Lingwick, séduction garantie

Faire son marché le vendredi en formule 5... (Courtoisie, Manon Rousso)

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Faire son marché le vendredi en formule 5 à 7? L'occasion est belle du côté de Lingwick, où maraîchers et producteurs se côtoient au Marché de la petite école.

Courtoisie, Manon Rousso

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(Lingwick) Je pourrais vous garder ça pour la fin du texte, comme un petit nanane de conclusion qui te fait dire «ben voyons donc!» Mais en même temps, j'aurais l'impression de vous faire des cachotteries. Vous vous diriez peut-être «Ah! C'est pour ça qu'elle a tant aimé Lingwick. C'est à cause du pot de vin...»

D'abord, c'était pas un pot de vin, mais une pinte de bière. Bien froide. Et un petit buffet dans lequel trônaient entre autres des scones et des oeufs écossais. Et un cornemuseur. Non, pas dans le buffet le cornemuseur. Mais oui, en kilt.

Un cornemuseur nommé Sylvain Ross, entouré de joyeux lurons attablés à la terrasse de La Ruée vers Gould, des retraités pour la plupart, quelques têtes moins grisonnantes aussi, parmi lesquels Jonathan qui organise La Nuit du pont couvert en août, Josée la directrice générale de la municipalité, Céline l'ancienne mairesse, Marcel le maire depuis deux ans, Yves et Nelly qui viennent tout juste de s'installer dans le canton il y a trois mois, des vieux de la vieille pis des néo-ruraux venus se la couler douce, respirer de la campagne. Et qui ne pensaient jamais être aussi occupés.

C'est que des quelque 400 âmes de Lingwick, y en a un méchant lot qui se la veut bien généreuse et engagée. On est bénévole à la Fadoq, au club de pétanque, au Village de Noël, au Marché de la petite école, on plante des fleurs, on peint du mobilier public; les occasions de mettre l'épaule à la roue pour redonner un élan au village sont nombreuses, l'envie d'en être bien palpable.

Puis là, la photographe-conseillère municipale Manon Rousso les a invités à venir prendre un verre sur la terrasse de la Ruée pour faire une «Petite séduction» à la journaliste de La Tribune. C'est une petite vengeance sur les décideurs de la populaire émission qui ont décliné l'invitation de Lingwick (manque d'hébergement a-t-on plaidé), une façon aussi de clore un après-midi de visites et de rencontres organisé au quart de tour.

La journaliste (c'est moi ça) était déjà sous le charme depuis un moment, mais là, c'était carrément surréaliste et irrésistible. Et tellement à l'image de Lingwick, surprenant, simple, accueillant et chaleureux, que je crois bien avoir couvert mon air imperturbable d'un sourire sans fin pendant de longues minutes.

Vendredi soir de début d'été au Marché de la petite école, à Ste-Marguerite, l'autre village à former avec Gould le canton de Lingwick. Avec ses étals de produits et légumes locaux, son p'tit pub et son resto à plat unique tenu par Daniel de La Ruée vers Gould, le Marché de la petite école, c'est parfait pour une première date avec le coin.

Tu t'en vas là en pensant que tu vas faire le tour des kiosques, t'acheter quelques concombres pis des épinards et revenir lentement par les petits rangs. Finalement, tu te rends compte qu'on a installé des tables et des chaises, que les gens s'attroupent pour prendre une bière, manger, rire et placoter, tu constates que les générations se mêlent, que certains butinent de table en table, qu'on te salue. Tu trouves ça ben cool pis tu te dis que tu vas y revenir. Même si ça semble loin. Et puis, vérification, c'est exactement la même distance entre Sherbrooke et Lingwick qu'entre Lingwick et Sherbrooke. C'est fou hein?!

De retour quelques semaines plus tard sous le soleil. Visite de la Ruée, de l'église Chalmers à côté, du pont couvert, de la vallée de Fontainebleau, de la pisciculture des Gilbert qui fournit un paquet de pourvoiries au Québec et longue jasette au Belvédère, une aire de repos et de pique-nique aux abords d'une rivière aux Saumons gonflée à bloc par les averses de la veille.

C'est la Manon Rousso qui sert de guide. Elle est en amour avec son coin de pays, la photographe-conseillère. Ça se voit, ça s'entend. Cette façon qu'elle a de parler du point de vue sur la vallée, du Marché, du Village de Noël qu'ils ont lancé l'an passé pour faire belle place aux sapins de Noël si populaires dans le coin.

Mais c'est sa façon de parler des gens, surtout, en soulignant leur implication dans ceci ou cela, leur créativité, leur dynamisme, leur accueil. Elle aime son monde, elle a envie de le partager. «On veut que les gens viennent nous voir, que des entreprises viennent s'installer, que ça bouge», répète-t-elle.

Le maire actuel, Marcel Langlois, est venu s'installer à Lingwick en 1999 dans une maison achetée quelques années plus tôt. Avec sa douce moitié, dès le premier week-end, il a fait la tournée de ses voisins immédiats pour se présenter. Accueil et intégration réussis. Ancien directeur d'école, hyper engagé dans la communauté, la soixante-dizaine bien entamée, il a accepté de faire un mandat à la mairie.

«Les choses avaient commencé à bouger, on avait envie que ça continue. Je suis chanceux, c'est un conseil qui travaille dans le respect. On mise sur le développement, mais pas seulement économique, le développement social aussi.»

Le maire Langlois aime bien d'ailleurs rappeler que «dans nos petites municipalités éloignées des centres, il faut être en mesure de recréer la solidarité de nos pères.»

On trouve que c'est une perspective aussi séduisante que la bière sur la terrasse de la Ruée en bonne compagnie.

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