Le bonheur fait fromage

De retour au Québec après un séjour de... (La Tribune, Maryse Carbonneau)

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De retour au Québec après un séjour de 10 ans en Suisse, la famille Labrecque-Clerson a élu domicile dans la campagne martinvilloise, entourée de son troupeau de chèvres. De gauche à droite, Noé, papa Jean-François Clerson, maman Julie Labrecque, Safran et Cybèle.

La Tribune, Maryse Carbonneau

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(Martinville) Curieuses et pleines d'entrain, les chèvres se donnent la réplique de leurs bêlements plaintifs, gambadant parmi les longues herbes dont elles se délectent avec appétit. Dans quelques heures, elles prendront le chemin de la chèvrerie où, deux fois par jour, Jean-François procède à la traite avant d'endosser son tablier de maître fromager.

Juchée sur les hauteurs de la municipalité de Martinville, la Ferme les Broussailles est née en avril 2014, fruit du labeur, de la passion et de la détermination de Julie Labrecque et de Jean-François Clerson, partenaires en affaires et couple dans la vie, entourés et aidés de leurs enfants Safran, Noé et Cybèle.

De retour au Québec après un long séjour de 10 ans en Suisse où ils ont travaillé en agriculture biodynamique et en enseignement, Julie et Jean-François ont décidé de poser leurs valises dans les Cantons-de-l'Est avec le projet avoué de devenir producteurs-transformateurs de lait de chèvre. «Même si nous avions un bon travail en Suisse, au Québec il nous fallait recommencer à zéro, confie Julie. Soit on investit son temps à se rebâtir une carrière, soit on met les bouchées doubles et on démarre notre propre entreprise.»

Après quelques mois de recherche, le couple déniche une petite maison dans la campagne martinvilloise dont le terrain peut accueillir une fromagerie et une chèvrerie, tout en louant 23 acres de terres destinées à la culture du foin et au pâturage des animaux. Plan d'affaires en main, les futurs promoteurs partent en quête de financement. «On arrivait de nulle part et personne ne voulait nous prêter. Malgré tout, nous avons décidé de commander nos chèvres et d'entreprendre la construction de l'étable sans avoir tout le financement nécessaire», raconte Jean-François. Parallèlement, Julie démarre une campagne de financement socioparticipatif par laquelle ils récoltent plus de 12 000 $. Grâce à ces dons, à leur détermination et à un montage financier complexe comprenant le Fonds d'investissement pour la relève agricole et La Financière agricole du Québec, les nouveaux entrepreneurs réussissent à obtenir le prêt convoité de 100 000 $. Un montant quasi insignifiant lorsqu'il s'agit de démarrer une nouvelle entreprise agricole, qui plus est, une entreprise de production et de transformation. Leur secret : faire davantage avec moins, alias récupérer et tout faire soi-même, depuis la construction en passant par le soin des animaux jusqu'à la mise en marché.

Aujourd'hui, le troupeau se compose de 23 chèvres de race alpine, auquel s'ajoutera la relève pour un objectif de 32 chèvres qui permettra à la famille de vivre de sa production. Car ici le bonheur se vit au quotidien, simplement. «Notre objectif est de trouver notre équilibre en stabilisant la production et nos ventes pour ensuite développer des activités connexes comme l'agrotourisme ou d'autres projets, qui sait?», lance Julie avec un clin d'oeil.

Depuis le printemps dernier, la ferme produit et transforme le lait de chèvre en fromage fermier au lait cru certifié biologique par Écocert Canada, un produit unique au Québec. Affinée au minimum deux mois, la Tomme des Broussailles se décline en deux saveurs, nature ou aux herbes. Fromage à pâte ferme, la Tomme arbore une belle croûte fleurie fine et parfumée. Le choix de ce type de fromage tient d'ailleurs son origine dans les heureux souvenirs de jeunesse de Jean-François. «Lorsque mon père rendait visite à son frère en France, il nous ramenait toujours des Tommes de Savoie qu'il cachait dans son manteau, car c'était interdit à l'époque et le fromage était peu développé au Québec. Chaque fois c'était la fête!»

Les nouveaux fromages caprins ont fait leurs premiers pas au Marché de soir de Compton, notamment grâce à un système de parrainage instauré par les Comptonales afin d'appuyer les entreprises en démarrage. «On nous a offert gratuitement notre place au marché et une table aux Comptonales, et ce, avant même que nous ayons fabriqué notre premier fromage, souligne Julie. On ne pouvait demander meilleur soutien moral.»

De nos jours, on retrouve la Tomme des Broussailles un peu partout en Estrie, ainsi qu'à Montréal. Pour connaître la liste des points de vente et jeter un coup d'oeil sur les multiples aspects de l'entreprise, on peut consulter leur site Web à www.fermelesbroussailles.com.

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