Tempête de grêle: un désastre dans les champs

Andrès Rousseau, de la Ferme maraîchère la JoualVert,... (Imacom, Frédéric Côté)

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Andrès Rousseau, de la Ferme maraîchère la JoualVert, de Coaticook, constate que la plupart de ses poivrons verts ont été transpercés par la grêle.

Imacom, Frédéric Côté

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Gabrièle Roy
La Tribune

(COATICOOK) Il y a à peine une semaine, les propriétaires de la petite ferme maraîchère la JoualVert, de Coaticook, envoyaient à leurs clients des photos de certains de leurs légumes qui commençaient tout juste à mûrir. Lundi, en l'espace de quelques minutes, le travail de plusieurs mois était devenu une perte totale.

«Lorsqu'on est sorti à l'extérieur et qu'on a constaté l'ampleur des dégâts causés par la grêle, on est tombé à genoux et on a éclaté en sanglots, commente le propriétaire, Andrès Rousseau. Habituellement, la grêle perce un peu le feuillage et endommage quelques plants, mais les nôtres sont complètement sectionnés.»

Le jardin de deux acres du jeune couple a été ravagé par les vents violents, la pluie, mais surtout les grêlons, qui ont dévasté plusieurs endroits à Coaticook. M. Rousseau et sa conjointe, Stéphanie Leclerc, en étaient à leur deuxième année de production d'aliments sains pour la distribution de paniers biologiques.

La journée des intempéries marquait leur sixième semaine de distribution, pour un total de 20 d'ici la fin de l'été. «Nous avions pour 40 000 $ de production cette année et nous venons de perdre environ 20 000 $... tout ça en seulement quelques minutes, dit M. Rousseau. C'est vraiment désolant.»

Eux qui venaient à peine de reprendre le dessus après les inondations de juin dernier ont vu leur revenu familial «partir avec la grêle», d'autant plus qu'ils ne peuvent être assurés par la financière agricole, puisque leur jardin n'a pas une superficie assez grande, selon les normes.

Leur plan de secours dépend maintenant d'un peu tout ce qui est incontrôlable, entre autres de Dame Nature qui ne cesse de faire des siennes.

Les deux producteurs ont contacté Équiterre qui a lancé un appel aux autres fermiers de familles pour venir en aide aux sinistrés, en donnant, par exemple, leur surplus de récolte. La mobilisation pourrait donc permettre au couple de continuer la distribution de paniers jusqu'à la fin de l'été. Le tout sera toutefois seulement déterminé dans les prochaines semaines.

D'autre part, malgré qu'ils soient conscients de l'idée risquée, compte tenu de la date, ils pensent tout de même ressemer d'ici quelques jours... Bien sûr, seulement si la météo le permet.

Les abonnés des paniers biologiques n'ont toutefois pas à s'inquiéter pour les deux semaines à venir. Avec l'aide de quelques amis et de certains clients, ils ont réussi, hier, à récupérer les légumes endommagés, mais encore bons.

«Dès que j'ai constaté les dégâts, tout ce qui me passait par la tête était «qu'est-ce que je vais faire pour nos abonnés?» dit Mme Leclerc en mentionnant qu'elle espère vraiment que les gens seront compréhensifs.

«Ce qu'on aime du marché de fermier de famille, c'est le lien de confiance qui est créé avec nos abonnés, ajoute-t-elle. C'était donc très important pour nous de les aviser et de ne pas jouer au super héros.» Les gens sont d'autant plus encouragés à venir donner un coup de main au jardin, où il y a encore beaucoup à faire. »

Des dégâts à Barnston-Ouest

La grêle a également fait des ravages à quelques endroits sur la Ferme D. Mackinnon, à Barnston-Ouest.

«C'est encore difficile de déterminer l'étendue des dégâts, parce que ce sont des couloirs de grêle qui ont tombés ici», explique un des propriétaires de la ferme, Angus Mackinnon.

Certaines parties des champs sont très affectées, tandis que d'autres ont à peine subi les conséquences des conditions météorologiques de lundi.

Il mentionne entre autres qu'un champ de 20 acres a été ravagé sur près de 40 % de sa superficie. «Il y a des dégâts importants sur le feuillage, qui est très abîmé et pratiquement rasé», dit-il.

L'endroit le plus touché semble toutefois être du côté des plants de maïs.

«Toutes les feuilles sont là, mais toutes déchirées en morceau sur le plant», ajoute M. Mackinnon en mentionnant toutefois que c'est encore difficile de constater l'ampleur des ravages causés par la grêle. «À première vue ça semblait très alarmant, mais après inspection, on s'en sort quand même pas si mal.»

Il prévoit une baisse de rendement de 10 à 15 % dans les champs de maïs et de soya. La ferme est assurée par la financière agricole. Toutefois, M. Mackionnon explique qu'ils recevront un dédommagement seulement s'il y a une perte au-delà de 20 %.

«Les vraies conséquences seront constatées cet automne lorsqu'on fera la récolte», nuance-t-il.

Assurance-récolte

La journée n'est pas encore terminée et nous comptons déjà sept à huit dommages de nos producteurs assurés, a confirmé hier Alain Perras, directeur régional de la Financière agricole du Québec à Sherbrooke. C'est un corridor de grêle qui s'étend de Barnston vers Saint-Herménégilde en passant par Coaticook. Le résultat, ce sont des récoltes complètement détruites, alors que quelques mètres plus loin, les cultures sont encore debout.»

Parmi les cultures endommagées, on compte du maïs fourrager et maïs-grain, du soya, des petites céréales, dont de l'avoine et du blé, ainsi qu'un verger à Stanstead. Les vergers de Compton ont subi de fortes pluies, mais aucune grêle dévastatrice.

«C'est pour ça que l'assurance-récolte existe, rappelle M. Perras. On sait qu'on a beau faire tous les efforts et semer dans les meilleures conditions, les producteurs ne sont jamais à l'abri d'événements climatiques comme celui-ci.»

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