L'inquiétude grimpe chez les producteurs de lait

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Plusieurs producteurs laitiers de la région s'attendent à enregistrer des pertes significatives au cours de l'année 2015 en raison de la baisse du prix du lait payé aux agriculteurs.

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(Coaticook) Après avoir atteint un prix record de 0,81 $ le litre en 2014, le prix du lait payé aux agriculteurs a subi un revers cinglant en 2015 pour chuter à 0,69 $ le litre, tout près du prix le plus bas ayant été enregistré en 2012 à 0,68 $ le litre.

Une situation économique particulière qui, conjuguée à une météo difficile, un manque de chaleur, des pluies abondantes, ainsi que les inondations exceptionnelles du 9 juin et la grêle dévastatrice survenue le 3 août dernier à Coaticook, a contribué à faire de 2015 une année à oublier.

« De janvier à juillet, la baisse du prix du lait représentait une perte de 5,80 $ de l'hectolitre, soit près de 35 000 $ par année pour une ferme moyenne de 6000 hectolitres, explique Raymond Racicot, agronome-conseil en gestion au Groupe conseil agricole de Coaticook. L'impact est d'autant plus grand si l'on considère que la marge de manoeuvre de ces fermes se situe autour de 15 000 $ à 20 000 $ et que la perte subie est une perte nette. Plusieurs producteurs se préparent à faire un déficit cette année. »

Président de l'UPA de Coaticook et producteur laitier, Philipp Stirnimann confie que les pertes encourues par son exploitation agricole en raison de la baisse du prix du lait s'élèvent autour de 15 000 $ par mois. « Pendant que nos revenus diminuent, on doit continuer de faire nos paiements, tandis que les dépenses ne cessent d'augmenter, que ce soit le coût des engrais, les salaires de nos employés ou les frais vétérinaires. »

À défaut d'avoir les liquidités nécessaires afin d'honorer ses engagements, le producteur se tourne alors vers son institution financière pour accroître sa marge de crédit et/ou consolider certains prêts. « On travaille, mais on n'avance pas, certains reculent, partage Philipp Stirnimann. On fait alors plus attention, on met les projets d'investissements sur la glace et on attend avant de faire réparer sa machinerie. L'été a d'ailleurs été plutôt tranquille du côté des concessionnaires de machineries. »

Une baisse qui serait aussi imputable à l'engouement des consommateurs pour le gras, notamment le beurre. Conséquemment, les stocks canadiens de beurre ont littéralement fondu et doivent être renfloués. Or, contrairement au fromage, yogourt, lait et autres produits laitiers frais, la fabrication de beurre n'est pas un produit payant du point de vue du producteur laitier, celui-ci étant rémunéré, entre autres, suivant un système de classes établi en fonction de l'utilisation du lait. « C'est comme si on payait plus ou moins cher une planche de bois, suivant qu'on construit une maison ou un cabanon », illustre Philipp Stirnimann.

Pourtant, selon lui, la baisse du prix du lait ne serait qu'un mal passager, ou du moins on l'espère, le prix du lait ayant naturellement tendance à enregistrer une hausse à l'approche des Fêtes, notamment en raison de la demande accrue de lait pour la fabrication de fromages fins. Ce qui inquiète véritablement les producteurs laitiers et freine leur motivation à investir dans leur entreprise, ce sont la perméabilité de la frontière canadienne aux substances laitières modifiées et la signature imminente du Partenariat transpacifique (PTP), lequel pourrait mener à l'abandon du système de gestion de l'offre pour les productions avicoles et laitières.

« Si le gouvernement Harper était aussi sévère envers les produits d'importation que les terroristes aux douanes, on serait en affaires, mais ce n'est pas le cas », déplore le président de l'UPA de Coaticook. Des producteurs de partout en Estrie et à travers le Québec se préparent d'ailleurs à tenir une manifestation ce jeudi à Montréal devant les bureaux de Radio-Canada où se tiendra le débat des chefs.

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