Hors du tourbillon des urgences

Même si elle demeurera mairesse de Lac-Mégantic jusqu'aux... (Imacom, Frédéric Côté)

Agrandir

Même si elle demeurera mairesse de Lac-Mégantic jusqu'aux élections municipales du 1er novembre, Colette Roy Laroche se détache peu à peu des obligations qui l'ont accaparée depuis la tragédie ferroviaire de l'été 2013 et qui l'ont privée d'un de ses plaisirs, profiter de son lac.

Imacom, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(Lac-Mégantic) De son bureau à l'hôtel de ville, Colette Roy Laroche a une vue sur le lac Mégantic. La promenade du parc des Vétérans se trouve à une trentaine de mètres.

« Bien que ce soit un endroit que j'apprécie, je n'ai pas eu l'occasion d'y mettre les pieds au cours des deux dernières années. Je n'avais pas le temps. C'est un petit plaisir que je compte retrouver », confie-t-elle en s'accordant une pause de fin de matinée par une journée radieuse d'automne.

Le lac est miroir de souvenirs. La mairesse de Lac-Mégantic et son mari Yvan avaient passé l'après-midi du 6 juillet 2013 en plaisanciers avec des membres de leur famille sur des eaux calmes et rafraîchissantes qui, une douzaine d'heures plus tard, avaient la couleur du feu.

« Les flammes étaient tellement intenses, c'était tellement grand que j'ai cru que toute la ville allait y passer », garde-t-elle en mémoire des premières images de l'horreur provoquée par le convoi en déroute.

Cette nuit-là, Lac-Mégantic et ses dirigeants ont été brutalement lancés dans un tourbillon d'urgences.

« Mon premier réconfort est venu de l'engagement empressé des gens de notre communauté pour offrir les services de première nécessité. Dès le lendemain matin, tous les aspects de l'hébergement avaient déjà été pris en charge ».

Voilà pourquoi Mme Roy Laroche s'inquiète aujourd'hui que des gestionnaires du Centre des services sociaux de la MRC du Granit soient menacées par la centralisation des postes administratifs à Sherbrooke.

« Ce sont des pivots dans nos petites communautés en situation d'urgence. Les décideurs gouvernementaux doivent en être conscients de cela dans la répartition des ressources», livre-t-elle comme plaidoyer.

Mandat prolongé

La mairesse sur le point de céder son poste a eu droit à des éloges gratifiants ainsi qu'à des critiques cinglantes au cours de son mandat prolongé. 

« Il y avait beaucoup d'acteurs en cause et la colère était souvent canalisée vers nous. Quand je me mettais à la place de citoyens mécontents, je me disais que leur réaction était normale. Ça me permettait d'excuser bien des reproches ».

Par contre, des remarques désobligeantes au moment où les forces de son mari ont été minées par le cancer l'ont meurtrie.

« J'ai été blessée en entendant des gens dire que j'aurais dû quitter la mairie pour m'occuper de mon mari malade. J'avais eu la discussion avec lui et c'est à sa demande que je suis restée en fonction. C'était important pour lui, pour moi et toute la communauté. Ça m'a fait vraiment mal que des gens me jugent sans savoir. D'abord, ce n'était pas de leurs affaires et puis, ce que nous vivions mon mari et moi, c'était entre nous. Je n'avais pas à crier ça sur tous les toits ».

Malgré cela, Mme Roy Laroche tourne la page sans amertume.

« Maintenant, l'urgence est d'avoir du temps pour moi, pour mes enfants et mes petits-enfants. Autant je pense avoir été capable d'amener le conseil municipal à prendre des décisions, autant j'ai de la difficulté actuellement à prendre des décisions pour ce que je veux faire et devenir. C'est comme si je m'étais perdue. Le choix était volontaire mais, maintenant que ma tâche est accomplie, je veux me retrouver ».

Mme Roy Laroche ne comprend pas d'où sont parties les rumeurs qui l'envoient vivre à Magog.

« Cette décision-là est prise, je reste ici. Je n'ai absolument pas l'intention de jouer à la belle-mère, car nos représentants méritent le respect. Il y a eu des dérapages, les élus de certaines villes ont manqué à leurs engagements en matière d'intégrité, mais il faut rester convaincus que la grande majorité des politiciens sont là pour les bonnes raisons et qu'ils s'acquittent de leurs charges de manière responsable. C'est un élément de fierté pour moi que d'entendre que j'ai contribué à réhabiliter la fonction de maire ».

Colette Roy Laroche n'est pas sans savoir que le temps fera rebondir certains choix de son administration. On raconte que la lourde dette de Lac-Mégantic place la Ville sous surveillance et l'expose même à une mise en tutelle.

« Ce sont des critiques qu'on entendait déjà avant la tragédie alors ce n'est pas nouveau. Nous sommes restés fidèles à notre plan de réduction de la dette en dépit de cette grave catastrophe et nous avons même effectué des remboursements anticipés de 2 M$. 

 L'endettement demeurera un défi du prochain conseil, mais, en même temps, il aura charge de bâtiments et d'infrastructures qui sont en bon état. Avec un contrôle des dépenses et en suivant la politique de gestion de la dette, je pense qu'on peut y arriver ».

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer