La patience est de mise pour adopter un chien provenant d'une usine à chiots

Julie Villeneuve a accueilli la petite Rosie, une... (Photo fournie)

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Julie Villeneuve a accueilli la petite Rosie, une shih-poo alors âgée de deux ans, provenant de la saisie de Bonsecours réalisée en 2014.

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Julie Villeneuve et son conjoint Philippe Breault ont adopté un chien de la saisie de Bonsecours. Un an plus tard, avec beaucoup, beaucoup de patience, la petite Rosie est maintenant un membre à part entière de la famille sans aucune séquelle... ou presque.

La saisie de Bonsecours réalisée en 2014 dans une usine à chiots reste l'une des plus grosses au Québec. Une vingtaine de chats et plus de 200 chiens, dont plusieurs femelles gestantes, avaient été trouvés à l'intérieur d'une grange dans des conditions de négligence générale sur sa propriété. La propriétaire, Joyce Powers Veilleux, a été condamnée à des amendes totalisant 26 000 $, assorties d'une interdiction de posséder des chiens pour les 60 prochaines années.

Lorsque le couple de Magogois s'est rendu à la SPA-Estrie pour choisir un chien, la soirée d'adoption des chiens de Bonsecours avait déjà eu lieu. Il ne restait qu'une petite shih-poo âgée d'environ deux ans recroquevillée au fond de sa cage lors de leur passage.

Une inscription trônait au-dessus de sa cage : « J'ai besoin d'une chirurgie à l'oeil ».

Malgré cela, les amoureux décident d'accueillir Rosie dans leur maison.

Une visite chez la toiletteuse se révéla nécessaire pour voir ce qui se cachait sous toute la saleté accumulée lors des deux premières années de vie de la petite chienne. La chirurgie à l'oeil a également eu lieu aux frais de la SPA, dévoilant un globe oculaire minuscule.

Huit mois furent nécessaires pour la rendre propre. « Apprendre à un chien de deux ans à être propre ce n'est pas facile, mais dans son cas, elle n'avait même pas le réflexe de se retenir étant donné que les chiens faisaient leurs besoins directement dans la cage... »

Sa réaction face à la nourriture démontrait également les mauvais traitements qu'avaient reçus les chiens retrouvés à Bonsecours.

« Elle doit être seule pour manger et elle vide son plat en deux secondes. Si on tente de lui enlever quelque chose qu'elle trouve par terre par exemple, elle grogne beaucoup. On voit qu'elle fait de la protection des ressources parce qu'elle en a manqué », explique Julie.

Et Rosie était, et demeure un peu, effrayée par l'homme de la maison.

« Malgré tout, je suis vraiment heureuse de l'avoir adoptée. Ça n'a pas été facile et mon chum et moi on s'est même déjà chicanés à cause du chien, rigole Julie. Mais c'est gratifiant de voir qu'elle va bien aujourd'hui et qu'elle s'est transformée. »

BIEN CHOISIR SON CHIEN

L'histoire de Rosie témoigne de l'importance de faire un choix éclairé lorsque l'on décide de se procurer un compagnon canin, croit Mme Villeneuve.

« Lorsque vous voulez vous procurer un chien, achetez-le directement chez l'éleveur, afin de ne pas encourager les usines à chiots qui fournissent souvent les animaleries. Il est important de connaître sa provenance », affirme-t-elle.

« Et choisissez intelligemment votre race. Un chien, ça demande beaucoup de temps et souvent les gens ne se renseignent pas suffisamment avant l'achat pour savoir ce qui convient à leur mode de vie. Ce n'est pas pour rien que la SPA reçoit de nouveaux pensionnaires chaque semaine ».

« Une grosse saisie comme celle de Bonsecours frappe l'imaginaire, mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour sensibiliser les gens à la cruauté animale. »

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