles seront respectées. Ainsi, en aucun cas une personne ne pourra être admise à la Maison uniquement dans le but de recevoir l'aide médicale à mourir.

« Nous ne changerons pas nos critères d'admission et nous n'accepterons pas non plus les demandes en provenance de patients de l'extérieur de notre région sous prétexte que la maison qui dessert l'autre territoire n'y donne pas accès », statue la directrice générale de la Maison, Marie-Julie Tschiember.

 Offert aux patients déjà admis

La directrice générale précise qu'il s'agit d'un soin de fin de vie que seule une personne déjà admise à la Maison pourra demander. Elle tient également à marteler sur le fait que ce n'est pas parce que le service sera demandé qu'il sera prescrit.

« Les critères de la Loi sont extrêmement précis à ce propos et c'est une erreur de croire que c'est un acte médical banal qui pourrait se faire facilement et couramment. On s'entend donc qu'il s'agira vraiment de cas d'exception liés à une souffrance physique et psychologique intolérable, que les soins spécialisés de notre équipe médicale et soignante ne pourraient plus atténuer », ajoute-t-elle.

En activité depuis 11 mois, la Maison René-Verrier a déjà accueilli un peu plus d'une centaine de patients en soins palliatifs. Grâce aux soins prodigués, aucun d'entre eux n'aurait manifesté le désir de recevoir l'aide médicale à mourir s'il avait pu y avoir recours en vertu de la nouvelle loi.

« Cependant dans le futur, nous convenons qu'il pourrait y avoir des cas d'exception et pour nous, c'est la volonté du patient qui prime », clarifie Mme Tschiember.

Des résultats éloquents

128 personnes ont répondu au sondage mené par la maison drummondvilloise. De ce nombre, 111 se sont prononcées en faveur de l'aide médicale à mourir à l'intérieur des murs de la maison des soins palliatifs contre 17 qui étaient en défaveur.

Parmi les arguments soutenus par la majorité, l'aide médicale à mourir rejoint la mission de la Maison en matière de qualité de vie et de la dignité humaine, qu'il s'agit d'un geste de compassion qui s'inscrit dans le respect des dernières volontés et de mettre fin à des souffrances qui perdurent.

On considère qu'il n'y a pas non plus de meilleur endroit pour recevoir l'aide médicale à mourir et qu'il est aberrant de transporter une personne en fin de vie dans un milieu hospitalier pour qu'elle puisse recevoir le service.

Les quelques personnes contre ont fait valoir que Dieu est seul maître et qu'il ne fallait pas s'y substituer et qu'il y avait d'autres options pour soulager la souffrance. On croit que l'aide médicale à mourir est surtout conçue pour les proches incapables de vivre la fin de vie d'un des leurs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer