Lac Massawippi: le propriétaire devra corriger le tir

Le propriétaire riverain du lac Massawippi qui a procédé à des travaux... (Imacom, Maxime Picard)

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Le propriétaire riverain du lac Massawippi qui a procédé à des travaux d'aménagement trop importants dans la bande riveraine de son terrain devra corriger le tir.

Gisèle Lacasse Benoit... (Archives La Tribune, Frédéric Côté) - image 1.0

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Gisèle Lacasse Benoit

Archives La Tribune, Frédéric Côté

« Définitivement » a statué le maire de Hatley Denis Ferland, lundi après-midi, même s'il est trop tôt pour préciser la nature de ces mesures ou l'amende à laquelle le propriétaire s'expose.

Après le tollé soulevé vendredi dans le voisinage, le maire Ferland s'est rendu à cette propriété de la baie Woodland, lundi, en compagnie du directeur général de la municipalité et de l'inspecteur en environnement.

Comme les travaux sont arrêtés depuis vendredi et que le propriétaire a accepté de collaborer avec la Municipalité, le dossier est en suspens pour quelques jours le temps que les parties s'assoient ensemble « pour interpréter les permis », a précisé M. Ferland.

Rappelons que des citoyens ont porté plainte à la Municipalité de Hatley pour la destruction de la bande riveraine et pour la construction d'un mur de pierres directement sur la rive. Les plaignants réclament le rétablissement complet de la bande riveraine.

Le propriétaire aurait abattu plusieurs arbres et « arraché » la bande riveraine sur quelque 45 mètres de large avant de commencer à y empiler des blocs de pierre pour ériger un muret, selon les plaignants.

Le maire Ferland précise pour sa part que le propriétaire a obtenu différents permis, dont un pour l'abattage d'arbres et un pour aménager un accès à la plage selon la réglementation en vigueur. Contrairement à ce que plusieurs croient, il ajoute que des interventions sont parfois autorisées dans la bande riveraine dans le cas où on voudrait contrôler l'érosion des berges.

M. Ferland convient toutefois qu'à première vue, les travaux semblent dépasser les interventions autorisées. « Des murs de pierre, dit-il, on n'érige plus ça dans la bande riveraine aujourd'hui. »

Le cas d'Austin

Toute cette affaire n'est pas sans rappeler une coupe importante d'arbres qui avaient défiguré un terrain de la baie Sargent au lac Memphrémagog en mai 2013. Plus de 75 arbres avaient été rasés sur un terrain qui surplombe le lac, possiblement pour offrir une meilleure vue aux propriétaires d'une maison estimée à plusieurs millions de dollars.

Le propriétaire en a été quitte pour reboiser la bande riveraine et pour une amende de 7550 $.

Alors présidente du Memphrémagog Conservation, Gisèle Lacasse Benoit avait à l'époque réclamé des amendes beaucoup plus élevées pour ce genre d'infractions.

« Les pénalités ne sont pas très sévères, dit-elle encore aujourd'hui. On ne donne pas la vraie valeur d'un arbre et d'une bande riveraine dans l'écosystème sensible d'un cours d'eau. »

Dans le cas d'Austin, dit la dame, la coupe d'arbres était d'autant plus choquante qu'il s'agissait de beaux arbres de 60-70 ans qui poussaient sur un cap rocheux dans un environnement hostile. Or même si le propriétaire a été contraint de reboiser, « le mal était fait », se désole-t-elle.

Deux ans et demi plus tard, Mme Lacasse Benoit constate par contre qu'il s'agit de cas isolés et que le message des écologistes pour protéger les cours d'eau porte ses fruits.

« Je pense que 80 à 90 pour cent des riverains respectent la bande riveraine. Le message est passé. Pour les autres, il faut que les municipalités fassent appliquer leurs règles de façon très sévère. Il faut qu'elles se tiennent debout. »

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