Les centres de thérapie étouffent

Robin Fortier... (La Tribune, René-Charles Quirion)

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Robin Fortier

La Tribune, René-Charles Quirion

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(SHERBROOKE) Si la maison Renasci d'East Angus est le premier centre de thérapie en région à annoncer sa fermeture, les autres centres de thérapie en traitement des dépendances peinent à rejoindre les deux bouts pour assurer leur survie.

Les coupes à l'aide sociale faisant passer les montants mensuels de 747 $ à 200 $, situation pour la majeure partie de la clientèle des centres de thérapie, font en sorte de diminuer les frais qui leur sont demandés pour les services rendus.

«Tous les centres privés au Québec se retrouvent dans la même situation. Ces coupes pour des gens en réinsertion n'ont aucun sens. Nous sommes un regroupement de 22 centres non subventionnés au Québec qui avons mis nos forces en commun pour faire des représentations au gouvernement. Plusieurs centres sont sur le point de fermer parce qu'ils n'arrivent plus financièrement. C'est certain que ces coupes dans les chèques d'aide sociale font en sorte qu'il y a moins de volontaires pour venir en thérapie», estime le directeur du domaine Orford à Sherbrooke, Robin Fortier.

Il indique que les mesures transitoires annoncées par le gouvernement en avril dernier pour compenser la perte des frais de service se font toujours attendre. Le domaine Orford, qui reçoit une moyenne de 90 résidents par semaine, reçoit 49,88 $ par jour par résident pour les frais d'hébergement, mais rien pour donner les services.

Robin Fortier soutient qu'une restructuration majeure a été nécessaire pour réussir à boucler le budget annuel amputé d'environ 250 000 $.

«Nous avons fait des coupures à la direction, les heures de nos employées ont été coupées et nous avons dû revoir notamment notre plan alimentaire. Nous allons survivre à court, peut-être à moyen terme, mais la situation deviendra vite insoutenable. Nos employés doivent se surpasser pour garder la même qualité de services. Nous ne pourrons tenir plus de deux ou trois ans comme ça. La situation est semblable partout», estime M. Fortier.

Avec les autres membres de l'Association provinciale des organismes en dépendance, ils comptent poursuivre les pressions sur le gouvernement notamment pour une meilleure distribution des ressources financières du programme de soutien aux organismes communautaires, dont certaines ressources reçoivent des subventions.

«Nous demandons 8 $ par jour par lit occupé pour pouvoir continuer à donner la même qualité de service. Notre clientèle est constituée à 50 pour cent de gens provenant du milieu carcéral et une partie présente des problèmes de santé mentale. Nous coûtons beaucoup moins cher que la détention, mais le gouvernement ne nous aide pas», déplore Robin Fortier.

Ce dernier signale aussi qu'à travers ces restructurations, le gouvernement vient de déposer au début du mois de septembre un nouveau règlement sur la certification des ressources privées ou communautaires offrant de l'hébergement en dépendance.

«On veut nous imposer l'ajout de personnel formé les soirs et fins de semaine, de la gestion supplémentaire, de nouvelles évaluations et des formations. Le gouvernement va payer seulement que 15 à 20 pour cent. Nous n'avons rien contre l'avancement de nos ressources, mais nous ne sommes pas encore stabilisées. Certains ne seront pas capables de s'y conformer», indique Robin Fortier.

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