«On a tout fait pour sauver l'entreprise»

Le président de Viandes Laroche a confirmé à... (Imacom, René Marquis)

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Le président de Viandes Laroche a confirmé à ses employés jeudi matin la fin des opérations de son entreprise. Mais il se retrousse déjà les manches et reste à l'affût de la moindre opportunité de relancer les activités pour sauver les emplois d'une centaine de travailleurs.

Imacom, René Marquis

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Yvan Provencher
La Tribune

(Sherbrooke) La nouvelle que les employés de Viandes Laroche appréhendaient est tombée tôt jeudi matin; les activités de l'entreprise d'Asbestos ont cessé malgré le soutien financier accordé par le gouvernement le printemps dernier. Un peu plus d'une centaine de personnes perdent leurs emplois.

« On a tout fait ce qui était possible pour sauver l'entreprise, je vais sortir d'ici la tête haute », a déclaré son président, Claude Laroche.

« Notre institution financière a rappelé son prêt. Nous devions démontrer notre rentabilité avec l'appui gouvernemental via Investissement-Québec et notre créancier principal, mais ces appuis ne sont plus là », a-t-il expliqué.

Les employés ont été réunis à 8 h 30 jeudi matin pour entendre le président de Viandes Laroche confirmer lui-même la fin des opérations de son entreprise.

« La rencontre a été très émotive, relate M. Laroche. À la fin de la rencontre, nous leur avons remis symboliquement un petit paquet de viande hachée. On a toujours travaillé dans le respect des gens et ce matin (jeudi), ce qu'on a fait, c'est en respectant nos gens. La nouvelle, ce ne sont pas d'autres qui leur en ont fait part, c'est nous, moi et mes enfants, qui font partie de l'entreprise, qui leur avons confirmé la triste nouvelle. »

« J'avoue être dans un état en quelque sorte de panique, confie-t-il par ailleurs. On a beau être supposément fort, lorsqu'on a passé la grande partie de sa vie dans une entreprise, que l'on a investi tout ce que l'on possède au succès et au développement de son entreprise, on ne peut qu'être envahi par la peur. Mais ma tête commence déjà à travailler, ce n'est pas vrai que tout s'arrête, il y aura d'autres projets assurément. Je suis encore debout, je ne suis pas mort. »

Pour le moment, les actifs de l'entreprise sont repris par l'institution financière qui l'appuyait. Qu'adviendra-t-il dans les prochaines semaines?

« Un très gros contrat avec Sobeys venait d'être confirmé auquel Viandes Laroche doit renoncer, énumère M. Laroche. J'ai appelé personnellement Ashton et d'autres clients qui acquéraient la viande chez nous pour leur signifier que je ne pouvais plus leur livrer mes produits. Je ne me cacherai pas, pas plus que je mettrai la faute sur les autres. Nos employés ont fait les efforts demandés, ont répondu à nos attentes demandant une efficacité accrue pour aider à sauver l'entreprise. Je compte faire tout en mon possible pour eux et pour une relance de l'entreprise si la moindre opportunité se présente en ce sens. »

Pas question de baisser les bras

L'impact de cette fermeture dans une ville de 6900 âmes déjà passablement affectée par la mort de l'industrie de l'amiante est considérable. Jean Boisvert, directeur général de Coop Metro Plus, une entreprise qui possède également une partie du Centre commercial d'Asbestos, souhaite que le milieu se lève et cherche rapidement des solutions.

« Notre milieu ne peut se permettre une perte de 100 emplois. La situation est déjà très difficile pour nos citoyens, nos commerçants. Nous vivons avec un manque d'emplois disponibles localement. On ne peut se permettre une fermeture de longue durée d'une telle entreprise, une des plus importantes en nombre d'emplois chez nous. Il faut réagir immédiatement.

« Il y a 50 M$ sur la table, continue M. Boisvert en parlant du Fonds de diversification économique de la MRC des Sources. Peut-on s'en servir pour assurer 100 jobs existantes plutôt que d'investir pour l'immédiat dans la création de plusieurs petites entreprises qui mettront plusieurs années à en créer un nombre semblable?

«Les employés de Viandes Laroche sont des contribuables pour la municipalité, des consommateurs dans nos commerces que l'on ne peut laisser partir sans tout tenter pour préserver leurs emplois. »

Selon son appréciation du dossier de Viandes Laroche, tout a joué en défaveur de cette entreprise depuis les cinq dernières années.

« L'économie est au ralenti à la grandeur du Québec. Le dollar américain a augmenté considérablement et l'industrie du boeuf vit des fluctuations à la hausse de l'ordre de 25 à 30 %. Il n'est pas question ici d'une mauvaise gestion de cette entreprise. Il y a un problème de financement qui à mon avis n'est pas sans solution, le temps de rentabiliser quelque peu cette entreprise, de permettre la reprise de l'économie dans notre région et au Québec », considère-t-il.

Jean Boisvert se veut optimiste tout en faisant preuve de réalisme. « Pour mener à bien cette relance de Viandes Laroche, il faut agir maintenant, aller chercher les personnes, l'équipe de gestion ayant l'expertise nécessaire, s'il y a lieu, ne pas attendre que le mal soit fait pour ces familles concernées. Nous devons appuyer monsieur Laroche, un bon employeur, apprécié par ses employés, un homme qui a consacré sa vie à son entreprise et qui a développé un créneau d'excellence dans l'industrie du boeuf. Un appui inconditionnel du gouvernement du Québec est également requis », conclut l'homme d'affaires.

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