En conflit avec la Ville: le Musi-Café refait son revêtement extérieur

Le propriétaire du Musi-Café, Yannick Gagné, a dû se résigner à faire enlever... (La Tribune, Ronald Martel)

Agrandir

La Tribune, Ronald Martel

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ronald Martel</p>
Ronald Martel
La Tribune

(LAC-MÉGANTIC) Le propriétaire du Musi-Café, Yannick Gagné, a dû se résigner à faire enlever le revêtement en aluminium, imitation de bois, qui recouvrait son édifice de la Promenade Papineau, pour se conformer à la réglementation du Programme particulier d'urbanisme (PPU), faisant partie du Plan d'implantation et d'intégration architecturale (PIIA), adoptés pour le nouveau centre-ville de Lac-Mégantic. Les travaux ont débuté lundi matin et devraient se terminer aujourd'hui.

Yannick Gagné... (Archives La Tribune, Julien Chamberland) - image 1.0

Agrandir

Yannick Gagné

Archives La Tribune, Julien Chamberland

La mésentente persistait depuis plus d'un an entre M. Gagné et les autorités municipales, quant au respect de certaines conditions du PPU s'appliquant aux nouvelles constructions, dont le revêtement doit être de bois véritable. La polémique avait même poussé le conseil municipal à décréter un arrêt des travaux du chantier, par voie de résolution officielle, le 7 juillet 2014. La Ville de Lac-Mégantic a même retenu des crédits de taxes foncières et deux montants de subventions auxquels M. Gagné avait droit, le tout s'élevant à près de 200 000 $.

«J'ai pensé que je faisais un bon coup en faisant installer ce revêtement d'aluminium qui ressemblait beaucoup à du bois, qui valait plus de 17 $ le pied carré, alors que le conseil municipal suggérait du bois à 3 $ le pied carré. Je m'étais fait offrir ce matériel-là, du Luxor, que j'ai même montré à un conseiller pour lui indiquer comment c'était beau. Ce n'était pas pour mal faire, je ne suis qu'un petit vendeur de bière, je ne connais pas vraiment c'est quoi un règlement de zonage. Je voulais avoir le plus bel édifice de la rue Papineau», a indiqué en entrevue, mardi, Yannick Gagné.

«Au début, nous avions proposé du bois torréfié, mais ça n'a pas eu l'heur de leur plaire. J'en suis à la 4e rénovation, la 3e ayant été complétée un jour avant la tragédie... J'en ai assez, je veux que le cauchemar se termine. J'en veux plus de chicane avec la Ville. Je rectifie la situation et je veux que les dossiers soient fermés. Je veux partir ma nouvelle vie et surtout rembourser mes dettes énormes.»

«Beaucoup de modifications ont été apportées au projet en cours de route.»


D'après la greffière, Me Chantal Dion, Yannick Gagné ne respectait pas les permis de construction qu'il avait lui-même demandés.

«Beaucoup de modifications ont été apportées au projet en cours de route. M. Gagné prenait une entente pour construire en conformité avec le PPU, mais il faisait finalement autre chose. Le Comité consultatif d'urbanisme (CCU) a accepté des compromis, puis M. Gagné est finalement revenu à son premier permis de construction demandé», a précisé Mme Dion.

«Nous n'avions pas le choix. Nous sommes les gardiens de la loi, nous devons faire respecter la réglementation. C'est une question d'équité avec les autres contribuables. Le protocole d'entente se devait d'être respecté et les travaux actuels devraient rectifier les choses. Nous pourrons débloquer les fonds auxquels il aura maintenant droit», a fait valoir Jean-François Brisson, directeur du Service d'urbanisme de la Ville de Lac-Mégantic.

L'ancien Musi-Café est l'établissement où plusieurs victimes de la tragédie du 6 juillet 2013 ont péri.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer