946 ponts et structures à ausculter par année

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(SHERBROOKE) 946. C'est le nombre de structures inspectées annuellement par le ministère des Transports du Québec sur le territoire de l'Estrie. La Tribune a suivi une équipe d'inspection pour mettre en lumière ce processus méconnu, mais crucial pour la sécurité routière.

Route 220, aux abords du lac Fraser, deux inspecteurs du MTQ auscultent la structure P-16978, un pont de type «portique», en béton, passant au-dessus d'un petit ruisseau. Une «visite chez le médecin» qui se traduira par un rapport de l'état de la structure : celle-ci est en bonne santé, pas besoin de traitements-chocs.

Les inspecteurs amorcent leur besogne en martelant le béton sous la structure à l'aide d'un marteau pour détecter un bruit qui signalerait la moindre faiblesse. L'opération, appelée «le doigt sur la pièce», est répétée sur toute la travée, c'est-à-dire toute la surface entre les deux appuis du portique. Ils remontent ensuite au niveau de la chaussée pour évaluer d'autres éléments : le pavage et le dispositif de retenue (garde-fou), le drainage et l'érosion des talus notamment.

«À ce niveau, on parle surtout d'éléments qui ont trait à la sécurité des automobilistes», explique André Côté, ingénieur responsable des structures au MTQ.

Un travail de constatation de quelques heures dans les meilleures conditions, mais qui peut s'échelonner sur deux jours dans des cas plus complexes comme celui du pont Jacques-Cartier au centre-ville de Sherbrooke où une nacelle est nécessaire. Plus de dommages sont observés, plus l'opération est longue. «On aime quand les ponts sont en bon état», lance à ce sujet M. Côté.

Système de cotations

Une fois l'auscultation terminée, une cote de à 1 à 4 est attribuée en fonction de l'état du matériau - dans ce cas-ci le béton - ainsi qu'à son comportement. Une cote de 4 signifie «une structure ne nécessitant aucune intervention» alors qu'une cote de 1 exige un remplacement dans l'année suivante.

La valeur relative au comportement représente la capacité de l'élément à remplir sa fonction. Ainsi une cote de 3 peut être attribuée pour une partie de la structure au béton érodé par endroits, mais tout de même recevoir une cote de 4 pour son comportement si aucun danger n'existe pour l'automobiliste.

C'est par exemple le cas lorsque vous circulez sous un viaduc dont le béton est fragmenté au point où il est possible d'apercevoir l'armature en acier.

«C'est du béton superficiel qui recouvre et protège l'armature. Ce n'est donc pas dangereux de circuler sur ou sous ce viaduc pour autant. Ce qu'on fait c'est qu'on installe des filets pour capter les fragments qui pourraient se détacher», souligne M. Côté.

Une vaste base de données

La collecte d'information des inspecteurs nourrit ensuite une banque de données qui sert entre autres à déterminer la fréquence des inspections à l'aide d'un algorithme. Celui-ci considère une foule de renseignements comme les cotes qui lui ont été attribuées, la circulation de charges lourdes, le nombre de passages automobiles ainsi que l'âge ou encore le type de la structure, détaille M. Côté.

Chacune d'entre elles est surveillée annuellement et subit en plus une inspection générale aux trois ans, en moyenne.

En Estrie, seul le pont Walker d'Ayer's Cliff affiche la cote 1. La circulation y est d'ailleurs actuellement interdite.

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