Un mur à la frontière canadienne : «Ça paraît ridicule»

Avancée par le candidat à l'investiture républicaine aux États-Unis Scott... (Archives La Tribune, René Marquis)

Agrandir

Archives La Tribune, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(NEWPORT (Vermont)) Avancée par le candidat à l'investiture républicaine aux États-Unis Scott Walker, l'idée de construire un mur à la frontière canadienne reçoit un accueil glacial dans le secteur de Newport, une petite municipalité située à l'extrémité sud du lac Memphrémagog.

Scott Walker... - image 1.0

Agrandir

Scott Walker

À Newport, plusieurs personnes portent un nom de famille d'origine québécoise. Le maire de la ville s'appelle par exemple Paul Monette. De nombreux Québécois se sont installés en Nouvelle-Angleterre, au fil des décennies, et leur descendance est souvent demeurée dans le pays d'adoption.

Compte tenu de la filiation existant entre la Nouvelle-Angleterre et le Québec, il est facile de comprendre pourquoi les habitants de la région de Newport rejettent l'idée de mur suggérée par Scott Walker. Mais cela va plus loin, car la population de ce secteur semble tout simplement préférer vivre en harmonie avec ses voisins et refuser le repli sur soi.

« J'ai entendu parler de cette suggestion du candidat républicain et, bien franchement, je la déteste, confie Larry Boisvert, un citoyen rencontré par La Tribune dans la petite ville américaine. Un mur serait mauvais pour les échanges entre nos deux pays. »

« En plus, je ne pense pas que ça changerait quoi que ce soit en ce qui concerne l'immigration illégale en provenance du Canada vers les États-Unis, lance M. Boisvert. Ça paraît ridicule. »

« Je n'aime pas cette idée de mur, déclare Edna Petit, dont un des aïeuls a quitté le Québec pour s'établir aux États-Unis au 20e siècle. Selon moi, l'origine de ce type de proposition, c'est le 11 septembre 2001. Ce qui est arrivé ce jour-là a changé bien des choses. Les gens ont peur et une forme de paranoïa s'est installée. »

Habitant une petite municipalité voisine de Newport, Joyce Chase croit que la construction d'une barrière physique à la frontière canado-américaine serait une attaque contre la liberté.

« Cette frontière n'est pas du même genre que celle qui existe complètement au sud des États-Unis. Les problèmes ne sont pas les mêmes quand on parle de la frontière avec le Mexique. Il faut en tenir compte », déclare Mme Chase.

Habitant la majeure partie du temps à Las Vegas, Tom Horgan affirme pour sa part que le problème d'immigration illégale en provenance du Mexique est demeuré entier malgré la construction d'infrastructures pour limiter l'arrivée de Mexicains en sol américain. « Les gens trouvent toujours une façon pour passer. Les murs, ça ne marche pas », estime-t-il.

Un autre habitant de la région, David Newland, considère que Scott Walker est un candidat à l'investiture qui manque carrément de sérieux. « Il ne sait pas ce que sont les relations Canada-États-Unis, croit-il. De toute façon, je pense que le vrai problème, c'est tout le temps qu'on perd à la douane pour traverser d'un pays vers l'autre. Les files d'attente à la douane, c'est davantage un enjeu. »

Rejetant catégoriquement la proposition de Scott Walker, Stacy Vos considère quant à elle que l'érection d'une longue barrière à la frontière aurait une « valeur symbolique » importante et risquerait d'avoir des effets néfastes.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer