Grève des enseignants: la C.S. des Sommets impose une journée de reprise

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(SHERBROOKE) La décision de la Commission scolaire des Sommets (CSS) de reprendre les cours en février pour la tenue de la première journée de grève mercredi est décriée par des enseignants et le Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE). Jusqu'ici, la CSS est la seule commission scolaire dans la région à avoir fait savoir que les cours seront repris.

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Christian Provencher

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Des enseignants de l'école secondaire l'Odyssée, à Valcourt, ont envoyé une lettre au directeur général Christian Provencher.

«Utiliser les journées de force majeure prévues à notre calendrier pour reprendre les journées de grève nous offusque, pour ne pas dire nous irrite fortement. En fait, nous avons l'impression, pour reprendre une expression sportive, de nous faire enlever le bâton des mains»«, font valoir les enseignants dans la missive.

Le SEE a également fait des représentations auprès de la direction, mais la décision de reprendre les cours le 19 février est demeurée la même, indique Daniel Jobin, responsable des communications au SEE.

À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), on a déjà fait savoir qu'on ne pensait pas reprendre la journée de mercredi.

«En 2005, on avait utilisé trois journées de reprise pour trois journées de grève.»


Le SEE compte entreprendre «des moyens de pression supplémentaires» afin de contester la décision de l'organisation. Le SEE ne peut cependant pas prendre de recours particulier envers la CSS, puisque la décision est laissée à la discrétion des commissions scolaires, note M. Jobin.

«On est allé, dans un premier temps, sur une base historique. En 2005, on avait utilisé trois journées de reprise pour trois journées de grève», explique le directeur général de la CSS, Christian Provencher. «On avait fait ça en 2005. Ce n'est pas une nouveauté en soi, on s'est posé la question, on a regardé tout ce qu'on devait vérifier légalement parlant. Ce qui nous guidait aussi, c'est le temps d'enseignement consacré aux élèves...»

Il y avait eu plus de trois journées de grève en 2005 (sans compter les tempêtes de neige), mais elles n'avaient pas été toutes reprises, puisque trois jours de reprises avaient été utilisés.

Et pour la suite des choses? Cinq autres journées de débrayage sont prévues par le front commun, les 12 et 13 novembre, de même que du 1er au 3 décembre.

«On verra s'il y a d'autres journées de grève. Comme tout le monde, je souhaite un règlement», commente M. Provencher. Il souligne que la journée de mercredi «s'est particulièrement bien passée». «Les gens ont été très respectueux».

Par ailleurs, les élèves de l'école primaire Notre-Dame-des-Érables à Sainte-Anne-de-la-Rochelle pourront retourner dans leur école après les vacances de Noël, selon M. Provencher. En raison des travaux qui se sont étirés pendant la période estivale, les quelque 78 enfants ont dû être déplacés temporairement à l'école la Chanterelle de Valcourt à la rentrée scolaire. «Il y a eu des complications qui font que ça retarde», observe M. Provencher. Le déménagement pourrait avoir lieu juste avant les vacances de Noël, de sorte que les enfants pourraient retourner dans leur établissement au retour des Fêtes.

Sur la photo, l'animatrice d'un jour Caroline Longpré... (Imacom, Jessica Garneau) - image 4.0

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Sur la photo, l'animatrice d'un jour Caroline Longpré a gardé les buts contre les attaques de ses adversaires, dont le jeune Thomas Jay Jalbert, qu'on reconnaît de profil.

Imacom, Jessica Garneau

Des parents forcés de trouver un plan B

Alors que les écoles et les services de garde de la région étaient fermés mercredi, différents centres ont offert un plan B aux parents. Certains grands-parents ont pratiquement tenu un service de garde en milieu familial pour l'occasion. Certains parents et élèves ont aussi manifesté leur appui aux enseignants.

Croisée à l'entrée du centre sportif de l'Université Bishop's, Martine Boucher a inscrit son garçon de sept ans aux activités spéciales organisées spécialement pour la journée de grève. «On a vu que Bishop's offrait un service spécial. On aurait dû manquer du travail pour être à la maison», souligne la mère de famille, en indiquant qu'il s'agissait de son seul plan B.

Même scénario pour Nicolas Sirois, un père monoparental dont la famille habite à l'extérieur. «Je suis nouveau dans la région... On a trouvé cette possibilité-là», a-t-il indiqué. Le centre sportif de Bishop's a l'intention d'organiser de nouveau ce genre d'activités lors des prochaines journées de grève, prévues les 12 et 13 novembre, de même que du 1er au 3 décembre en Estrie.

Trois écoliers parmi les manifestants

Âgé de neuf ans, un élève de l'école Ste-Famille, Éloi Graveline, a tenu à appuyer sa professeure Marie-Claude Tremblay «qu'il aime beaucoup».

Le garçon a donc demandé à sa mère d'aller manifester.

«Il m'a appelée au travail en finissant l'école mardi pour me demander s'il pouvait préparer une pancarte. Donc, avec deux amis, ils ont fait leurs pancartes mardi soir en me demandant de corriger leurs fautes. Je les ai trouvés tellement mignons et allumés! Je ne sais pas s'il saisit réellement ce qui se passe, mais je crois qu'il comprend les grandes lignes. Et qu'il est solidaire face aux revendications de ses profs. Concrètement, les coupes d'activités qui touchent directement les élèves lui montrent bien l'impact des compressions budgétaires», raconte Hani Ferland, chroniqueuse à La Nouvelle.

Un papa de l'école Beaulieu dont la conjointe est enseignante avait pris congé mercredi : il est allé manifester avec ses deux filles pour appuyer les enseignants.

«Même si ma blonde n'était pas professeure, je les appuierais quand même. Les demandes initiales du gouvernement n'avaient aucun sens (plus d'heures pour le même salaire, hausse des ratios, moins de spécialistes, etc. [...] Le gouvernement a reculé là-dessus, mais les offres salariales restent inconcevables compte tenu de l'importance du travail des profs auprès de nos enfants. Ils passent plus d'heures que les parents auprès des enfants et méritent un meilleur salaire et, surtout, une plus grande reconnaissance. Je ne ferais tellement pas leur job! [...] Mon appui est un signe de reconnaissance pour ce qu'ils font au quotidien», a fait valoir celui qui préfère garder l'anonymat.

Depuis le début des négociations, Québec a laissé tomber certaines demandes jugées très irritantes, comme faire passer la semaine de travail des enseignants de 32 à 35 heures. Il a aussi renoncé à augmenter le ratio maître-élève de la 4e à la 6e année du primaire. Les syndicats jugent cependant qu'en dépit de ces avancées, ils se retrouvent «encore en arrière du statu quo».

Des parents ont souligné qu'en le sachant à l'avance, il est plus facile de s'organiser.

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