La 112 reprend ses droits

Fermé depuis mai 2011, le tronçon de la... (Collaboration spéciale, France Lamothe)

Agrandir

Fermé depuis mai 2011, le tronçon de la route 112, entre Thetford Mines et St-Joseph-de-Coleraine, est maintenant ouvert aux automobilistes.

Collaboration spéciale, France Lamothe

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nelson Fecteau
La Tribune

(THETFORD MINES) Cinquante-deux mois et 90 millions $ plus tard, la route 112 entre Thetford Mines et St-Joseph-de-Coleraine est à nouveau disponible depuis vendredi matin.

« On a redonné la voie aux citoyens », a déclaré le député-ministre Laurent Lessard quelques minutes après la coupe du ruban et le déplacement des cônes orange. Les conducteurs de dizaines de véhicules automobiles attendaient impatiemment d'emprunter ce nouveau tronçon de 10,3 kilomètres derrière deux autos-patrouilles de la Sûreté municipale de Thetford Mines et de la Sûreté du Québec de même que la fourgonnette des dignitaires dont le ministre Lessard.

Ce dernier a répété que la route 112 constituait la colonne vertébrale économique de la région avec ses 7000 véhicules/jour. Il a tenu à remercier les gouvernements qui se sont succédé et qui ont continué de faire cheminer le dossier.

M. Lessard a salué la patience de la population régionale de même que celle des ambulanciers, policiers, pompiers et transporteurs scolaires qui ont subi les conséquences de cette fermeture. « Le gens ont dû traverser de très grandes difficultés pour arriver aux résultats de ce matin. Il aura fallu contourner le deuxième plus grand cratère au Québec. »

Le maire de Thetford Mines, Marc-Alexandre Brousseau, a souligné le gigantisme des travaux et le fait que la 112 soit l'axe primordial de la région.

Le maire de Coleraine et celui de St-Jean-de-Brébeuf, Gilles Gosselin et Ghyslain Hamel, ont livré des messages se rejoignant. « N'oubliez pas de revenir en force dans la région pour contribuer au développement économique », a lancé M. Gosselin.

« Je m'adresse aux gens du secteur sud de la MRC qui auraient pris d'autres habitudes. Reprenez la route 112. Thetford Mines est la ville-centre de notre MRC que nous voulons forte. »

Il en aura finalement coûté 90 millions $ pour réaliser les travaux. « Des soumissions favorables en raison du contexte de compétition ont permis cette économie de 10 millions $. La prudence en raison de la méconnaissance des travaux exacts à réaliser nous avait incités à évaluer le projet à 100 millions », précisait Richard Charpentier, directeur régional du MTQ.

Fermée temporairement le 27 mai 2011, la route 112 était fermée définitivement à toute circulation le 13 juin suivant. Il aura fallu attendre jusqu'au 21 août 2013 pour que le ministre des Transports de l'époque, Sylvain Gaudreault, annonce le début des travaux.

La construction d'un pont enjambant la Bécancour et de 24 ponceaux ont été nécessaires. Pas moins de 1,5 million de mètres cubes de résidus répartis dans 6 haldes ont dû être transportés et l'épandage de 56 231 tonnes d'asphalte a permis de recouvrir les 10,3 kilomètres de route.

«La fin d'un cauchemar»

Un mot suffit pour exprimer ce que ressentent les gens de la région de Thetford Mines depuis l'annonce de la réouverture de la route 112: soulagement.

Soulagement chez les résidants des chemins du Barrage et de Vimy Ridge, chez les gens d'affaires affectés par la situation et chez les usagers réguliers de la route 112.

« C'est la fin d'un cauchemar, une véritable libération », lance Manon Rodrigue, propriétaire avec André Bédard, de la marina et du camping Le Grand Bleu sur le chemin du Barrage qui servait de route de contournement pour la circulation lourde. « À compter de 5 heures le matin, c'était impossible de dormir. Le bruit des freins Jacob et la vitesse des camions faisaient tout trembler, même les verres dans les armoires », raconte-t-elle.

« Nos saisonniers et nos visiteurs recherchent des endroits calmes. En 4 ans, plusieurs nous ont dit qu'ils reviendraient quand la situation serait rétablie. Au niveau de la sécurité routière, les campeurs doivent traverser la route pour se rendre à la marina. Nous sommes chanceux qu'il ne soit rien arrivé », conclut Mme Rodrigue qui a perdu non seulement des clients dans l'aventure, mais un chien et un chat.

À armes égales

« Good. Nous avons fini de perdre de l'argent. Nous allons devenir plus compétitifs et pouvoir nous battre à armes égales », d'affirmer Louis Gosselin, président de Gosselin Express et propriétaire de Karting Thetford.

« Nous devions faire plusieurs détours de 15 minutes tous les jours. Nous avons essuyé des pertes substantielles et avons dû absorber ces pertes. Les clients n'acceptent pas de payer pour ça », de poursuivre M. Gosselin qui n'a pas manqué d'avoir une pensée pour ses employés fatigués de faire le détour pour se rendre au travail et des résidants qui ont vécu les inconvénients de la fermeture. « On attendait cette nouvelle avec impatience. Cette réouverture va permettre à de nombreuses entreprises de mieux respirer. »

Karting Thetford aurait perdu 50 pour cent de son achalandage, particulièrement la clientèle provenant de l'Estrie.

Qualité de vie

Le bruit et la vitesse inappropriée des automobiles et de la circulation lourde ont incommodé les résidants du chemin du Barrage pendant ces 52 mois. « Nous allons retrouver une qualité de vie perdue. Il était devenu dangereux de sortir des entrées de cour et extrêmement dangereux de marcher sur la piste cyclable depuis l'enlèvement des balises. De plus, tôt le matin, on ne dormait plus », témoigne Normand Baker.

« J'ai hâte de vivre la différence, de retrouver notre quiétude. Coleraine va interdire à nouveau la circulation lourde et tout devrait se stabiliser. On va retrouver la paix et la sécurité », a-t-il ajouté en rappelant le fait qu'un transporteur a, un jour, perdu une poutre d'acier.

Chemin de Vimy

« On va retrouver notre tranquillité. Personnellement, j'ai continué de marcher tous les jours sans être incommodée. Par contre, il y a des gens moins tolérants, moins accommodants qui l'ont vécu plus dramatiquement derrière les fenêtres de leur maison. Il fallait faire avec... », raconte  Céline Roy.

Celle-ci a reconnu que les usagers ont dû s'adapter particulièrement lors du premier hiver même si le MTQ a bien préparé la route. Prétextant avoir affaire à Coleraine, certains gros transporteurs ont tout de même transité via Vimy Ridge.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer