Partenariat transpacifique: vives craintes chez les agriculteurs

Les yeux tournés vers Atlanta cette semaine, les producteurs agricoles de... (Archives La Tribune)

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
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(SHERBROOKE) Les yeux tournés vers Atlanta cette semaine, les producteurs agricoles de l'Estrie se croisent les doigts. Car en ouvrant la porte à déréglementer ne serait-ce que 10 pour cent du marché canadien des produits laitiers pour conclure le Partenariat transpacifique, c'est tout un pan de l'économie locale qu'on menace.

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 François Bourassa

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C'est la lecture qu'en fait le président de la Fédération de l'UPA-Estrie, François Bourassa, lui-même producteur laitier et acéricole à Valcourt.

L'Estrie compte 548 entreprises laitières, 17 entreprises de volaille et 6 entreprises productrices d'oeufs de consommation. Cela représente 300 millions $ de revenus sous le système de gestion de l'offre, soit la moitié des revenus agricoles de l'Estrie.

Il en résulte, explique M. Bourassa, des prix stables pour les producteurs, bien sûr, mais aussi pour les transformateurs, les distributeurs et les consommateurs, cela sans nécessiter de subventions de l'État.

Alors qu'on apprenait ces derniers jours que les producteurs laitiers, malgré la gestion de l'offre, encaissent une forte baisse du prix du lait, M. Bourassa se montre très inquiet.

« Au Canada, on a déjà 10 pour cent du produit laitier qui est importé alors que les Américains sont seulement à 2 pour cent. Notre part est faite. Ce n'est pas vrai que la gestion de l'offre fait en sorte qu'on a des frontières étanches et qu'il n'y a pas de produit qui peuvent entrer. Rajouter un autre 10 pour cent par-dessus ça, c'est inacceptable! »

«On trouve qu'on a déjà fait notre part pour l'économie canadienne.»


À ce portrait s'ajoutent 17 000 tonnes de nouvelles importations de fromages concédées par le Canada dans l'accord Canada-Europe et dont l'impact se fera surtout sentir au Québec.

« On trouve qu'on a déjà fait notre part pour l'économie canadienne. On va finir par se retrouver avec des fermes déficitaires si ce rythme se maintient », clame-t-il.

Avec plusieurs exemples ailleurs dans le monde à l'appui, M. Bourassa fait la démonstration que le consommateur risque lui aussi d'en sortir perdant.

« Quand on regarde à travers la planète, partout où il y a eu déréglementation, le prix au consommateur n'a pas baissé. »

« Tous les pays protègent leur agriculture, reprend M. Bourassa. Ça se fait par subvention ou par paiement direct; nous on a opté pour une formule où on va chercher le prix du lait dans le marché. Le jour où on enlève la gestion de l'offre, M. Harper, lui, dit qu'il va compenser, mais les compensations, ça se paie avec les impôts des gens, met-il en garde. Au final, le consommateur n'en tirera aucun avantage. »

Même si elle martèle le message depuis plusieurs mois, la Fédération de l'UPA-Estrie n'entend pas s'avouer vaincue cette semaine. Plusieurs membres iront soutenir leurs collègues de l'UPA-Centre du Québec qui organise un rassemblement de producteurs, ce matin, à Victoriaville.

Il pourrait également y avoir des gestes posés dans les assemblées générales d'autres sections locales et dans les débats électoraux organisés dans la région. D'autant que les candidats conservateurs se sont défilés jusqu'ici, déplore M. Bourassa.

« On sollicite d'ailleurs les électeurs consommateurs à faire des pressions sur leurs candidats. (...) Même si c'est toujours à petits pourcentages et à petites quantités, tu finis par gruger et la gestion de l'offre perd de son efficacité. »




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