Drummond : une économie à renforcer

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Depuis la dernière élection, la circonscription de Drummond a passablement changée, mais les enjeux, eux, s'inscrivent dans la continuité.

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Alexandre Faille
La Tribune

(Drummondville) Depuis la dernière élection, la circonscription de Drummond a passablement changée, mais les enjeux, eux, s'inscrivent dans la continuité.

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François Choquette

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Diane Bourgeois

Véritable plaque tournante de l'économie québécoise en raison de sa position géographie stratégique au centre du Québec, les électeurs de la circonscription de Drummond font sans surprise des enjeux économiques les priorités locales de la présente élection. Son secteur manufacturier regorge de PME, mais le défi d'une main-d'oeuvre qualifiée demeure au centre des préoccupations.

« C'est un enjeu extrêmement important. La compétence des Québécois va nous permettre d'émerger comme nation. J'ai rencontré plusieurs employeurs au Salon de l'emploi et ce qu'ils me disaient c'est qu'ils ont reçu beaucoup de candidatures, mais ce qu'ils recherchent, c'est l'excellence », évoque la candidate bloquiste Diane Bourgeois.

« Les gens me parlent d'un manque de main-d'oeuvre qui ralentit le développement économique. Il faut miser davantage sur les métiers spécialisés et c'est ce que nous proposons avec le crédit d'impôts pour les apprentis », avance de son côté la candidate conservatrice Pascale Déry.

La circonscription avait été aisément remportée par le néo-démocrate François Choquette en 2011. Ce dernier est de retour et dirige ses actions sur le développement d'une économie du savoir qui alimenterait le secteur manufacturier.

« Notre force, c'est le secteur manufacturier, mais on travaille à développer une économie du savoir, avec l'arrivée du campus universitaire à Drummondville, qui agirait comme un moteur pour nos PME. »

« L'arrivée du campus à Drummondville est très importante et nos programmes offrent justement la chance aux étudiants de tous les niveaux de poursuivre leurs études », évoque pour sa part le candidat libéral Pierre Côté.

Un pôle d'innovation

Le directeur général de la Chambre de commerce de Drummondville, Alain Côté, a demandé aux candidats en cours de campagne de se positionner concernant le développement d'un Centre d'excellence en compétitivité pour optimiser les pratiques et faire de Drummondville un pôle d'innovation.

« Le Centre d'excellence, j'en ferais l'une de mes priorités. Avec l'arrivée du campus universitaire, je peux aider à l'octroi de subventions pour la mise sur pied d'une chaire d'études, on serait capable d'avoir ça. C'est important d'établir des partenariats avec les institutions », plaide Mme Déry.

Des promesses qui n'impressionnent guère Mme Bourgeois, qui rappelle les coupures du gouvernement conservateur dans ce domaine.

« Ils ont coupé dans tout ce qui pouvait aider à rendre le savoir plus accessible : les scientifiques, l'environnement, Santé Canada et j'en passe », énumère-t-elle.

Soutenir le transport

Alain Côté soulignait également l'importance de l'industrie du transport pour la région, une industrie qui a souffert de la fermeture du Bureau des douanes il y a quelques années.

« Mme Déry dit qu'elle veut ramener le bureau, mais c'est son gouvernement qui l'a fermé, c'est un discours qui est incohérent », fait valoir M. Choquette.

Des accusations balayées par la candidate conservatrice qui note que la situation a évolué depuis la fermeture.

« En quelques années, Drummondville a changé. Beaucoup plus d'entreprises de la région exportent et il y a eu tout un développement de la zone aéroportuaire. Il faudrait se pencher là-dessus et voir comment ça pourrait s'arrimer aux infrastructures », riposte-t-elle.

« 30 % de nos entreprises font des affaires dans le secteur du transport, on n'y pense pas tout de suite parce que ça ne nous touche pas directement, mais un péage sur le pont Champlain couterait très cher à ces compagnies », rappelle quant à elle Mme Bourgeois.

Pour le néo-démocrate, l'efficacité du transport de passagers par train représente une autre clé du développement économique de la région.

« Avec un service plus rapide, plus efficace, on devient plus attractif et quand je vais aller parler à mes collègues pour attirer des bureaux gouvernementaux dans la circonscription, je vais avoir tous les éléments en main pour que les gens m'écoutent », évoque-t-il.

« C'est en ligne avec notre plan d'investissements en infrastructures, indique finalement le candidat libéral. C'est ce dont les municipalités ont le plus de besoin et c'est ce que nous offrons. »

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Pascale Déry

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Pierre Côté

L'avenir agricole préoccupe

À l'extérieur du pôle urbain de Drummondville, ce sont 17 municipalités rurales qui auront aussi un important mot à dire dans l'issue de cette élection.

Et comme un peu partout ailleurs au Québec, le dossier de la gestion de l'offre et du Partenariat transpacifique ont fait couler beaucoup d'encre. « J'ai discuté avec des représentants de l'Union des producteurs agricoles qui m'ont mentionné qu'ils se sentaient floués. Il faut se rappeler qu'on avait mis 300 M$ de côté pour les fromagers après l'entente avec l'Union européenne pour les aider à se remettre sur pied, mais ils n'ont pas encore touché cet argent », indique la bloquiste Diane Bourgeois.

François Choquette s'abstient de déchirer l'entente, tout comme son adversaire libéral Pierre Côté. Dans un secteur manufacturier aussi effervescent que celui de Drummondville, les deux candidats soutiennent que l'entente rapportera ses dividendes, mais soulèvent quelques bémols. « L'entente n'est pas une mauvaise chose en soi, ce qu'on dit, c'est que le gouvernement aurait pu dire ''la gestion de l'offre, on n'y touche pas'', évoque M. Choquette. Ça implique d'autres enjeux comme la relève agricole. Si on veut garder le modèle des fermes familiales, il ne faut pas que ça devienne une industrie qui se vend à une autre industrie. »

« Nos entreprises manufacturières y voient du positif, mais aussi certains agriculteurs comme les producteurs de porc. Pour les autres, avec notre chef Justin Trudeau, on veut mettre tout le monde autour de la table et trouver les solutions pour réinventer les façons de faire », note M. Côté.

La candidate conservatrice Pascale Déry défend son gouvernement en notant que les fondations de la gestion de l'offre ont été conservées. « On avait promis de maintenir la gestion de l'offre et nous avons conservé ses piliers. Il faut comprendre que nous sommes l'un des derniers pays a encore utiliser ce système, explique-t-elle. On va s'assurer d'éliminer le plus possible les échappatoires. »

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