Les proprios de la Beurrerie du patrimoine de retour sur la route

Jean-Noël Groleau et Diane Beaulieu... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Jean-Noël Groleau et Diane Beaulieu

Archives La Tribune, Frédéric Côté

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(COMPTON) Au lendemain de l'annonce de la fermeture de l'entreprise, les propriétaires de la Beurrerie du patrimoine, Diane Beaulieu et Jean-Noël Groleau, étaient sur la route afin de livrer les produits agroalimentaires de leurs clients.

Un réseau de distribution mis sur pied afin de bonifier et rentabiliser l'utilisation des camions réfrigérés destinés à la livraison des produits de la Beurrerie, laquelle a vu le jour en 2004.

«Jean-Noël et moi continuons la distribution en tant que travailleurs autonomes, partage Diane Beaulieu. L'entreprise me devait deux ans de salaire, c'est grâce à cet argent dû que j'ai pu saisir un camion pour pouvoir travailler.»

Autrefois assumé par quatre livreurs, le réseau de distribution a dû être repensé et resserré afin de s'adapter à la nouvelle réalité, celui-ci s'étendant dans plus de 400 points de vente au Québec et en Ontario.

D'autre part, dans la tourmente qui a précédé la fermeture, près de la moitié des entreprises se sont désistées. Une dizaine sont demeurées, dont BioBon, une entreprise coaticookoise spécialisée dans la fabrication de végépâtés. «Je n'oublierai jamais que c'est Diane qui a fait le démarchage pour au moins une centaine de mes clients, et ce, sans jamais me charger un sou, confie la propriétaire Pasquale Beauvais. Elle et son mari ont toujours été là pour moi, il allait donc de soi que je les soutienne dans les moments difficiles. Je suis contente qu'ils aient pris la décision de poursuivre la livraison et tant que ce sera leur choix, je vais demeurer avec eux.» Il faut dire que BioBon est loin d'être la seule entreprise pour qui Diane Beaulieu a ouvert des portes.

«C'est un drame humain qui touche non seulement Diane et Jean-Noël, mais leurs fils et d'autres membres de leur entourage, souligne Mme Beauvais. Quand il y a un membre de la famille qui tombe, on se dit que les autres sont là pour l'épauler, mais quand tous les membres tombent en même temps...» Elle se console toutefois en sachant que Diane Beaulieu possède cette force extraordinaire de retomber rapidement sur ses deux pieds, une qualité largement reconnue dans son milieu.

Rappelons seulement que la Beurrerie du patrimoine a été l'un des hôtes des Comptonales le weekend dernier, tout en sachant que ce serait son dernier tour de piste. «Quelle tristesse! C'est un beau projet qui s'éteint, mais ce sont surtout des gens qui ont travaillé pendant des années pour bâtir leur entreprise, partage Diane Goyette, présidente des Comptonales. Nous soulevons notre chapeau à toute la famille d'avoir livré la marchandise durant les Comptonales. C'est tout à leur honneur.»

Mme Goyette tient à rappeler au passage que Philippe Mollé avait inscrit le «beurre jaune» de la Beurrerie du patrimoine dans sa «liste d'épicerie de douze produits québécois d'exception». Un produit qualifié par le conseiller en alimentation comme «une pure merveille de goût et de plaisir.» La liste est parue dans Le Devoir il y a moins de deux semaines.

Quant aux bâtiments et installations de la Beurrerie, selon Diane Beaulieu, ils seront repris et mis en vente par leur institution financière afin de rembourser les sommes dues. Compton s'apprête ainsi à tourner une page de son histoire, une histoire de 42 ans de labeur et de passion qui connaît une bien triste fin.

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