Place à l'école et au basket!

François-Olivier Laplante et William-Antoine ont une relation père-fils... (Imacom, René Marquis)

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François-Olivier Laplante et William-Antoine ont une relation père-fils extraordinaire. En janvier 2013, chacun entrait dans une salle d'opération différente afin que le premier fasse don d'un de ses reins au second.

Imacom, René Marquis

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(MAGOG) William-Antoine Laplante est de retour sur les bancs d'école cette semaine, comme l'ensemble des enfants de son âge. Le «petit homme», comme l'appelle son père, commencera sa troisième année le sourire aux lèvres puisqu'il adore l'école, particulièrement l'éducation physique. D'ailleurs cette année, il portera les couleurs de l'équipe de basket de l'école Montessori, à Magog.

Il n'y a rien de banal dans ces petits détails, car William-Antoine n'a pas le même parcours que les autres enfants de huit ans. S'il peut aujourd'hui savourer sa rentrée scolaire et rêver aux paniers qu'il fera pour son équipe sportive, c'est parce qu'il porte en lui un des reins de son père. Un don qui lui permet de poursuivre sa route. Un cadeau pour tout le courage dont il a fait preuve depuis son diagnostic.

William-Antoine avait quatre ans lorsque ses parents, Amélie Stebenne et François-Olivier Laplante, ont appris qu'il était atteint de la néphronophtise de type deux, une maladie qui touche un enfant sur un million. Cette maladie extrêmement rare s'attaque aux organes vitaux. Dans le cas de William-Antoine, ce fut les reins.

«Ils ont sorti ton nom du chapeau mon grand, c'est ça des fois la vie. Mais tu es unique aussi, il n'y en a pas deux comme toi», dit fièrement le père à son fils.

François-Olivier se souvient très bien du jour où le diagnostic est tombé. «Amélie et moi étions sur la route. C'est comme si un 18 roues nous avait frappés.»

Un an après le diagnostic, après des mois de dialyse, William-Antoine a reçu, le 28 janvier 2013, sa greffe de rein.

«On savait qu'un jour ou l'autre William aurait besoin d'une greffe. La maladie a tellement été foudroyante que la dialyse a été nécessaire rapidement», raconte le père.

«Je me rappelle des longues journées passées à ne rien faire, assis sur une chaise», ajoute William-Antoine.

Dès qu'il a pu, le père a commencé les tests pour savoir s'il pouvait être donneur. «Si je n'avais pas été compatible, Amélie aurait fait les tests. Et si elle ne l'avait pas été non plus, on aurait élargi les tests au reste de la famille.»

Avoir un donneur dans la famille évite les 12 à 24 mois d'attente qui sont normalement nécessaires pour trouver un donneur décédé compatible.

«Savoir que j'étais compatible a été un grand soulagement. La capacité de lui donner une deuxième vie.»

Au total, depuis quatre ans, William-Antoine a subi huit opérations et avec les biopsies, il a eu 12 anesthésies générales. «Ç'a pas été facile, il y a eu des complications, des opérations d'urgence, avant et après la greffe», explique François-Olivier.

Au cours de ces années, William-Antoine a toujours gardé l'envie de s'amuser et il a développé une belle sensibilité. «En regardant les autres enfants qui étaient plus malades que moi, je me trouvais chanceux», lance le jeune garçon.

Don d'organes

En plus de souligner la bravoure de William-Antoine, l'objectif de parler de leur histoire est d'encourager les gens à signer leur carte de don d'organes. Pour éviter à des enfants, comme William-Antoine, de passer des mois cloués à une chaise, en dialyse.

William-Antoine porte toujours la maladie en lui, mais il connaît un sursis grâce au don de son père. Les risques de rejet chutent de façon importante deux ans après la greffe. La santé de William-Antoine demeure fragile. Chaque soubresaut corporel amène son lot d'inquiétudes, mais sa vie est belle. Il danse le hip-hop, fait du ski alpin dans des pistes deux diamants, joue au golf, fait du wakeboard.

L'histoire ne serait pas la même si William-Antoine était né il y a 30 ans. Et dans les prochaines années, la science peut encore faire tellement de progrès. De cet espoir les parents se nourrissent en pensant à l'avenir. Mais ils préfèrent rester ancrés dans le présent.

La maladie de William-Antoine est génétique. Les parents ont craint que sa petite soeur de trois ans, Marie-Sophie, soit aussi atteinte. «Les médecins se font rassurants et nous disent qu'il y a 95 pour cent des chances qu'elle ne soit pas atteinte. On le saura officiellement dans un an», révèle le père.

Avant toutes ces épreuves, les parents étaient déjà très présents pour leurs enfants. Aujourd'hui, la vie tourne autour d'eux.

«On se sent chanceux de vivre chaque moment ensemble. Je me sens soudé à eux», explique François-Olivier.

La famille de William-Antoine est consciente de la valeur des jours ordinaires. La valeur des jours qui mènent d'une rentrée scolaire à l'autre.

En attendant la prochaine, on souhaite à William-Antoine des bulletins tapissés de bonnes notes et une saison de basket remplie de paniers.

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