Viandes Laroche : Péladeau déplore l'inertie du ministre de l'Agriculture

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Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, s'est entretenu avec des ex-employés de l'entreprise Viandes Laroche. Il s'est engagé à se faire le messager de leurs demandes auprès du gouvernement du Québec.

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Yvan Provencher
La Tribune

(Asbestos) Pierre Karl Péladeau était à Asbestos vendredi pour échanger avec les ex-employés de Viandes Laroche. Le chef de l'opposition officielle consent qu'il ne peut apporter de solutions concrètes à la relance de l'entreprise et ainsi assurer leur retour au travail, mais il n'en déplore pas moins l'inertie du ministre de l'Agriculture, également ministre de l'Estrie, dans ce dossier.

M. Péladeau a d'abord rencontré le président de Viandes Laroche et des membres de sa famille pour mieux comprendre la situation vécue par cette entreprise. C'est avec 90 minutes de retard qu'il s'est finalement présenté au lieu de rencontre prévu avec les ex-employés. Une vingtaine d'entre eux s'étaient déplacés pour l'occasion. Il s'est assis avec eux, leur adressant brièvement la parole pour ensuite y aller d'échanges et de discussions dans une atmosphère plutôt lourde.

« Le PQ a toujours eu la volonté de prendre en main, de maîtriser notre destinée au niveau économique. Certes, l'agriculture en est une activité importante et nous souhaitons qu'elle demeure même si les problèmes rencontrés sont nombreux. Nous voulons qu'il y ait une relève du milieu agricole, des familles qui évoluent dans ce milieu, mais à l'heure actuelle, on se bute à une absence complète d'une volonté de maintenir une activité agricole forte au Québec. Je ne comprends pas la stratégie du ministre de l'Agriculture et du premier ministre de dire que le fonds de diversification de la région d'Asbestos ne sera pas utilisé pour la sauvegarde d'emplois en plus de la création de nouveaux emplois. »

Bouleversé

Le chef du Parti québécois s'est dit bouleversé par ce qu'il a entendu et appris durant sa visite dans la région. Il compte dénoncer certaines situations préoccupantes pour le milieu, mettre de la pression sur le ministre pour l'amener à agir. Il s'est engagé devant le groupe de travailleurs à se faire le porte-parole, le messager de leurs souhaits, de leurs demandes au gouvernement du Québec.

Éric Bédard, un ex-employé, s'est fait l'intermédiaire du groupe pour faire part de l'incompréhension de la non-utilisation du fonds de relance de 50 M$ pour sauver cette entreprise et la centaine d'emplois qui y sont reliés directement. Les employés cherchent à ce sujet des lumières et se sont dits incapables d'obtenir des réponses.

Pierre Karl Péladeau a abondé dans le même sens, faisant un lien avec le monde des affaires rappelant que dans ce monde, « il est encore plus important de garder un client que d'en gagner un. » « Garder des emplois devrait être la priorité du gouvernement, d'autant plus que Viandes Laroche est une entreprise innovante avec son concept de traçabilité et d'élevage sans ajout d'hormones et d'utilisation d'antibiotiques. On n'y pratique aucune cruauté envers les animaux. Investissement Québec ne semble pas préoccupé de la situation, ce que je déplore également ».

D'autre part, le chef de l'opposition a mentionné que le président de Viandes Laroche lui avait confié qu'il n'avait pu parler au ministre de l'Agriculture, Pierre Paradis, pas plus qu'à ses attachés politiques « ce qui est invraisemblable! » a-t-il commenté. « Le gouvernement prône une politique de développement durable, cela veut aussi dire de produire et consommer des produits de chez nous, ce qui va faire en sorte d'être plus attentif à l'environnement. »

Il semble à son avis y avoir un manque de volonté du ministre de l'Agriculture, également responsable de la région de l'Estrie, « de lever le petit doigt dans ce dossier ».

Questionné par les médias, Pierre Karl Péladeau a déclaré ne pas être venu en sauveur rencontrer les ex-travailleurs de Viandes Laroche. « Je suis venu ici écouter les intervenants, les employés, mieux connaître par monsieur Laroche son modèle d'affaires, m'imprégner des attentes, des expectatives, des réalités vécues par les citoyens de la région », a-t-il conclu, promettant de mettre de la pression sur le gouvernement pour activer la résolution de ce dossier.

Viandes Laroche s'est placé à l'abri de ses créanciers, alors qu'elle cumule des dettes de plus de 17,5 M$.

Karine Vallières irritée

La députée de Richmond, Karine Vallières, n'a pas manqué de réagir à la présence de Pierre Karl Péladeau à Asbestos, venu rencontrer les ex-employés de l'entreprise Viandes Laroche.

Elle réfute l'affirmation voulant que le président de Viandes Laroche n'ait pas pu parler avec le ministre de l'Agriculture. « Monsieur Laroche a pu discuter personnellement avec le ministre Paradis, les dirigeants de l'entreprise ont été en contact régulièrement avec mon bureau, avec le cabinet du ministre et les sous-ministres de ministères impliqués au dossier ».

Au cours de la dernière semaine, la députée mentionne s'être entretenue avec les ministres Pierre Paradis, Jacques Daoust et Jean-Denis Girard, soit les ministres responsables du dossier.

« Quand je dis que je réponds par des actions, c'est ainsi. Nous sommes présentement à la merci du syndic, nous attendons leur décision selon les options qui s'offrent à eux. Les rencontres que j'ai faites avec mes collègues, ç'a été pour dire voici ce sur quoi nous pouvons travailler selon les hypothèses identifiées, afin d'être déjà prêts à répondre, à voir comment nous pourrons apporter notre aide. Je poursuis également des démarches pour le reclassement, l'accompagnement des employés avec Emplois Québec ».

La députée dit avoir établi des contacts avec d'éventuels investisseurs, leur assurant sa collaboration et celle de son gouvernement pour faciliter leurs démarches, s'il y a lieu. « Ce que je veux faire, ce sont des actions concrètes, travailler avec les gens du milieu pour que l'on réussisse à sauver cette entreprise et à recréer 100 emplois. Je veux que nos actions soient constructives, que l'on ne fasse pas de la politique sur le dos des gens que l'on a le devoir de soutenir », a-t-elle commenté, en réaction au passage du chef péquiste.

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